CHAPITRE III. — GÉNÉRALITÉS 8UR L EUROPE
de la mer échauffée par les rayons solaires s'évapore et forme les nuages; sous réqualeur cette évaporation est énorme et Teau ainsi perdue est constamment remplacée par de Feau venant des pôles. Cette eau, ayant sous réquateur une vitesse de translation moindre que celle de la terre, donne lieu à un courant dirigé de Test à l'ouest, qui, dans TOcéan Atlantique, vient se briser contre la pointe du Brésil et se partage en deux ; Tun se dirige vers le sud, l'autre suit d'abord la côte du Brésil, traverse les Antilles, contourne le golfe du Mexique, passe entre la Floride et l'île de Cuba et de là se dirige vers les côtes occidentales de l'Europe, c'est le Gulf-Stream. L'existence de ce courant a été parfaitement reconnue, il forme un véritable fleuve au milieu de la mer, ses eaux plus foncées tranchent avec les eaux plus blanches et plus froides de l'Océan, sa vitesse est de 5 à 8 kilomètres par heure, sa profondeur est de 400 mètres environ, sa largeur très variable est de 50 kilomètres à sa sortie du golfe du Mexique.
Un effet analogue se produit dans l'Océan Pacifique, le courant équatorial vient se briser contre les lies de l'Océanie et donne naissance au nord des Philippines au conrant du Japon ou Kuro-Siwo.
Ces vents tièdes et chargés de vapeurs, ces courants marins charriant de Teau échauffée sous les tropiques contribuent pour une large part à l'élévation de la température des côtes occidentales de l'Europe. Ils expliquent la fertilité de l'Ecosse et de l'Irlande, le doux climat des Hébrides sous la môme latitude que le Labrador où tout est glacé, la renommée des Cornouailles et des Iles Normandes où les murs sont tapissés de fuchsias, celle de Cherbourg, où on cultive en pleine terre des plantes qui ne viennent qu'en serre à Paris et où la végétation, plus avancée en mars que celle du bassin do la Seine, se trouve retardée en septembre. En Bretagne, le climat est pluvieux et tempéré, tandis qu'il est excessif dans la plaine du Volga. New-York ne Jouit pas du bénéfice de ces vents et de ces courants chauds; cette ville au contraire est exposée aux vents glacés venant du Groenland; la côte du Canada et des États-Unis est longée par un contre- courant venant du pôle, c'est pour cela que les hivers sont si rigoureux à New- York et que le mercure gèle à Québec sous la même latitude que Nantes.
Dans les plaines de la Russie et en Allemagne, les vents habituels sont les vents du nord-est qui viennent du pôle. Les vents d'est, quand ils arrivent dans nos régions, sont froids ou brûlants suivant la saison, parce qu'ils ont traversé de vastes plaines glacées en hiver, fortement échauffées en été; ils sont toujours secs.
Ces vents principaux se choquent entre eux, viennent se heurter contre les hautes montagnes et donnent alors naissance à des vents souillant dans des directions très diverses. 11 y a encore d'autres causes secondaires de production des vents : le
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Sahara, par la vaste étendue de ses sables fortement échauffés, produit un violent appel d'air; c'est ce qui donne naissance au terrible mistral qyi souffle du nord ou du nord-ouest sur toute la Méditerranée; puis, au pria* temps, au contre-courant du sud-est, le sirocco, le solano, vent brûlant et desséchant qui se fait sentir jusque dans le bassin de la Seine et au delà des Alpes où il prend le nom de fohn. Le massif élevé et neigeux des Alpes influe aussi sur la direction, sur la vitesse et sur la températiu*e des courants atmosphériques.
Plaies. — Les pluies sont apportées par les vents venant de TOcéan, quand les tièdes vapeurs qu'ils charrient rencontrent un milieu plus froid qui les condense. Les vents de Touest et du sud-ouest donnent naissance dans toute la partie occidentale de l'Europe à des pluies fines et continues; les vents du nord-est, en refroidissant brusquement l'atmosphère, produisent des orages, des pluies abondantes et de peu de durée.
La quantité de pluie qui tombe annuellement dans les diverses parties de l'Europe est très variable suivant les pays; ainsi, en France, en Italie et dans la région qui enveloppe les Alpes, les Balkans et les monts de la Bohème, il tombe en moyenne 0*^,67 d'eau par année; mais, sur le littoral de l'Atlantique et dans la chaîne des Alpes, cette quantité d'eau est bien plus considérable, elle dépasse un et même deux içètres. Dans les plaines de la Russie, sur le plateau central de l'Espagne, la pluie au contraire est rare, la quantité tombée annuellement ne forme qu'une couche de 0°^,40 de hauteur. Les montagnes arrêtent les nuages et les hauts plateaux sont par suite privés de l'action fertilisante des pluies; c'est ainsi que Madrid est une des villes de l'Europe où il pleut le moins, tandis que Lisbonne, qui pourtant n'en est pas éloignée, est une de celle où il tombe le plus d'eau; c'est ainsi que le plateau des Castilles est presque inculte, tandis que les campagnes de Malaga et de Valence sont les plus riches du globe.
En général quand une contrée est traversée du nord au sud par une chaîne de montagnes, le versant occidental, qui reçoit directement les nuées de l'Océan, est plus arrosé que le versant oriental; c'est ce qui a lieu pour les Cévennes.
Les pluies se distribuent différemment suivant les saisons dans les diverses parties de l'Europe. La saison pluvieuse est Y hiver dans la partie méridionale des trois péninsules Ibérique, Italique, Hellénique. C'est l'automne dans le sud-ouest de l'Europe et sur les côtes de l'Atlantique, c'està-dire dans le nord de l'Espagne, en France, dans la région alpestre, dans le nord de l'Italie, dans les Iles Britanniques et dans la péninsule Scandinave. C'est Vété dans le centre et l'est, c'est-à-dire en Allemagne, dans les Pays-Bas, en Danemark, en Autriche et en Russie.