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au sud par le massif impéaétrable du Grand-Paradis, La seule porte de la vallée d' Aoste est le défilé de Bard où se trouve un fort qui commande toutes les communications de la vallée avec la plaine du Pô. L'ancien château de Bard qui faillit faire échouer les belles combinaisons du premier consul, en 1800, et que Tinfanterie tourna à cette époque par un sentier pratiqué dans le mont Albaredo, a été remplacé depuis par un fort beaucoup plus sérieux qu'on améliore encore. Plus bas, en avant à'Ivrée^ sur d'anciennes morennes de glaciers qui remplissaient jadis la vallée, se trouve une belle position où un corps d'armée italien serait avantageusement placé pour empêcher le débouché en plaine.

La route du Petit Saint-Bernard est loin d'être avantageuse au point de vue de l'offensive française, elle n'est pas directe, elle décrit un long circuit, le corps qui la suivrait devrait d'abord s'emparer du fort de Bard, il ne pourrait sans doute pas en déboucher assez tôt pour concourir aux premières opérations dans la plaine du Pô.

La défense du pied du Petit Saint-Bernard, du côté de la Savoie, a été tentée en 1707 et en 1793 par nos troupes, mais elle ne peut se faire dans de bonnes conditions parce que l'ennemi occupe les positions dominantes et que de plus il peut tourner le défenseur et lui couper la retraite, en suivant le sentier du col du Palet qui part du val de Tignes et aboutit à Moutiers. La vallée offre du reste plusieurs positions d'arrière-garde d'une défense fecile; l'une des meilleures se trouve en arrière de Bourg-Saint-Maurice, au plateau de Vulmis, sur la rive droite de l'Isère ; on avait songé à y construire un fort après l'annexion pour barrer la route, mais il ne fut pas donné suite à ce projet, et aujourd'hui, c'est le débouché de la vallée qu'on fortifie. Plus bas, on rencontre encore les positions de la Côte d'Aimé, de Villette où la vallée est barrée par un mamelon isolé, et enfin, près de Saint-Marcel, du détroit de Cieiz, appelé par corruption pas du Ciel, Trois autres défilés sont aussi célèbres dans l'histoire des guerres passées, ce sont ceux du pas de Briançon, du pas de la Roche- Cevins et de la BaihU; autrefois, les rochers qui resserrent en ces points la vallée étaient couronnés par des châteaux, aujourd'hui de faibles corps pourraient encore y arrêter des colonnes nombreuses.

Une chose importante à étudier au point de vue de la défense, c'est la constitution de la vallée : la Tarentaise a une largeur à peu près uniforme, mais les pentes qui la bordent ou qui encaissent les torrents qui s'y rendent, ne sont pas continues ; il y a des paliers élevés de 400 à 600 mètres audessus du fond, suivis par des chemins secondaires et reliés à la grande route. Sur ces paliers, on traverse assez facilement^ les ravins et on parvient ainsi à dominer ou à tourner toutes les positions défensives, qu'elles soient occupées dans un sens ou dans l'autre.

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