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ConsuUer la carie

CHAI»ITR£ 1. — KidE ET LES ALPES MA&ITIMES. 355

Ces montagnes calcaires resserrent souvent les torrents entre des escarpements de hauteur prodigieuse; ainsi la route du col de Tende, en suivant la Roya, traverse des défilés de plusieurs kilomètres où le jour pénètre à peine.

A Test de la vallée du Tanaro, les Alpes Liguriennes ont une altitude moindre, elle ne dépasse guère 1,000 à 1,200 mètres et s'abaisse même à 490 mètres au col de Cadibone ; la chaîne prend déjà les formes arrondies j)ropres à TApennin et alors elle peut être parcourue presque en tous sens par rinfanterie et Tartillerie légère. La végétation reparaît même dans les hautes vallées, les sommets sont couverts de gazon ou de bois, et au nord s'étendent d'immenses forêts de châtaigniers où se trouvent perdus quelques villages qui ne communiquent avec les routes de la plaine du Pô que par de mauvais sentiers. Par suite de celte différence de structure entre la partie de la chaîne qui s'étend du col de Nava au col de Cadibone, et le reste de la grande chaîne des Alpes, il serait peut-être plus logique de prendre comme limite des Alpes Maritimes les sources du Tanaro et le cap délie Mêle; mais nous avons suivi les divisions généralement adoptées jusqu'à aujourd'hui. Au point de vue géologique, c'est au cap délie Mêle que vient aboutir le soulèvement du Mont-Viso.

Lii^nes de défense du comté de IViee. — La Roya. — Les contreforts élevés qui se détachent du côté de la Méditerranée et qui se terminent en éperons escarpés sur le littoral même, forment autant de hgnes de défense qui peuvent être occupées soit par les Français pour couvrir le comté de Nice, soit par les Italiens pour couvrir la rivière de Gênes. La seule de ces. lignes qui couvre toutes les routes menant de la plaine du Pô à Nice et sur le littoral, est formée par le contrefort qui sépare la Vésubie de la Roya, et, dans sa partie méridionale, le Paillon de la BeverOj afduent de la Roya; il part du mont Clapier et se termine au-dessus de Monaco à la position de la Turbie qui barre complètement la route de la Corniche; c'était là du temps des Romains la frontière entre la Gaule et l'Italie. De ce contrefort se détachent des ramifications qui accompagnent le Paillon et la Bevera et qui souvent se prolongent sur la rive gauche de la Roya par d'autres crêtes se rattachant à la chaîne principale; toutes ces montagnes forment des positions très fortes qui ont été disputées pendant longtemps au début des guerres de la Révolution. C'est l'ensemble de ces positions qui forme la ligne de la Roya; elle barre les deux grandes routes qui aboutissent à Nice, celle de la Corniche et celle (\n col de Tende, ainsi que le chemin de fer qui suit le littoral; elle est aussi bonne pour les Itahens que pour les Français.

Route da col de Tende. — La route du col de Tende en sortant do

Nice suit d'abord le cours du Paillon, puis elle traverse le col de Nice et rejoint le Paillon à Lescarène; à partir de ce dernier village, la montée devient fort raide et la route franchit au col de Braas le contrefort entre ie Paillon et la Bevera qu'elle traverse à Sospello. Les lacets recommencent bientôt sur le versant du mont Perus et on franchit le col de Brouis avant d'atteindre la Roya en face de Breglio, Ce sont là autant de positions qui furent successivement enlevées par nos troupes en 1793.

De Sospello une route nouvellement construite conduit à Menton^ et de Breglio un chemin qui n'est que muletier jusqu'à la frontière, conduit à Vinlimîglia en suivant la Roya; les trois kilomètres de route qui ne sont pas encore praticables aux voitures, seraient très difficiles à construire, en sorte qu'en cas de guerre la circulation de Saorgio à Vintimiglia ne serait pas du tout à la disposition des Itahens, si ce n'est à dos de mulet.

La route du col de Tende remonte la Roya en se tenant sur la rive droite, excepté au défilé de Saorgio où elle la franchit quatre fois, et un peu en aval de Tende où elle suit un instant la rive gauche. Cette position de Saor gio barre entièrement la route et la vallée; le village, dont les sombres mai- 8ons sont échelonnées en amphithéâtre sur les pentes sud de la montagne a une grande hauteur au-dessus de la vallée, est encore dominé au nord par d'anciens ouvrages de fortification en partie ruinés aujourd'hui, mais qui pourraient être facilement rétablis et rendus inexpugnables. Au delà de Saorgio, la route suit encore de longs défilés avant d'atteindre rétablissement d'été de San-Dalmazzo et le bassin de Tende; elle s'élève toujours au milieu de montagnes pelées et dénudées et forme quelques lacets avant d'arriver au col (1,873"), puis elle redescend par d'autres lacets sur le versant opposé, suit le vallon de la Vermenagna et ne sort des montagnes qu'à Borgo-San-Dalmazzo, un peu avant d'amver à Coni.

Cette route jusqu'à présent sans défense du côté de l'Italie va être maîtrisée par le fort d'arrêt que les Italiens construisent à San-Dalmazzo^i- Tende au débouché nord du défilé que coupe la frontière ; ce fort battra aussi l'entrée du vallon de Briga où viennent converger les sentiers du col Ardente et du col de Tanarollo.

Le col de Tende est du reste d'une défense très facile pour l'Italie, jmr suite de l'existence d'un à pic très prononcé sur le versant sud; il ne peut être tourné qu'à grande distance. Le col une fois tombé en notre pouvoir, les Italiens pourraient encore défendre les positions de Limone et de Yernante et le défilé de Roccavione en avant de Borgo-San-Dalmazzo,

lAgae de l'Antion» Saopuplo» MartA. — Saorgio était le centre de la ligne de défense occupée par l'armée sarde en 1793 et au commencement de 1791. Cette ligne embrassait tout le bassin de Tende et s'appuyait à droite

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