CHAPITRE XI. — FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES
toute végétation. Sur le versant nord et dans le pays basque, on trouve tous les terrains : le granit, le porphyre, les divers étages du terrain de transition, du trias, du terrain jurassique et de la craie ; entre ces terrains existent un grand nombre de fissures remplies de minerais, qui sont une des richesses du pays. On trouve des mines de cuivre et de plomb ; les mines de Mondragon sur le versant nord d'Arlaban ont de tout temps donné du fer à l'Espagne; les mines voisines fournissent aujourd'hui Tacier qui sert à fabriquer ies canons Krupp. C'est sur la rive gauche du Nervion, entre Bittxio et Portugalette que se trouve actuellement la plus grande exploitation de minerai de fer, celle de Somorrostro. Les sources minérales sont aussi très nombreuses dans cette contrée.
À l'ouest du port d'Ârlaban» la crête des Pyrénées est formée par laPefia de Amboto et la Pena de Gorbea; des deux côtés de ce dernier massif passent les routes qui réunissent Bilbao à Vitoria, et à l'ouest se trouve la dépression d'Orduna (650°>), que gravit par plusieurs lacets le chemin de fer de Bilbao à Miranda-de-Ebro, station de la grande ligne de Madrid. La crête pyrénéenne qui domine ce col à l'ouest, prend le nom de Sierra-Sal^ vada ; puis au delà se trouvent plusieurs dépressions traversées par des routes qui conduisent de Bilbao et de Santander dans le haut bassin de l'Ëbre ; le centre de ces communications est Espinosa au débouché du port de Lunada qui a plus de 1,000 mètres d'élévation au-dessus de la mer. Une route carrossable venant de Santander passe plus à l'ouest au port del Escudo qui a près de 1,000 mètres d'altitude, puis enfin on arrive au col de Reinosa dont nous avons déjà parlé. C'est à Espinosa et à Reinosa que furent livrées deux des batailles qui, en 1808, nous ouvrirent le chemin de Madrid; le but de ces batailles était de couvrir la droite de l'armée débouchant de Vitoria sur Burgos et marchant de là sur Madrid.
Ces passages des Pyrénées cantabriques que nous venons d'énumérer sont très importants; ceux de la Navarre et de la Guipuzcoa sont les communications les plus directes et les plus faciles entre la France et l'Espagne ; ceux de la Guipuzcoa, de la Biscaye et de Santander peuvent permettre à des troupes ennemies de se porter à Irun pour couper toute retraite à une armée française engagée en Castille ; il y aurait donc danger pour nous à courir sur l'Ebre ou en Castille avant de nous être assurés de tous ces cols et d'avoir chassé toute troupe ennemie des provinces qui se trouvent entre les montagnes et la mer jusqu'aux Asturies, tout au moins faudrait-il s'avancer jusqu'à Bilbao et laisser à Bilbao et à Yalmaseda un corps proportionné aux forces (ju'il pourrait avoir à combattre.
Les chaînons qui se détachent vers le nord et qui se prolongent jusqu'à la mer ont des directions très variables et forcent les torrents qui les contournent à faire toutes sortes de détours pour arriver à TOcéan; ils re-
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couvrent toute la contrée, et ne laissent aux plaines que peu d'espace. Lt côte n'est longée par aucune route et est souvent bordée d'escarpements; elle est bien découpée et on y trouve de bons ports naturels comme Saint- Sébastieriy Bilbao, Santander.
Places fortes espagnoles et finuiçalses. — La grande route de Bayonne à Vitoria est défendue du côté de l'Espagne par Saint^Sébastien; la ville, située entre la baie de la Concha et l'embouchure de VUi^mea^ n'est plus aujourd'hui entourée d'une enceinte bastionnée comme en 1813, lors du siège fameux qu'y soutint le général Rey contre les Anglais et les Portugais, mais elle est dominée par le château de la Motta, au haut du mont Orgullo qui ferme au nord de la ville la baie de la Concha. Sur les flancs de cette montagne de 130 mètres sont étages plusieurs ouvrages et plusieurs batteries. Saint-Sébastien, qui avait été entièrement détruit en 1813 par les Anglais, eut encore à résister en 1836 aux Carlistes qui ne purent s'en emparer. Les pitons qui entourent la ville ont été couronnés d'ouvrages permanents pendant la dernière guerre carliste, en sorte que les Espagnols possèdent aujourd'hui sur ce point une grande position retranchée; ces ouvrages sont généralement bien situés et d'un abord difficile, mais les maçonneries sont vues de tous côtés et ne pourraient sans doute pas résister longtemps au canon. Les EIspagnols renforcent et complètent cette position en construisant un grand fort au sud de la baie des Passages et de Renteria sur une hauteur d'où les Carlistes bombardèrent la ville en 1875.
Fontarabie est située en face d'Hendaye à l'embouchure de la Bidassoa et au pied du Jaizguibel^ longue crête qui longe la mer et qui se termine an cap du Figuier. Cette ville, aujourd'hui bien déchue de son ancienne splendeur, était anciennement fortifiée, mais ses portes sont à demi-écroulées, ses fossés sont en partie comblés, ses murailles sont ou détruites ou percées à jour par les boulets, elle n'a donc plus aucune valeur.
Du côté de la France, les deux grandes routes carrossables de Madrid et de Pampelune viennent, comme nous l'avons vu, converger à Bayonne S qui est le point de passage obligé de toutes les communications commerciales et miUtaires avec l'Espagne par la dépression des Pyrénées occidentales. Bayonne est sui* la rive gauche de TAdour au confluent de cette rivière avec la Nive, elle est entourée d'une enceinte bastionnée avec dehors; en avant se trouvent les retranchements de Mousserolles qui ferment la presqu'île comprise entre les deux rivières, et les retranchements de Mafrac sur la rive gauche de la Nive* Sur la rive droite de l'Adour, s'élève sur un mamelon la citadelle de Saint-Esprit. Le port de Bayonne n'a pas grande importance à cause de la difficulté qu'ont les navires à passer la barré de l'Adour. Cette