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sépare de laTarentaise, Alton est situé au pied des hauteurs qui commandent à la fois la vallée de Tlsère et l'entrée de la vallée de TArc. C'est une position très bonne à occuper contre la France; aussi, en 1815, Tavait-on étudiée pour y construire un fort. On trouva ce point un peu trop aventuré en Savoie, difficile à secourir et pouvant présenter pour le Piémont les inconvénients qu'avait jadis Montmélian. On lui préféra la position de VEsseillon, qui est plus rapprochée de la crête des Alpes et qui formait, avec les forts à'Exilles et de Feneslrelle un système qui barrait les trois routes de Turin. Aujourd'hui, on construit des forts et des batteries sur les hauteurs qui dominent Aiton et sur les montagnes qui sont en face, de l'autre côté de l'Arc, mais leur action doit s'exercer vers l'est et le sud-est, de manière à barrer le débouché de la Maurienne.

Sur la rive gauche de l'Arc et au confluent même de ce torrent avec l'Isère, se trouve une hauteur isolée qui commande la vallée ; c'est la butte de Chamousset, où on avait déjà songé à construire un fort après Tannexion, qui fut de nouveau étudiée dans ces derniers temps, mais qui en fin de compte reste inoccupée.

La défense de la Maurienne peut se faire de front en défendant les obstacleN qui barrent la vallée ou en prenant des positions de flanc sur les hauteurs latérales, au débouché des chemins qui viennent de la Romanche. I^ pins dangereux de ces chemins, pour une armée qui veut pénétrer en France par la Maurienne, est celui qui vient du Briançonnais par le col du Galibier. C'est sur cette communication que se trouve la position de Valloire, occuix^e par le maréchal de Berwick lorsqu'il eut à défendre la frontière des Alpo> pendant la guerre de la Succession d'Espagne; il empêchait de là toute marche ofTensive de l'ennemi en Maurienne et il assurait sa communication avec Saint- Jean par Albanne. La position qu'il faudrait occuper aujourd'hui n'est plus celle-là, mais celle qui se trouve de l'autre côté du col des TroU^ Croix au-dessus de Saint- Michel; elle est très forte et excellente.

Les positions de barrage de la Maurienne indiquées par Berwick sont celles de Montricher et de Villargondratij qui sont en aval de Saint-Michel; des barres rocheuses resserrent la vallée à Hermillon^ à la Chapelle, à Espierre et à Argentine; enfin, à l'entrée de la vallée de l'Arc, s'élève le rocher de k Charbonnière, qui domine Aiguebelle et qui est couronné par les ruines d'un ancien château qui fut successivement pris par Lesdiguières, par Sully et par Bassompierre, en 1597, 1600 et 1630; c'est une position que les troupes occuperont en avant des défenses actuelles de l'entrée do la Maurienne.

Commanicationa de la Maarienne avec les vallées voi- •Inea. — Les communications de la Maurienne avec les vallées voisines sont nombreuses, mais la plupart sont difficiles.

GHAPITKE YIII. — LA SAVOIE. 299

Les passages entre la Maurienne et la Tarentaise se font :

!<" Par le col da Hont-Iseran (2,769»), de Tignes à Termignon; malgré sa grande élévation, il est praticable aux mulets pendant presque toute l'année et établit, au pied même des Alpes, une communication entre le débouché du Mont-Cenis et celui du Petit Saint-Bernard par le Val de Tignes ;

2^ Par le col de la Yanoise (2,478°>) dont le sentier pourrait, à Taide de quelques travaux, être rendu praticable aux voitures de Tartillerie; il conduit de Moûtiers à Termignon par Pralognan;

â» Par le col de Chaviôres (2,860<»), qui conduit de Moûtiers et de Pralognan à Âussois et à Modane; il est très élevé et fort difficile.

¥ Par le col des Encombres (2,337°"), de Moûtiers à Saint-Michel;

5* Par le col de la Platriôre (2,000'"), de Moûtiers à Saint-Jean-de-Maurienne;

6^ Par le col de la Madeleine (1,984"*), d*Aigueblanche à la Chambre;

7® Par le col de Basmont (1,607"'), de Gevins à Argentine; c'est le meilleur de tous.

