CHAPITRE XI. - FRONTIÈRE DES PTRÉNÉES
4"* La route de CaudiéSj sur la Boulzane affluent de TÂgly, à Axât, par le col facile de la Pradelle.
b"* La route de Caudiès à Qulllan par le col Saint-Louis.
Les PjTénées proprement dites s'arrêtent avec le terrain granitique à la dépression du col Saint-Louis (687"), qui fait communiquer les vallées de l'Agly et de l'Aude et où passe la grande route de Perpignan à Bayonne par Quillan et Foix. Les pentes de cette route sont plus longues et plus raides que celles de la route de Caudiès à Quillan par Axât. Les montagnes qui s*élèvent au nord de la vallée de TAgly sont les Corbiôres, qui forment une masse confuse, un amas de roches crétacées et calcaires sans aucune végétation, leurs sommets couverts de pierres blanchâtres sont dépouillés et brûlés par le soleil, leurs flancs sont dénudés, et elles n'offrent aucune ressource. Leur sommet le plus élevé domine le col Saint-Louis, c'est le pny de Bugarach qui atteint 1,231 mètres; plus loin les sommets s'abaissent beaucoup : à l'est, la montagne de Tauch au-dessus de Tuchan n'a que 879 mètres; au nord la montagne d'Alaric, dont la crête s'étend parallèlement à l'Aude et au canal du midi, n'a que 600 mètres.
La chaîne des Corbières a longtemps servi de frontière entre la France et l'Espagne; par suite de son épaisseur et de son aridité, elle forme un obstacle plus sérieux, plus facile à défendre que les Pyrénées elles-mêmes entre le pic de Carlitle et la Méditerranée. Les chemins qui traversent les Corbières sont rares et difficiles, ils suivent souvent des défilés fort étroits; les points de convergence de ces chemins, qu'il faudrait occuper en cas do guerre, si on avait à défendre de nouveau ces montagnes, sont Tuchan^ Yingrau et Opoul. Le long de la mer ou plutôt le long de la rive occidentale de Vétang de Leucate, la croupe de ces montagnes forme un défilé oii passent la grande route et le chemin de fer de Perpignan à Narbonne. Ce passage était jadis défendu par le château de Salses, qui est encore classé comme ouvrage de fortification, mais qui est plus curieux qu'utile, car il n'a guère de valeur défensive.
Plaine et côte dn Ronssilllon. — Au sud des Corbières, entre les montagnes et la mer, s'étend une plaine fertile d'alluvions, coupée de l'ouest à Test par VAgly^ la Tit^ le Réart, le Tech, et au centre de laquelle est la grande place de Perpignan, c'est le Roussillon; au cas où cette partie de la frontière des Pyrénées serait attaquée, c'est dans cette plaine que se dénoueraient les principales opérations. Ce pays est riche, bien cultivé, bien irrigué ; mais pourtant une armée ne pourrait guère y trouver ce qui est nécessaire à son entretien et à sa subsistance, c'est-à-dire des vivres et des fourrages; en effet, depuis une vingtaine d'années, on a abandonné toutes les cultures de céréales pour planter de la vigne, et le vin est aujourd'hui
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la seule richesse du département des Pyrénées-Orientales. Une armée y subsisterait donc difficilement et il faudrait faire venir de loin tous les approvisionnements.
La côte, le long de la mer, est basse et bordée en partie de marais salants ou d'étangs [étang de Leucate ou de Salses^ étang de Canet et de Saint-Nazaire) ; elle n'offre aucun abri et on n'y trouve aucun port. Elle ne se relève que vers CoUioure et est alors dominée par l'extrémité orientale des monts Albères; entre les caps que projettent ces montagnes dans la Méditerranée, se trouvent plusieurs havres profonds et un bon port, celui de Port-Vendres *. C'est un point de relâche fort important sur cette mer aux bourrasques fré. quentes; les plus grands bâtiments de guerre peuvent y entrer. Ce port pourrait être très utile à l'ennemi au cas où il voudrait entreprendre le siège de Perpignan ; il lui permettrait de faire venir par mer tout le matériel de siège et les approvisionnements en évitant les chemins longs et difficiles de la Catalogne.
Si on avait à craindre une guerre sur cette frontière, il serait important de fortifier Port-Vendres du côté de terre, et alors on pourrait occuper la crête des montagnes, qui forme un vaste demi-cercle du cap Béar^ au sud de Port-Vendres, jusqu'au fort Carré, au nord de Collioure, et qui limite un magnifique camp retranché naturel englobant Collioure, Port-Vendres, le fort Saint-Elme et la redoute Dugommier. Le périmètre de la position serait de 10 kilomètres.
Campan^nes de la Révolution dans les Pyrénées orientales*
— Pour terminer l'étude de la frontière des Pyrénées orientales, nous allons rappeler brièvement les opérations des années 1793 et 1794, qui sont très propres à mettre en relief les obstacles naturels et artificiels de cette contrée.
De tout temps les peuples ont franchi la chaîne des Pyrénées par son extrémité orientale, et c'était là que dans l'antiquité passaient les routes les plus courtes entre l'Espagne et l'Italie. C'est par les cols des Pyrénées orientales que passèrent Annibal, Scipion, Pompée, César, les Cimbres et les Teutons ; plus tard les Wisigoths suivirent les mêmes routes pour pénétrer en Espagne; puis c'est encore par cette voie que l'Islamisme chercha à se répandre dans les Gaules et sur les côtes du Languedoc. Les positions des Albères furent toujours fortifiées et les ruines d'anciennes tours de guet couronnent encore aujourd'hui beaucoup de leurs sonmiets. De nos jours, cotte chaîne n'a été que tout dernièrement franchie par un chemin de fer et la seule route qui la traverse est peu fréquentée; c'est que son importance a