CHAPITRE III. — DÉFENSE DE LA FRONTIERE DU NORD
Au début d'une guerre, il faudrait élever un ouvrage en avant de Famars, pour pouvoir déboucher du secteur entre les deux rivières. Les inondations produites par les écluses de Valenciennes remontent à 1 kilomètre sur la Rhonelle et à 6 kilomètres sur TEscaut; celle d'aval sur l'Escaut est produite par Vécluse de la Folie qui est située à 4 kilomètres environ de la ville, elle ne laisse qu'un espace de 1,500 mètres jusqu'à l'inondation d'amont de Condé. En 1793, on avait élevé sur ce point un ouvrage de campagne pour maîtriser le passage ainsi que l'écluse; il faudrait le rétablir aussitôt la ofuerre déclarée. Le véritable terrain des attaques contre Valenciennes est le ï;ecteur du nord-est qui est compris entre l'Escaut et le ravin de l'Au^ mile; il est donc important de le dominer et, si on peut ajourner à une menace de guerre la construction des ouvrages de l'Espérance, de Famars et de la Folie, il n'en est plus de même de ceux qui doivent défendre ce secteur et qui serviront à relier Valenciennes au Quesnoy. On a commencé la construction du fort de Curgies, à égale distance de Condé et du Quesnoy; pour défendre l'espace compris entre ce fort et l'inondation inférieure de Valenciennes, on avait projeté deux batteries auprès des villages d'Estreux et de Saint-Saulve, mais aujourd'hui on semble devoir y renoncer et reporter la défense en avant jusqu'au ravin de l'Aunelle; d'après les dernières études, les ouvrages à consli'uire seraient : un fort auprès d'Onnaing^ une batterie au-dessus de Rovxhies et une batterie en avant du fort de Curgies au-dessus de la ferme Notre-Dame. A Valenciennes, viennent se croiser plusieurs voies ferrées; un chemin de fer en construction doit rejoindre directement Valenciennes à Maubeuge.
En amont de Valenciennes, l'Escaut reçoit VÈcaillon et la Selle qui coulent parallèlement à la Rhonelle sur un sol gras et argileux. U écluse de Denainy ^iiluée entre les confluents de ces deux cours d'eau, produit sur l'Escaut une inondation qui s'étend jusqu'à Boncham; cette petite place qui est située au confluent de l'Escaut et de la Sensée, à 14 kilomètres de Valenciennes, couvre des écluses importantes qui font remonter les eaux de la Sensée jusqu'à Aubigny-au-Bac; on la conserve dans son état actuel.
A 12 kilomètres en amont de Bouchain, se trouve encore la grande place de Cambrai ; la ville est en amphithéâtre sur les collines de la rive droite de l'Escaut, elle a une faible enceinte et une citadelle qui occupe le point culminant, l'enceinte va être déclassée et on ne conservera que la citadelle dont on améliorera les abris. Plusieurs voies ferrées se croisent à Cambrai et la gare devra être bien protégée. Au sud de Cambrai, la route que suivrait l'invasion se bifurque comme le chemin de fer sur Pèronne et sur Saint- Quentin,
La Sambre. — llaabeii||;e et Hiandrecies. — La droite de la po-
lOG LIVRE II. — LA FRANCE. — FRONTIÈRES DE TERRE.
sition que nous avons reconnue devoir être occupée par Tarmée principale du Nord est couverte par la Sambre et par les deux places de Maubeuge et de Landrecies.
La Sambre coule dans une vallée étroite, ses eaux sont peu abondantes et les inondations seraient longues à organiser surtout si on voulait les lier ensemble par des barrages successifs; elle est du reste franchie par un grand nombre de ponts et Tennemi pourrait toujours agir sur les deux rives, car la basse Sambre lui appartient. Les places situées sur cette ligne devront surtout favoriser le débouché des troupes sur les flancs de l'ennerai qui s'avancerait dans la Thiérache.
HaubeugeS Tune des deux places qui nous restent sur la Sambre, était jadis opposée à Mons ; c'était une mauvaise place dominée de toutes parts et complètement vue des collines de la rive droite. En 1709 et en 1792, on organisa sous son canon un camp retranché formé par des lunettes que reliaient des courtines, mais ce camp était d'autant plus mal situé que l'ennemi pouvait facilement le bloquer et isoler les troupes qu'il contenait du reste de la France, soit en passant la Sambre au-dessus de la place, soil en arrivant par la route de Beaumont sur la rive droite. C'est ce qui faillit arriver aux 20,000 hommes qu'on y avait laissés en 1793 et qui étaient sur le point de se rendre, faute de vivres, quand ils furent délivrés par la victoire de Wattignies.
Au point de vue de l'offensive, cette place est dans une situation stratégique extrêmement favorable; elle forme tête de pont sur la Sambre et peut servir d'appui à une armée débouchant sur les hauteurs qui bordent au nord cette rivière et dont la possession assure celle de la Belgique. C'est ce rôle de pivot d'opérations offensives qu'elle joua en 1794.
En raison de l'importance de la position de Maubeuge et de la saillie que fait cette place sur nos lignes de défense, il a paru indispensable de la doter d'ouvrages extérieurs qui la garantissent d'un bombardement. Ces nouveaux forts qu'on construit en ce moment, sont à 4 ou 6 kilomètres de la place. Trois sont situés sur la rive droite de la Sambre, ce sont : 1° le fort de Cerfontaine j à près de 6 kilomètres de la place dans la direction de Beaumont ; 2° le fort de Bourdiau; 3*» le fort d'Hautmont. Quatre sont situés sur la rive gauche : i^ le fort d'Assevent^ qui domine la Sambre en aval de la ville ; 2<* le fort de Sarts, au nord de la ville, sur la route de Mons et en avant du bois de Sarts ; 3^ le fort de Leveau, également en avant du bois de Sarts et auprès du chemin de fer de Mons ; A^ le fort de Grévaux^ qui relie Leveau à Hautmont.
A 24 kilomètres en amont de Maubeuge, Landrecies est une toute petite place sans grande valeur aujourd'hui; elle est située sur la rive droite de la