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CHAPITRE VIII. — LA SAVOIE

de Savoie conseulit à nous céder la Bresse, le Bugey, le Val Hoiney et le pays de Gex au prix du marquisat de Saluées qu'il conserva.

En 1691, Catinat ne put faire capituler Montraélian qu'après dix-neuf mois de blocus et trente-cinq jours de tranchée ouverte; basé sur Pignerol, il déjoua toutes les tentatives que fît Victor-Amédée pour secourir la place. Rendu au duc de Savoie, ce fort fut encore repris en 1705 à la suite d'un blocus el rasé sur l'ordre de Louis XIV. La diffîculté pour le Piémont de le secourir et la nécessité de l'abandonner à lui-même pendant toute la mauvaise saison, furent cause que les ducs de Savoie ne relevèrent pas ses remparts malgré la force et l'importance de la position.

Massif de la Grande-Chartrease. — Le massif de la Grande- Chartreuse est borné à l'est et au sud par la vallée de VIsère depuis Chapareiîlan jusqu'à Voreppe, au nord par la large trouée de Notre-Dame de Myans de Chapareillan à Chainbéry, à Touest par la vallée de tHiére^ la dépression des Échelles, le Guiers-Mort, la plaine marécageuse de Saint-Laurent du Pont el la dépression que suit la route de Yoreppe. Tout le massif est encore revêtu de magnifiques forêts, les principaux sommets sont : le pic de Chamechaude (2,087"»), le Petit-Som (2,066"»), le Grand-Som (2,033"»), le Granier (1,938°»). Le Saint-Eynard, le Mont Hachais et le Casque de Néron forment les derniers promontoires méridionaux du massif de la Chartreuse au-dessus de Grenoble. A l'est, le massif se termine par des pentes très raides sur la vallée du Grésivaudan et aucun chemin carrossable n'y donne accès de ce côté; au-dessus d'une première terrasse qui domine l'Isère de 800 mètres et où il y a de nombreux villages, s'élève une crête continue qui s'étend du Pelit-Som au Mont-Granier et qui domine la vallée de 1,600 à 1,700 mètres, elle est désignée sous le nom de Haut du Seuil et (ÏAlpettCj son altitude est de 1,800 à 1,900 mètres.

Les profondes dépressions qui entourent le massif sont suivies par de bonnes voies de communication ; deux grandes routes réunissent Chambéi*y à Grenoble : à l'est par la cluse de Myans et le Grésivaudan; à l'ouest par le défiU des ÉchelleSj Saint-Laurent du Pont, le col de la Placette et Voreppe.

Les routes carrossables qui pénètrent dans le massif de la Chartreuse sont :

l'^La route de Saint^Laurent du Pont à Saint-Pierre de Chartreuse et au couvent de la Grande-Chartreuse par la porte de FourYoirie ;

2* La route nouvellement ouverte de Grenoble à Saint-Pierre de Chartreuse par le Sappey et le col de la Porte (1,354™), à l'ouest du pic de Chamechaude ;

3* La route des Échelles n Snint-Pietre d'Entremont par la gorge du Guiers-Vif ;

oW LIVRE II. — LA FRANGE. — FRONTIÈRES DE TERRE.

i" La route de Chambéry à Sainl-Picrre d'Entremont par le col du Frêne 1,135'") qui s'ouvre entre le Mont de Joigny et le Monl-Granier.

Entre Saint-Pierre de Chartreuse et Saint-Pierre d'Entremont, il exishun chemin muletier qui pa.'^se au col de Cucheron; on le transforme en route de voitures, mais celle-ci est encore inachevée entre le col et le village des Vialles.

En outre, un assez grand nombre de sentiers de piétons, souvent difiieiles, pénètrent dans les combes du massif de la Chartreuse, ils ne pourraient ùtrc utilisés que par de petits corps d'infanterie pour des opération^ de peu d'importance.

Le massif de la Chartreuse prolongé au nord par la montagne de l'Epine et par le Mont-du-Chat, barre toutes les routes de Savoie à Lyon et couvre lout le terrain situé entre l'Isère et le Rhône. Le défilé des Echelles um^ fois au pouvoir de l'ennemi, on peut encore, pour barrer la route de Lyon par Voiron, occuper le long défilé du Grand-Crosscy ouvert dans la montagne du l{az cl, pour maîtriser la route de Grenoble, défendre le col de la Pkcelte. Ce dernier col et la. position de Voreppe où la vallée de l'Isère n'a que "2 kilomètres de largeur, furent défendus avec succès par le colonel de Cubières en 1814, il ncn fut délogé qu'après une longue résistance et vint alors s'établir sur la position du Chevallon qui domino la route à une lieue en arrière de Voreppe, il y résista à tous les efforts de l'ennemi.

Fort Barraax^. — C'est sur un plateau qui se détache des pentes nord-est des montagnes de la Chartreuse et qui s'avance vers l'Isère que s'élève le fort Barraux. Il a été construit par le duc de Savoie en 1597 sur le sol français. A celte époque, et jusqu'à la (In du siècle dernier, l'I^ière divaguait dans la plaine et la rendait marécageuse, à ce point que la rive gauche était impraticable et que pour aller de Goncelin à Pontcharra il fallaii I)assor par Morelcl et Allevard. La roule de Savoie passait sur la rive droit»* et gravissait tous les cônes de déjection des torrents. Le duc de Savoie, en occupant le mamelon de Barraux qui commande la plaine à un point où risère se rapproche de la montagne, fermait absolument l'entrée de î^on pays. La ])ossession do Barraux et de Montmélian le garantissait de toute atlaque de la France. La fortification de Barraux était donc tournée contr^^ la France; mais au moment où on l'achevait, Lesdiguières s'en empara, elle fut dès lors tournée contre une attaque venant de la Savoie. Pendant la guerre de la Succession, le fort servit d'appui à l'aile gauche de la ligne occupée par le maréchal de Berwick pour défendre la frontière des Alpes. De là on menaçait les flancs de l'armée austro-sarde qui s'avançait vers le Rhône, el on l'empêchait de franchir ce fleuve. Aujourd'hui, cet ouvrage est

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