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56 LIVRE I«r. — GÉNÉRALITÉS.

triche, avec Charles-Quint, menace un instant d'englober tous les autres Etats. La France seule puissance capable de lutter contre ce formidable ennemi, résiste d'abord avec ses seules forces, puis elle est aidée par les princes protestants d'Allemagne, confédérés à Smalkalde. Les projets du grand empereur sont partout contrecarrés; cependant après le partage de sa domination et la division de la maison d'Autriche en deux branches, la monarchie de Philippe II est encore la plus puissante de la chrétienté.

Les guerres de la Réforme se continuent et c'est l'Allemagne qui en souffre le plus. La guerre de Trente Ans amène successivement l'immixtion de quatre puissances étrangères, l'Espagne, le Danemark, la Suède et la France, dans les affaires intérieures de l'Allemagne et la livre, tout autant que l'Ita- Ue, aux influences du dehors. Cette lutte désastreuse pour elle se termine par le iraili de Westphalie (1648), qui, le premier, établit les bases de l'équilibre européen : la maison d'Autriche est abaissée ; l'Allemagne impuissante est divisée en 360 Etats presque indépendants; la Suède, qui a été délivrée de la domination danoise par Gustave Wasa et qui vient de jouer un très grand rôle sous Gustave- Adolphe, ne conserve pas ses conquêtes; la France, grâce à l'habile politique de Richelieu et de Mazarin, grâce aussi aux victoires des Turenne et des Gondé, devient la puissance prépondérante de TEurope occidentale ; l'indépendance de la Hollande et de la Suisse est reconnue; l'Espagne conserve encore les Pays-Bas, la Franche -Comté et presque toute l'Italie, mais elle est épuisée par ses colonies et sa décadence ne peut tarder; l'Angleterre, sous Cromwell, est déjà une puissance maritime redoutable et fonde ses premières colonies. Tel est l'état de l'Europe à la (In de la guerre de Trente Ans.

Dans la deuxième moitié du dix-septième siècle, les conquêtes de Louis XIV menacent l'équilibre de l'Europe, qui se ligue contre lui. La guerre de la ligue d'Augsbourg se termine par le traité de Ryswick^ qui déjà enlève au roi plusieurs des villes qu'il avait prises; puis après la guerre de la succession d'Espagne, le traité d'Utrecht laisse la France épuisée et modifie les limites des divei^ Etats. Un Bourbon règne au delà des Pyrénées, mais l'Espagne perd toutes ses possessions en Europe; l'Autriche hérite des Pays-Bas et de Tltalie; deux royaumes nouveaux surgissent : le Piémont qui obtient la Sicile, et la Prusse, encore bien modeste, mais qui déjà, par la Gueldre, prend pied sur le Rhin; l'Angleterre qui, depuis 1688, a repris la politique qui doit faire sa grandeur, garde Gibraltar et Minorque et nous enlève la Nouvelle-Ecosse et Terre-Neuve.

Au dix-huitième siècle, l'Angleterre s'acharne contre la France et nous combat sans trêve ni merci ; elle domine déjà les mers et exerce une grande influence sur le continent. La lutte entre les deux puissances, commencée en 1688, ne doit en réalité se terminer qu'en 1815. Dans ce même siècle, la Prusse, grâce au génie de Frédéric, fait équilibre à l'Autriche en Allemagne

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