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CHAPITRE VIII. -> LA SAVOIE

Le bon chemin muletier qui part d^Aime en Tarentaise et qui conduit dans la vallée de Beaufort par le pas du Cormet (2,000"»), a une grande importance, parce qu'il permet à une colonne ennemie d'aborder par cette dernière vallée la ligne de TArly ; nous avons vu que trois chemins partant de la vallée de Beaufort aboutissent sur TArly à Mégève, à Ugines et à Albertville,

Au confluent de l'Isère et de TArly, Confians a toujours été regardé comme le pivot des opérations d'une armée ennemie voulant envahir la Savoie après avoir passé les Alpes. On a donc reconnu depuis longtemps la nécessité pour nous d'occuper ce point; mais le village de Conflans, situé sur le dernier escarpement des montagnes de la rive droite de llsère, est bien difficile à défendre pour la France, parce qu'il est dominé par les hauteur dont l'ennemi, arrivant des Alpes, est maître. On l'avait retranché en 1707, dans le seul but d'arrêter l'ennemi quelque temps et de protéger la retraite. Aujourd'hui on construit des batteries à Conflans et on occupe les hauteurs qui le dominent, ainsi que toute la rive droite de TArly.

Ce point, qui est d'une défense facile contre nous, était jadis et serait encore aujourd'hui le premier objectif d'une colonne qui aurait franchi le Petit Saint- Bernard. Si l'ennemi s'était avancé sur le Rhône, le plus sûr moyen de le forcer à battre en retraite serait de menacer Conflans, car ses communications se trouveraient ainsi compromises.

Pour défendre le débouché de la Tarentaise et celui de la vallée de Beaufort, il suffisait d'occuper fortement la rive droite de VArlyen ayant soin de surveiller les gués et les passages qu'en rencontre en amont vers Ugine et en face desquels se trouve la dépression de Faverges^ qui permettait à l'ennemi de se porter directement au lac d'Annecy et sur le Rhône. C'est cette ligne qui fut si habilement défendue par le colonel Bugeaud en 1815 et c'est précisément cette position qu'on fortifie actuellement.

Manrienne. — La vallée delà Maurienne est beaucoup moins ouverte que la Tarentaise, elle est encaissée entre de hautes montagnes qui y forment plusieurs défilés fort étroits, aussi la route qui la suit passe-t-elle six fois (le l'une à l'autre rive de VArc, et le chemin de fer y traverse-t-il plusieurs tunnels. La Maurienne est une succession de gorges et de bassins assez larges. Les arêtes qui limitent ces bassins, les torrents qui y descendent, constituent des obstacles très forts, souvent infranchissables; il n'existe de chemins à flancs de coteau que sur de courtes longueurs et, contrairement à ce qui a lieu pour la Tarentaise, les obstacles étant absolus, les positions défensives peuvent avoir une très grande valeur.

La voie de la Maurienne*, qui était la plus directe pour aller de Turin à Lyon, était, du temps des Romains, beaucoup moins fréquentée que celle

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