‹ -Texte. Géographie militaire (volume 2)Chapitre 182 sur 256 · CHAPITRE YII. — FRONTIERE DU JURA OU FRONTIÈRE SUISSE. l>Sl · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII. — FRONTIERE DU JURA OU FRONTIÈRE SUISSE. l>Sl

dente que la partie sud du Jura est beaucoup plus difficile à aborder que les plateaux du nord ; par suite, dans le cas où rAllemap^ne et Tllalio seraient réunies contre nous, elles cliercheront à aborder la frontière au nord de Fontarlier. Les plateaux des Franches-Montagnes et de la Brévine se prêteront parfaitement à la concentration des troupes des deux puissances; les Allemands franchiront le Doubs entre Saint-Ursanne et Biaufond pendant .jue les Italiens attaqueront entre le lac des Brenets et Pontarlier. La réunion des corps ennemis se fera sur les plateaux qui précèdent la position /)«sonbre^ Mont Chaumont, Loue, qu'il s'agit pour eux d'enlever et pour nous de défendre à outrance. La défense active de la partie nord du Jura consistera à se porter, si c'est possible, à la naissance des vais Travers et Saint-Imier on occupant le plateau des Franches- Montagnes et la combe de la Brévine; puis en arrière on aura deux lignes de défense : 1** celle du Doubs^ 2* celle du mont Chaumont et du Dessoubre.

Au centre, on devra fortement occuper Pontarlier et le col de Jougne.

Au sud, on défenrlra les défilés où passent les routes, qui sont relativement peu nombreuses ; les réserves seront massées eu arrière à Nantua et à ChampagnoUy ce dernier point vers le centre de la chaîne est un namd de nombreuses routes et une tête de ligne de chemins de fer.

Les points à fortifier ou à renforcer sont : !• le Tantillon au-dessus de Morteau; 2* le défilé de la Cluse en avant de Pontarlier, où existent déjà les forts de Joux et du Larmont et où on construit Touvrage du Larmont supérieur; 3** le plateau de Saint-Antoine au débouché du col de Jougue, où on conslniit un fort; 4* le débouché de la roule du col de Sainl-Cergues, déjà commandé par le fort des Bousses, qu'on complète par la batterie du Bisoux; 5° le col de la Faucille : fi" le défilé de r Écluse, déjà maîtrisé par les ouvrages de l^ Écluse, auxquels on ajoutera une batterie fiante; 1^ Véperon du Grand- Colombier au-dessus de Cfuîlillon-de-Michaille ; 8*> le Molard de Culoz; 9" le plateau qui domine le pont et le défilé de la Bal me, où sont assis les forts de Pierre-Chdtel et des Bancs.

Pour mieux couvrir les passages au sud du Grand- Colombier, il faudra ûi.'cuper les positions militaires de la basse Savoie qui les barrent.

Places fortes en arrière de la frontière. — Vers le nord, le réduit de la défense du Jura est la grande place de Besançon, qui forme tête de pont sur le Doubs et qui est le principal débouché du plateau séquanais; Farmée forcée d'évacuer la ligne Dessoubre-Mont Chaumont pourrait toujours se retirer sur cette place ou sur Belfort en s'appuyant aux obstacles formés par le Lomont d'un côté, par la profonde vaUée de la Loue de l'autre. Xous avons étudié les nouvelles défenses de cette grande place; rappelons seulement que Besançon peut devenir, en cas de coalition de l'Allemagne

et de ritalie, un objectif commun pour les armées ennemies pénétrant par la trouée de Belfort, par les roules du Jura et par celles des Alpes.

Au sud de Besançon se trouve, au fond d*une des profondes gorges qui découpent les dernières falaises du massif jurassique, Salins S qui n*a pâ^ d'enceinte, mais qui est dominé par le fort Saint- André et par le fort Belin. Ce dernier, composé de plusieurs ouvrages étages, est beaucoup plus sérieux que le premier ; il est bien situé, à l'extrémité d'une crête rocheuse et domine la ville et tout le pays environnant. Ces défenses de Salins demanderaient à être améliorées, mais elles ne sont pas situées sur une lignp d'opérations obligée de l'ennemi et peuvent être tournées; elles n'ont aucune action sur le cbemin de fer et en particulier sur le point de bifurcation de Mouchard.

En arrière, Auxonne commande un point de passage important de la Saône entre Dijon et Dole ; c'est une place assez faible, comme nous l'avons vu. Dôle^ qui était fortifiée sous Louis XIV, a été déclassée depuis longtemps.

Les lignes d'invasion qui partent du Jura et se dirigent vers Paris viennent, en dernier lieu, se heurter au massif du Morvan et à la grande posilion fortifiée de Dijon, dont nous avons indiqué le rôle. Celles qui pénètrent par les défilés au sud de la chaîne peuvent se diger sur Lyon, qui est protégé par de puissantes fortifications, comme nous le verrons plus tard.

ItHle et Genève. — Bàle et Genève, aux deux extrémités de la frontière suisse, sont,, par leur position géographique, deux grandes portes d'invasion en France et des pivots naturels d'opérations pour l'offensive connue pour la défensive.

Bâle, située au coude du Rhin et à cheval sur ce fleuve, fournirait aux troupes allemandes, violant la neutralité de la Suisse, un point de passage assuré et un appui précieux en face de Belfort. Cette ville, entre les mains des Allemands, leur rendrait donc de grands services, et elle est entièrement à leur discrétion, car les hauteurs de la rive droite, qui la dominent, appartiennent, par suite du tracé de la frontière, au grand-duché de Bade. Elle n'est donc ni fortifiable, ni défendable pour la Suisse. La dernière guerre a reporté notre frontière à 30 kilomètres de Bâle, en sorte que nous ne pourrions pas y précéder nos ennemis, comme nous aurions pu le faire avant 1870.

Genève, située entre le Jura et les Alpes, est la clef du bassin du Léman

et de la partie sud du plateau suisse. La ceinture nord du bassin du lac de

Genève n'est, en effet, marquée que par les plateaux du mont Jorat, liau-

Ipurs fort basses qui partagent les eaux de la Méditerranée et celles de la

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