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CHAPITRE I''. - 6EANDES DIVISIONS DE LA GEOGRAPHIE

industrielle; les autres n'ont que des relations assez éloignées avec la science de la guerre.

La géographie commerciale étudie à son point de vue les voies de communication qui ser\ent au transport des marchandises; c'est aussi sur ces routes, ces chemins de fer, ces canaux, ces rivières que se meuvent les armées et les nombreuses voitures qui les accompagnent; on aura donc à tenir compte de leur nombre et de leur tracé dans les calculs de la logistique, qui est la science des marches ; maïs cette étude des roules de tous genres, au point de vue militaire se rapproche plutôt de la géographie physique que de la géographie commerciale.

La statistique avec les (nombreux renseignements qu'elle fournit sur la production et le commerce de chaque pays est nécessaire pour apprécier la force militaire des Etats, qui est une dos données des grands problèmes stratégiques que rhomme de guerre doit résoudre et pour la solution desquels les connaissances purement géographiques sont insuffisantes. La force militaire d'un Etat est la force vive, l'expression de la valeur morale et politique de cet État; son évaluation résulte donc d'une étude approfondie de l'histoire et de l'organisation du pays.

La statistique militaire fait partie du groupe des sciences économiques, mais elle demeure soumise aux influences et aux modifications de l'art de la guerre. Les théories de la stratégie et de l'administration militaire doivent la guider dans ses recherches comme le font pour le gouvernement d'une société l'économie politique et la théorie des finances. Elle a en somme à résoudre cette question : Tel Etat dispose-t-il des moyens nécessaires pour mener à bonne fin une guerre offensive ou défensive contre tel ou tel autre Etat avec ou sans allié?

Il ne lui suffira donc pas d'apprécier les ressources matérielles dont peut disposer chaque État pour assurer sa sécurité à l'extérieur, pour défendre son indépendance poHtique ; il ne lui suffira pas d'indiquer l'état des finances, le chiffre des troupes et des navires que chaque pays peut mettre en Ugne en cas de guerre ; il lui faudra encore examiner l'influence de la forme du gouvernement, étudier le caractère et la tactique particulière de chaque armée, prévoir les plans d'opérations et l'issue même de la guerre ou du moins calculer les chances de succès en cas de collision avec telle ou telle autre nation.

Dans les appréciations auxquelles on est conduit dans l'étude des théâtres de guerre, des théâtres d'opérations, il faut avoir soin d'examiner les questions sous toutes les faces et on ne doit pas se laisser impressionner par les idées théoriques, par les préjugés, par les opinions des écrivains qui ont étudié antérieurement cette question, ni même par les exemples historiques. L'état actuel d'une contrée n'est souvent plus le même qu'à une époque

antérieure; des routes nouvelles ont pu être ouvertes; les obstacles créés par les marais, (ps bois, les cultures ont pu perdre de leur valeur; et, bien que les principes de la stratégie soient invariables, comme les difficultés et les moyens d*exécution ont varié, ce qui était possible et rationnel autrefois peut ne plus Têtre aujourd'hui et inversement.

Telles sont les questions très complexes, très multiples, que soulève l'étude de la géographie militaire; on voit combien le sujet est vaste, il conflue à presque toutes les sciences et son cadre s'élargit sans cesse par suite de l'abondance toiyours croissante des renseignements qui arrivent de toutes parts; aussi, dans les écoles militaires des autres pays de l'Europe, consacre-t-on depuis longtemps des centaines de leçons a cet enseignement dont on ne se préoccupait pas assez chez nous.

Atlaiiy captes 9 livres pour l'étude de la ^éospaphie* — Pour le moment, le matériel nécessaire à ces études, c'est-à-dire les livres de géographie militaire, les cartes, les atlas, nous fait presque défaut. Pour étudier la géographie, les bonnes cartes sont précieuses, indispensables même, elles indiquent la direction des cours d'eau, des chaînes de montagnes, des voies de communication, l'emplacement des villes, des lieux habités et autres particularités. Mais il faut les compléter par la description des hauteurs, de la forme et des accidents que présente chaque chaîne, par celle des cours d'eau et des vallées, par l'indication des produits du pays, du chiffre de la population, des genres d'industrie, de la force des armées, des ressources qu'on trouve pour l'entretien des troupes et pour la remonte, enfin par une étude sommaire des places fortes et des lieux importants au point de vue militaire.

Comme atlas nous n'avons rien de parfait, rien même de bon, ils laissent tous beaucoup à désirer au point de vue de la représentation du terrain et de l'exactitude des tracés.

On peut trouver d'utiles indications dans quelques cartes nouvellement sgoutées à l'atlas de Saint-Cyr, mais en général nos atlas français sont bien vieux et bien insuflisants.

La nouvelle édition de l'atlas de Brué parue en 1875 chez Delagrave reproduit le figuré de terrain datant de 1824; le tracé des chemins de fer qu'on a ajouté, n'est ni complet, ni exact.

Les meilleurs atlas allemands sont ceux de Sydow, de Kiepert et surtout celui de Stieler; les cartes de ce dernier atlas se font remarquer par leui* exactitude, plusieurs cartes refondues ou refaites par Petermann et Berghaus pour la dernière édition de Stieler sont vraiment belles, mais, au point de vue de la gravure et de la beauté de l'exécution, ces atlas seront tous surpassés par celui dont la maison Hachette a entrepris la publication,

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