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CHAPITRE X. -- NICE ET LES ALPES MARITIMES

S* Celle du col de San-Bernardo, qui conduit de Garessio sur le Tanaro fl Albenga, en passant en arrière, c'est-à-dire à Touest, de la position de Borghetlo.

3« Celle du col de Helogno, qui part de Bagnosco et conduite Finale; elle franchit un premier col, passe à Calizzano sur la Bormida-di-Millésimo, monte au Melogno qui est au pied du Mont Settepani et suit la crête d'un l'ontrefort des Alpes presque jusqu'au-dessus de Finale; c'est un chemin jjrovincial assez mal entretenu.

Quelques sentiers traversent les collines de Saint-Jacques, à l'est do Settepani, et permettraient aux fantassins et aux cavahers de se rendre directement de Millésime ou do Carcare à Finale-Borgo ou à Finale-Marina •iur la côte.

Une grande route passe au col de Cadibone (iOO*") et conduit de Carcare sur !a Bormida-de-Cairo à Savone, c'est le prolongement de la route de Mon- «lovi à Millésin)o; une honne route descend la Bormida à partir de Carcare. Un peu au nord do Cadibone et d'Altare, une Toie ferrée, qui passe sous un Innnel de 2 kilomètres, conduit de Savone à la station de Saint-Giuseppe^ ou elle se bifurque sur Céva ou sur Alexandrie,

La côte même est longée par la belle rente de la Corniche, dont la conj^lruclion fut ordonnée par Napoléon ; elle traverse un grand nombre de torrents à gué et franchit plusieurs hauteurs, elle va de Nice à Gênes et elle se prolonge le long de la rivière du Levant jusqu'à la Spezia; dans cette dernière partie, dont la construction est postérieure à la première, elle quitte la rôte à partir de Sestri-di-Levante pour traverser un pays pauvre et montaf^neux avant de descendre à la Spezia. Elle est aujourd'hui doublée d'un chemin de fer qui ne s'éloigne pas de la côte et qui traverse de nombreux tunnels.

En outre des routes que nous venons d'énumorer, on ne trouve dans ce pays que des sentiers très difficiles à travers les contreforts ou à travers la chaîne principale; la marche y est surtout pénible dans la partie occidentale, vers le comté de Nice, où les montagnes ont un plus grand relief. Les sentiers des vallées de la Taggia, de la Nervia, du haut Tanaro, ne sont souvent que de longs escaliers taillés dans le roc au-dessus de profonds précipices; ce sont ces affreux chemins que suivirent nés colonnes en 1794, pour aborder le col Ardente et le col de Tanarello. Ces étroites vallées, comme toutes celles de la Ligurie, sont rendues impraticables par une pluie de une ou deux heures, les torrents grossissent et coupent les chemins qui les franchissent à gué ou qui suivent leurs cours.

Offensive et défensive sur la frontière du comté de IVIee.

— Les deux routes qui partent de Nice et qui pourraient nous permettre de

iMO LIVRE a. •- LA FRANGE. - FROMTIÏRSS DE TERRE.

prendre Toffensive sont celles du col de Tende et de la Corniche, Cette dernière, comme ligne d'opérations, a l'inconvénient de se dérouler en un long ruban, dans un défilé continu et à proximité des hautes vallées du Tanaro et des Bormida d'où on peut la prendre en flanc et couper en deux les corps qui la suivent. Aussi, dans les guerres de la Révolution, n'avons-nous pu nous étendre le long de la rivière et atteindre Savone qu'après nous être rendus maîtres de la crête des Âlpos et de ces hautes vallées, de manière à assurer nos flancs et nos derrières.

Un corps pénétrant en Italie par le col de VArgentière peut combiner ses opérations avec des troupes qui forceraient le col de Tende et qui aborderaient par sa naissance la haute vallée du Tanaro; une fois que nous serions maîtres de cette vallée, la route de la Corniche donnerait une entrée des plus commodes dans la plaine du Piémont au moyen des nombreuses routes ou chemins muletiers qui traversent les Alpes Liguriennes entre le col de Tende et celui de Cadibone ; ces passages se trouvant tournés ne pourraient plus être défendus de front avec grande vigueur, tout se réduirait au bombardement et au siège des petits forts en construction qui défendent les routes carrossables. Ces forts outre celai de Tende, dont les travaux à peine commencés semblent abandonnés, sont : i® les ouvrages de Hava, qui comprennent une redoute centrale, une coupure et trois batteries, ils sont aujourd'hui terminés; 2<> le fort de Zuccarello, qui barre la route de San-Bernardo, il comprend une coupure et une batterie haute; 3° le fort projeté^ mais non commencé, de Cc^pra-Zoppa^ sur le promontoire qui domine le point de réunion de la route du Melogno et de celle de la Corniche; il barrera complètement cette dernière; 4^ le fort d'Altare, aujourd'hui terminé ; il se compose de deux ouvrages situés au-dessus du tunnel que franchit la route de Carcare à Savone. L'ancienne forteresse de Vintimille, située tout près de la frontière, n'a plus aucune valeur et pourrait à peine résister quelques jours. V ancienne citadelle de Savone, située sur une colline isolée, entre la ville et la mer, ne serait pas susceptible d'une meilleure défense.

Nioe*. — Pour l'offensive comme pour la défensive, le point capital est Nioe, grande ville de plus de 50,000 âmes, qui jadis était fortifiée, mais dont l'ancien château a été détruit par la mine au siècle dernier. Le fort Montalban, qui subsi.ste encore sur une coUine entre Nice et Villefranche, n'a plus aucune valeur. Des considérations financières ou pohtiques avaient sans doute empêché jusqu'à présent de créer des forts autour de cette place si importante, excellente base pour nos opérations en Ligurie et en Montferrat; mais on ne pouvait pas la négliger dans la nouvelle organisation défensive.

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