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CHAPITRE n. — DÉFINITION ET VALEim RELATIVE DES OBSTACLES

à les détruire faute de place forte pour les défendre ou bien après la chute de ces places, mais il est inutile de multiplier ces destructions et il ne faut les opérer qu'à la dernière extrémité. On ruinera un grand ouvrage d*art, un pont, un viaduc ou plutôt un grand tunnel, dans un point obligé de passage qu'il sera impossible de tourner par une voie de raccord. Ces points sont peu nombreux et ils seront pourvus généralement de moyens de destruction préparés à l'avance ; la géographie apprend quels sont ces points; il faut les bien connaître de manière à ce qu'il n'y ait pas d'hésitation au moment d'opérer les destructions.

NOMENCLATURE, DÉFINITION ET IMPORTANCE DES VOIES DE COMMUNICATION NATURELLES ET ARTIFICIELLES.

Après avoir passé en revue les obstacles qu'une armée peut rencontrer, si nous examinons les moyens de communication qu'elle peut avoir, nous trouvons des routes plus ou moins bonnes depuis les grandes routes nationales de France parfaitement entretenues jusqu'aux sentiers des montagnes, des chemins de fer permettant un transport beaucoup plus rapide, enfin des voies navigables toujours lentes, si on ne peut y employer la vapeur.

Les routes sont toujours le plus habituellement employées, surtout quand on est à proximité de l'ennemi. Plus elles sont larges et nombreuses, plus la marche est facilitée. Une ligne d'opération doit être suivie par trois ou (jualre routes au moins pour permettre aux divers corps d'armée et môme aux diverses divisions de marcher à peu près à hauteur sur un front strate, gique tel que toutes ces masses soient en état de se soutenir.

Les chemins de fer servent pour les concentrations, pour les grands mouvements en dehors de l'action de l'ennemi, pour les ravitaillements et les réapprovisionnements. Pour le transport des troupes, ils ne présentent d'avantage sur les routes au point de vue de la rapidité que si la distance à franchir est suffisamment grande, car il faut tenir compte du temps de l'embarquement et du débarquement.

Cette distance au-dessous de laquelle les routes ordinaires sont plus rapides, dépend du nombre de troupes à transporter, de leur espèce, du matériel roulant dont on dispose, de l'intervalle que l'on doit laisser entre les trains, etc. On peut exceptionnellement se servir des voies ferrées pour amener des troupes sur le champ de bataille, comme les Prussiens l'ont fait à la bataille de Saint-Quentin ; ils amenèrent en effet 15 à 20,000 hommes en chemin de fer jusqu'à La Fère, puis les troupes firent à pied les 25 kilomètres qui les séparaient encore du champ de bataille. Au bout d'un certain

temps de lutte, dans les contrées parcourues par les armées, les chemins de fer seront détruits et les jambes des soldats joueront encore le rôle capital que leur attribuait le maréchal de Saxe.

Les rivières et les canaux avaient autrefois une grande importance, c'est par eau que venaient les approvisionnements et le matériel de siège ; c'est par eau qu'on évacuait les blessés; le tracé des cours d'eau navigables décidait souvent l'emplacement des places fortes comme le fait aigourd'hui celui des chemins de fer, La création de ces dernières voies de communication est venue modifier et diminuer l'importance des voies navigables.

Un fleuve peut encore être employé comme ligne d'opérations, seul ou concurremment avec des routes, mais il faut en être absolument maître et ne pas craindre de voir ses convois coupés; la voie navigable sert à dégager les routes et permet d'obtenir plus de certitude dans les transports. Dans toutes nos expéditions contre Vienne, le Danube a été utilisé pour le transport de blessés, de vivres, de matériel; pendant la guerre de la Sécession, les Américains du Nord, dans leur première expédition contre Riche* mond, aux mois d'avril et de mai 1862, prirent le Potomac comme ligne d'opérations et leur flotte suivait tous les mouvements de l'armée.

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