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CHAPITRE VIII. ~ LA SAVOl

Au col de Hontgilbert, entre Àiguebelle et Pontcharra par la haute vallée du Gclon et la Rochette.

Tous ces sentiers sont fort mauvais et à peine tracés, à l'exception des trois derniers, c'est qu'en efTet la partie de la chaîne de la Maurienne au nord de la Croix de la Loze est formée de terrains schisteux où les formes sont arrondies et l'accès possible, tandis qu'au sud de la Loze on est dans des terrains granitiques à aiguilles isolées, à arêtes à pic, où les passages sont presque inaccessibles.

Les vallées de Breda et du Gelon sont séparées de l'Isère par une suite de crêtes élevées : la chaîne de Belledonne depuis les Sept-Lauds jusqu'à Âllevard ; le massif de Brame-Farine, de Goncelin à Pontcharra, et une longue crête de Pontcharra à Chamousset. Dans cette longue barrière, il n'existe que deux coupures où passent des routes ; la première est la gorge du Fay, que suit la route d'Âllevard à Goncelin; la seconde est le défilé que suit le ruisseau de Breda avant d'aboutir à Pontcharra. Un troisième débouché est celui de Chamousset, où le Gelon se jette dans l'Isère.

La réfl^on du Mont-Tabor. — Le nœud des montagnes du Mont- Tabor marque un changement do direction dans la courbure des Alpes et est important au point de vue militaire à cause des sentiers qui le contournent et qui mettent en communication les trois vallées qu'il domine. Ces vallées sont celles de l'Arc, de la Durance et de la Dora Hiparia ; les dépressions qui permettent do passer de l'une à l'autre sont : 1^ le col du 6alibier, où existait jadis une assez bonne route, complètement abandonnée pendant longtemps, mais qu'on rétablit aujourd'hui; elle part du col du Lautaret aux sources de la Guisane et descend à Saint-Michel dans la Maurienne ; ^ le col de la Roue, à l'ouest du col de Fréjus, où passe un sentier assez facile qui part de Modane et aboutit à Bardonnèche; 3*^ le pas de TÉchelle, au nord du Mont-Genèvre, où existe un sentier qui conduit de Bardonnèche à la vallée de la Clarée, et qui se prolonge par une route praticable aux voitures jusqu'à Briançon.

Les cols de la Roue et de l'Echelle permettent de se porter en quelques heures de la Maurienne et du Brianconnais en tète du vallon de Bardonnèche, au débouché du tunnel, et Toccupation de ces passages nous rend maîtres de cette importante communication de France en Italie. On fait une roule militaire de Briançon à la position de Malpas, qui se trouve auprès du col de l'Échelle et d'où on domine Bardonnèche.

Entre le Mont-Tabor et le Galibier existent plusieurs passages fort difficiles : io au col de l'Aiguille -Noire et au col des Rochilles qui par les sources de la Clarée font communiquer le Briançonnais et la Maurienne, 2f* au col de la Ponsonnidre où passe un sentier qui vient du Lauzet sur

d02 LIVRE II. — LA FRANGE. — FRONTIÈRES DE TERRE.

la Guisane et conduit à Saint-Michel après avoir rejoint le chemin du Galibier. De même, entre le Mont-Tabor et le pas de TÉchelle, le col des Muandes, le pas de la Tempête, le col de TÉtroit da Vallon, le col des Thures établissent des communications difRciles entre la vallée de Bardonnèche et la haute vallée de la Ciarée. Tous ces passages sont fort élevés, ceux qui sont dirigés du nord au sud sont beaucoup plus encombrés de neige que ceux qui sont dirigés de Touest à Test.

Si un jour la voie ferrée de la vallée de la Durance, qui est en constniction jusqu'à Briançon, est prolongée jusque de Tautre côté des Alpes, c'est sous le col de rjSchelle qu'elle passera ; d'après les études qui ont été faites, le tunnel qu'il faudra construire n'aura que 4,620 mètres de long, il est vrai que son entrée sera à la côte 1512. Ce serait de beaucoup le souterrain le plus court des Alpes occidentales et centrales, mais ce serait aussi le pltis élevé ; le tunnel du pic de Fréjus a une longueur de 12,220 mètres et atteint 1,292 mètres d'altitude; celui du Saint-Gothard qu'on achève en ce mo« ment, a 14,900 mètres de longueur à 1,162 mètres d'altitude; celui du Simplon, si on le perçait, aurait 16,150 mètres de longueur à 793 mètres d'altitude. Le percement du tunnel du pic de Fréjus a coûté 80 millions, celui du Saint-Gothard coûtera 187 millions, sans compter les travaux d'accès qui ont exigé beaucoup d'argent. Le débouché du tunnel de Fréjus vers Modane s'écroule constamment à cause de la nature des roches ; on le refait en courbe, ce qui augmentera beaucoup sa longueur.

Il est peu probable qu'on achève de sitôt la ligne du Simplon ; les travaux exigeraient encore une dépense de 150 millions, à laquelle la France ne veut pas contribuer, parce qu'elle n'a pas d'intérêt à l'ouverture de cette ligne. La voie du Simplon ne détournera pas le trafic de la voie du Saint-Gothard quand cette dernière fonctionnera; sa zone d'action ne s'étendra pas même jusqu'au Rhin et elle ne servira qu'à faire concurrence à la ligne du Mont- Cenis. Du reste, on peut remarquer ici que, même après le percement du Saint-Gothard, la France qui communique avec l'Italie par deux voies ferrées et par la mer, sera encore mieux partagée que l'Allemagne, dont les ports seront toujours séparés de l'Italie par une grande distance; or, la mer est le véritable élément de la vie commerciale, elle est le grand chemin des nations, qui n'a rien coûté à personne et qui s'entretient tout seul. En tous cas, l'intérêt de la France exigerait qu'il ne fût ouvert à travers les Alpes aucun passage, sinon ceux dont elle garderait au moins une porte. Au point de vue purement militaire, le percement du Simplon serait désastreux pour la France, car il mettrait le Valais et le défilé de Saint-Maurice à quelques heures seulement de Domo d'Ossola^

D'après les études qui ont été faites, si on perçait le massif du Mont- Blanc, un tunnel qui passerait sous cette masse énonne de glaces entre

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