‹ -Texte. Géographie militaire (volume 2)Chapitre 225 sur 256 · CHAPITRE X. ~ NICE ET LES ALPES MARITIMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. ~ NICE ET LES ALPES MARITIMES

et à gauche à des points regardés comme inaccessibles; à droite aux sommets fortifiés de Mille-Fourches et de rAution, au nord desquels se trouve le col de Raus, qui établit une communication entre Saorgio et Belvédère sur la Vésubie; à gauche, à la redoute de la Maria, au nord de laquelle se trouvent le col Ardente où passe un sentier qui conduit à la source de la Taggia et le col de Tanarello où passe un sentier qui descend dans la vallée du Tanaro. La crêt« qui forme cette ligne et qui rejoint les points que nous venons d'indiquer était renforcée par de nombreux ouvrages, mais les communications entre les différentes parties de cette position étaient longues et difîiciles par suite de la conformation des montagnes : Saorgio est située à 500 mètres d^altitude, TAution et la Marta sont à plus de 2,000 mètres, ce qui fait une différence de niveau de 1,500 mètres entre des points très rapprochés; il fallait plus de i heures pour aller du centre aux extrémités (le la position.

Opération» de 1793 et 1794. — En juin 1793, nous cherchâmes à deux reprises à aborder de front la ligne de Tennemi et nous fûmes repoussés, après avoir subi des pertes considérables et avoir perdu Télite de nos grenadiers. En mars 1794, Bonaparte vint prendre le commandement de Tartillerie de l'armée d'Italie, et, après avoir visité le pays, proposa de tourner la forte position de l'ennemi qu'il était impossible d'aborder de front. La gauche des Piémontais était en effet mal appuyée; les sentiers des vallées de la Taggia et du Tanaro conduisent sur la chaussée du col de Tende en arrière de la Marta, ce qui permettait d'intercepter la seule ligne de retraite des Sardes vers le Piémont.

Une division de 14,000 hommes, formant cinq brigades, fut chargée d'opérer ce mouvement tournant : une brigade, sous les ordres de Masséna, se dirigea sur le TanardOy entre les sources de la Nervia et de la Taggia; une seconde prit position au Monte-Grande entre la Taggia et l'Aroscia; les trois autres, sous le commandement de Bonaparte, se portèrent sur Oneilk et de là, par le col de Nava, sur Ormea dans la vallée du Tanaro. On se rendit maître de toute cette haute vallée jusqu'à Garessio, et on put alors déboucher par le col de Tanarello et par le col Ardente sur Briga et San-Dalmazzo, c'est-à-dire sur la route du col de Tende, en arrière des positions de l'ennemi. Le fort de Saorgio avait déjà capitulé depuis quelques jours par suite de la pusillanimité du gouverneur, que le roi de Sardaigne fit passer par les armes. La ligne, attaquée de front en même temps qu'elle était, tournée, fut évacuée en toute hâte ; beaucoup de prisonniers, un grand nombre de]pièces de canon tombèrent entre nos mains. Ces opérations avaient exigé un mois de luttes, du 6 avril au 8 mai 1794 ; elles nous avaient rendus maîtres de la crête des Alpes Maritimes,ce qui nous permit de couvrir avec peu de troupes plus de la moitié de la rivière du Ponent.

I4i8;nes de défense à l'est de la Roya et routes à> l'est da col de Tende. — A l'est de la Roya, les contreforts méridionaux des Alpes Liguriennes se prolongent jusqu'à la Méditerranée et sont susceptibles d'être défendus, soit par des troupes françaises qui en auraient pris possession, soit par des troupes italiennes, pour barrer la route du littoral. Ces positions, pour les deux partis, sont tournées par la route du col de Tende, et cette dernière doit être l'objet d'une défense particulière. Les principaux de ces contreforts sont :

i^ Celui qui part du Mont Saccarello, au nord du col Ardente^ qui contient le Mont Tanardo, le Mont Jove, et qui sépare la Roya de la Nervia; cette ligne de défense se prolonge au nord en ligne droite par le col de Tanarello jusqu'à la source du Tanaro; elle couvre donc les sentiers qui viennent du Tanaro et de son affluent le Tanarello ; elle fut occupée, en 1747, par quarante bataillons piémontais adossés à la belle vallée de Dolceacqua.

2p Celui qui se détache du précédent au Mont Tanardo et qui vient finir à San^Remo, en séparant la Nervia de la Taggia; il contient le Mont Ceppo et le Mont Bignone ; au cas où cette ligne supposée occupée par des troupes françaises serait forcée dans sa partie sud, une seconde non moins bonne s'appuie à Ospitaletto, entre San-Remo et Bordighera.

8° Celui qui part du Honte-Fronte, vers la source de VAroscia, et qui vient finir sur la mer à San-Stefano; il sépare la Taggia de l'Âroscia et de l'Impero ; il contient la position du Honte-Grande et est traversé par des sentiers aux cols de Hezzalana et de Pezzo ; cette ligne se prolonge vers le nord jusqu'à la source du Tanaro et se confond dans cette partie avec la première.

A l'est de ces trois lignes, il en existe d'autres qui sont toutes tournées par la haute vallée du Tanaro ; pourtant il en est une qui a été signalée par Napoléon comme très forte, qui fut fortifiée et défendue par nous en 1795; elle est si rapprochée d'Ormea et de Garessio^ qu'on peut conserver la haute vallée du Tanaro tout en l'occupant; c'est celle du Camp-des-Prètres à Borghetto ; elle a une vingtaine de kilomètres de longueur de Garessio à Borghetto, mais presque partout elle est inabordable ; elle s'appuie à droite à un mamelon qui domine toute la plaine de LoanOy et à gauche à un grand rocher isolé ; en arrière de la partie sud de cette ligne s'en trouve une seconde aboutissant à Albenga, elle se détache de la première à Znccarello.

Trois routes font communiquer la vallée du Tanaro avec la côte, ce sont :

!« Celle du col de Nava (954">), au pied du Mont-Ariol, qui va d^Ormea sur le Tanaro à Oneille sur la Méditerranée, elle traverse la haute vallée de YAroscia, franchit encore un col appelé comme tant d'autres col de San- Bemardo^ avant de descendre dans la vallée de l'Impero qui aboutit à Oneille,

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