‹ -Texte. Géographie militaire (volume 2)Chapitre 39 sur 256 · CHAPITRE ni. — GÉNÉRALITÉS SUR ^EUROPE · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni. — GÉNÉRALITÉS SUR ^EUROPE

tie centrale de la France, tantôt présentent des aiguilles gigantesques comme dans les Alpes ; les terrains schisteux présentent une suite de feuillets superposés d'un ton gris terne et forment tantôt des plateaux profondément découpés, tantôt des pics aigus et des crêtes tranchantes ; les montagnes se terminent par de hautes murailles à parois presque verticales quand elles sont calcaires, elles sont souvent taillées en forme de tours ou de cvlindres dans les doloinies ; le terrain jurassique forme de longues crêtes parallèles et étagées à relief faiblement ondulé; les gneiss forment une série de blocs anguleux ; les grès présentent des parois souvent très raidos et formées de couches inégalement usées ; les terrains de molasse forment de vastes plateaux monotones, les terrains quaternaires recouvrent souvent le fond de vastes vallées ou des plaines fertiles comme celle du Pô.

Réi^ons dlstiiictefii dans les montaf^es. — Dans les plus hautes montagnes, on distingue quatre régions qui se présentent dans Tordre suivant :

1® La région inférieure, qui est généralement bien cultivée, partout praticable et sillonnée de nombreuses routes.

^ La région des forêts, où croissent diverses essences de bois, arbres à feuilles ou conifères.

3^ La région alpine, renfermant des pâturages où paissent en été de nombreux troupeaux, mais où déjà les arbres ne poussent plus. C'est VAlp des montagnards.

4<» La région des rochers et des neiges éternelles, où on ne rencontre plus aucune végétation.

Les pâturages à gazons ras de TAlp sont situés sur les tranches relevées des terrains sous-jacents, tandis que les bois poussent sur la pente du terrain supérieur soulevé. Les rochers de la région supérieure sont souvent granitiques et ont émergé au milieu de terrains plus récents.

Les montagnes de l**" ordre qui renferment ces quatre régions ont de 2 à 4,000 mètres de hauteur moyenne. Les vallées sont ordinairement étroites; la cavalerie et l'infanterie en corps doivent suivre les grandes routes tracées au fond de ces vallées; il y a peu de points de passage et les vallées secondaires ne communiquent entre elles que par des sentiers.

Les montagnes de 2* ordre ont de 1,000 à 2,000 mètres; les régions y sont moins caractérisées, la quatrième fait souvent défaut, d'autres fois les rochers succèdent immédiatement aux forêts et la région alpine manque. Elles favorisent les engagements isolés et se prêtent à la petite guerre. Des chaussées traversent les cols découpés dans la crête.

Dans les montagnes de 8* ordre, ayant moins de 1,000 mètres, les deux dernières régions n'existent plus. Les collines ont de 8 à 400 mètres d'élé-

vation. Dans ces deux derniers cas, les troupes peuvent d'ordinaire se mouvoir facilement et en masse; les montagnes de 3* ordre ou les collines ont souvent des formes douces et arrondies; les vallées sont larges et peu profondes, à moins qu'elles ne soient formées de terrains calcaires, les pentes faibles et les routes nombreuses.

Gonflf^iiratloB générmïe de l'Europe. — Si on considère l'ensemble de l'Europe, on voit qu'au point de vue du relief du sol comme au point de Mie des climats et à bien d'autres encore, elle se divise en deux régions bien distinctes : au nord-est s'étend l'immense plaine russe avec ses grands fleuves, ses vastes étendues de steppes et de déserts; au sud et au sud-ouest se trouve une région montagneuse, semée de hauts plateaux, traversée par de nombreux cours d'eau et très découpée par les mers. Ces deux parties sont séparées par une ligne passant par Gonstantinople, Kœnigsberg et le nord de la Norwège.

Au sud-ouest et au sud-est, l'Europe se termine par deux hauts plateaux dans les péninsules Ibérique et Hellénique.

Le plateau des Castilles de 600 à 700 mètres d'élévation est soutenu au nord par les chaînes Àsturiennes et Cantabriques^ par la Sierra fUrbion^ par le massif de Moncayo; au sud par la Sierra-Morena; à l'est par les Monts^' Universels qui forment le nœud hydrographique de la Péninsule et par les montagnes qui recouvrent le district d'Albaracin; à l'ouest par les massifs montagneux des Sierras de Gâta, de San-Mamed et d'Ossa qui séparent les fleuves s'écoulant vers le Portugal. Il domine le bassin de VÉbre au nord, le bassin du Guadalquivir au sud; ce sont les deux seules grandes vallées de la Péninsule. Les autres fleuves de l'Espagne qui se jettent dans l'Atlantique, le Guadiana^ le Tage, le Douro^ prennent naissance dans le plateau central et communiquent facilement par la partie supérieure de leur cours ; mais un peu plus bas les sierras dominant le plateau de près de 2,000 mètres les séparent et les resserrent dans d'étroits défilés que ne suivent même pas les routes; ainsi la route de Lisbonne à Madrid n'accompagne pas le Tage. Ces montagnes qui Hmitent à l'ouest le plateau central, forment une barrière continue, difficile à franchir, qui sépare l'Espagne du Portugal, c'est ce qui explique l'existence politique de ce dernier royaume. La Péninsule Ibérique est limitée au sud du bassin du Guadalquivir par la Sierra-Nevada qui renferme des sommets de 3,500 mètres d'altitude, plus élevés que ceux des Pyrénées qui la bornent au nord. Tous les terrains se rencontrent en Espagne; tes terrains triasiques et tertiaires sont les plus répandus.

La partie centrale de la Péninsule Hellénique est le plateau de Mœsie, d'où partent à l'est les Balkans^ au sud la ehatne du Pinde, au nord-ouest les Alpes Dynariques.Touies ces montagnes presque entièrement composées

Page 1