Ces derniers chemins permettent d'exercer une action de flanc de Tune des vallées sur l'autre et par conséquent de forcer l'ennemi à évacuer l'une à mesure qu'on avance dans l'autre. Le plus important de ces passages, celui qui a joué le plus grand rôle dans les guerres des Alpes, est celui de la Vanoise, qui établit une communication directe entre Lanskbourçj au pied (lu Mont-Cenis, et ifouU'erf en Tarentaise. Dans les guerres des siècles passés, les ducs de SavQie n'osaient pas fréquenter la Maurienne, trop exposée à des retours offensifs par la combe de la Romanche, comme Lesdiguières le leur avait montré. Ils détruisirent le chemin du Galibier, laissèrent dél^rader le chemin du Mont-Cenis et passèrent de préférence par la Tarentaise. Pour ne pas encombrer le Petit Saint-Bernard, ils employèrent parfois le col du Mont-Cenis ; mais, frappés de la même crainte salutaire, il se rejetaient aussitôt dans la Tarentaise par le col de la Vanoise. Ce dernier passage, plus élevé que les deux autres, est impraticable dès l'automne et alors, en cas de retraite , l'ennemi ne pouvait utiliser que le col du Petit Saint- Bernard.

Les eols qui font communiquer la Maurienne avec les affluents du Pô sont nombreux ; ceux qui correspondent à la vallée de la Stura sont très élevés et ne sont traversés que par des sentiers difficiles ; la grande route du Mont- Cenis, qui a remplacé l'ancien chemin de mulets, aboutit à la vallée de la Dora Riparia, ainsi que le tunnel des Alpes. Entre le Mont-Cenis, ou plutôt entre le col de Clapier et le Mont-Tabor, il existe encore plusieurs sentiers, ceux du col de Fréjus, du col de la Roue et du col de la Saume^ entre autres, qui conduisent dans la vallée de Bardonnèche. Pour terminer l'étude de la Maurienne, il reste à examiner les çommuni^

cations de cette vallée avec la vallée de la Durance, avec la Romanche et avec le Grésivaudan à travers la haute chaîne qui s'étend à Touest du Mont-Tabor et qui comprend le massif des Grandes Rousses^ la chaUie de Belledonne et les montagnes de la Maurienne.

Nous avons déjà parlé du chemin du Galibier, qui vient du col de Lautaret et qui aboutit à Saint-Michel ; il est carrossable depuis le col du Lautaret jusqu'au rocher du Télégraphe^ qui est situé sur le versant de la Maurienne; il se prolonge jusqu'à Saint-Michel, par un bon chemin muletier qu'on travaille à rendre carrossable; de Valloire à Saint- Jean^-de- Maurienne existe un chemin muletier, c'était l'ancienne communication de Berwick.

A l'est de ce passage, il existe un sentier qui passe au col de la Ponsonniôre et qui fait communiquer le Lauzet sur la Guisane avec Saint-Michel.

A l'ouest, plusieurs sentiers viennent de la vallée de la Romanche, ce sont :

Celui du col de Goléon (2,800'»), de Villard-d'Arêne à Saint-Michel; il est muletier;

Celui du col d'Infemet (2,690°*), de, la Grave à Saint-Jean-de-Maurienne;

Celui du col des Berches ou des Prés-Nouveaux (2,352"), de Bourg d'Oisans à Saint-Jean-de-Maurienne par Besse et Saint-Sorlin d'Arv^e;

Celui du col de la Croix de Fer (2,000'"), d'Allemont (Oisans) à Saint- Jean-de-Maurienne par Saint-Sorlin d'Arve ;

Celui du col du Glandon (2,000'°), d'Allemont (Oisans) à la Chambre par la combe d'Olle et la combe des Villards;

Ces trois derniers sentiers passent au pied des Grandes-Rousses; ceux des cols de la Croix de Fer et du Glandon sont à peine muletiers, mais on va sans doute les transformer en routes carrossables pour faciliter la défense.

On peut communiquer de la Maurienne avec le Grésivaudan, ou plutôt avec les vallées de Bréda et du Gelon par un certain nombre de sentiers qui traversent les montagnes de la Maurienne :

Au col de la Croix, entre la Chambre et Allevard par Saint-Étienne de Cuines et Saint- Alban-les- Villards ;

Au col des Pierres, entre la Chambre et Pontcharra par Arvillard;

Au col d'Arpignon, entre Saint-Remy et Arvillard ;

Au col de la Prêche, entre Saint-Remy et Arvillard ;

Au col de la Perche, entre Saint-Pierre-de-Belleville et la Rochette par le Champet ;

Au col du Grand Cucheron (1,202'°), entre Saint-Alban-des-Hurtières et Villarleger par Champ-Laurent;

Au col du Petit Cucheron (i,236n), entre Saint-Georges-des-Hurtières et les sources du Gelon ;

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