CHAPITRE ni. ** DÉFENSE DE LA FRONTIÈRE DU KORD. Il
secours d'y arriver; les Espagnols en 1643 avaient négligé cette précaution et ne gardaient que la grande route, ce qui permit au duo d'Enghien de pénétrer sur le plateau par Maubert-Fontaine et d'y gagner la célèbre vic^ toire de Rocroy. Cette petite place n'est plus aujourd'hui qu'un poste secon-* daire; on la conserve, comme nous l'avons dit, pour abriter les magasins des corps détachés qui opéreraient dans ce pays.
VÈÊUsmm ûm Ut Meiis«« -^ Givdt, MéasiArefl, S^dait* — Lsem Aj" vellea. — La grande place de GivetS ou plutôt des Givet, à l'extrémité du saillant que forme la frontière sur la Meuse, est aussi utile au point de vue de l'offensive que de la défensive. Située à un élargissement des défilés de laMeose, elle domine toute la vallée et les routes qui la suivent; elle se compose de quatre parties : Givet Saint^Hilaire et le fort de Charlemoût sur la rive gauche, Givet Notre-Dame et le Mont d'Haurs sur la rive droite. Sur cette dernière rive, en avant du Mont d'Haurs, se trouve un beau camp retranché naturel entre les escarpements de la Meuse et du petit ruisseau de la Houille. La retraite peut se faire par la rive gauche de la Meuse sur Fumay et Rocroy, ou en partant du camp retranché par la rive droite sur Monthermé et Mézières« D'autre part, les routes et les trois voies ferrées qui partent de celte place vers Liège et vers la Sambre, la rendent surtout précieuse au point de vue de l'offensive et permettent à nos troupes de s'emparer rapidement des plus importantes positions militaires de la Belgique, soit sur la Meuse, soit sur la Sambre; la place se trouve au milieu des plateaux ardennais ; un corps qui en partirait tournerait immédiatement la ligne de la Semoy et forcerait l'ennemi à l'abandonner.
Une voie ferrée est projetée entre Givet et Rochefort sur la ligne de Luxembourg à Liège. Une ligne venant de Charleroi par Marienbourg vient se souder à la ligne de la Meuse à Yireux au sud de Givet, ce qui permet à l'ennemi d'utiliser la ligne de la Meuse sans s'emparer de Givet ; entre Marienbourg et Yireux, cette ligne traverse un tunnel assez long, mais il est sur le territoire belge.
Les communications de Givet avec la France sont assurées par la place de Mésièred, qui ferme une boucle de la Meuse propre à servir de camp retranché; malheureusement, ce camp, comme la ville, est dominé de toutes parts et en particulier des hauteurs de Saint-Laurent à l'est, de Mahon et ^Ètigny au sud; c'est de là que les Prussiens la bombardèrent en 1870. Il existe sur la rive gauche de la Meuse deux têtes de pont : l'une au nord, entre Mézières et Charleville, c'est la tète de pont d'Arches; l'autre au sud, c'est yoiivrage à cornes de Champagne. Charleville est la ville du commerce, de Tindustrie, de la magistrature ; c*est là que se trouve la station du chemin 1. Ck>DBulter la carte 19.
de fer. Mézières est la ville militaire. Un canal avec sas écluse passe dan$% les profonds fossés de la citadelle et rejoint directement les deux boucles do la Meuse. Mézières, située au centre des forêts des Ardennes et à Tinlersection de deux voies ferrées importantes, serait bien placée pour servir de dépôt et de point d*appui à un corps d'armée chargé de défendre les défilés longs et difficiles qui traversent ces forêts, mais il faudrait de grands travaux pour la transformer en une place susceptible d'une longue résistance et pour la mettre à l'abri d'un bombardement ; on ne conser\'era sans doute que sa citadelle quand le fort des Ayvelles destiné à la remplacer sera entièrement achevé et armé. Ce fort est situé au sud de Mézières sur la rive gauche de la Meuse, il est pourvu de plusieurs batteries annexes; son principal rôle est de maîtriser les deux voies ferrées qui se croisent à Mézières, c'est-à-dire la ligne de Namur, Givet, Reims et la ligne des Ardennes.
Dans la guerre de 1870, Mézières aurait pu, jusqu'au dernier moment, nous rendre de grands services, en empêchant les Allemands de se servir du chemin de fer des Ardennes, pour approvisionner leurs armées sous Paris, dans le nord ou sur la Loire. Ils n'avaient alors comme ligne de ravitaillement que la voie ferrée Paris-Strasbourg, et cette dernière était exposée à être interrompue à chaque instant par des accidents analogues à la destruction du grand pont de Fontenay-sur-Moselle, hardi coup de main exécuté en janvier par une petite troupe partie de Langres. Mézières capitula le i""^ janvier après un bombardement qui détruisit la moitié de la ville, mais qui ne fit pas grand mal aux fortifications; cette capitulation améhora la situation des armées ennemies en leur donnant une seconde voie ferrée transversale pour les mettre en communication avec le réseau allemand; il est vrai qu'à cause des réparations à faire, ils ne purent utiUser cette seconde voie qu'à partir du 21 janvier.
La ville de Sedan, si tristement célèbre dans notre histoire militaire, est située sur la rive droite de la Meuse, au-dessous du confluent du Chiers; de l'autre côté de la rivière, se trouvait Venceinte de Torcy qui formait tète de pont. Sedan occupe le principal débouché de la forêt des Ardennes, la grande route de Bouillon y aboutit; elle était destinée, comme Rocroy et Mézières, à servir d'appui aux troupes défendant cette partie de la frontière, mais, comme Mézières, elle est entourée de hauteurs qui la dominent et qui la rendent incapable de résister à un bombardement; aussi un décret de 1875 a-t-il déclassé toutes les fortifications de Sedan. Quand le chemin de fer de Bouillon à Sedan sera fait, on construira au-dessus de Bazeilles^ un fort d'arrêt destiné à remplacer la place supprimée.
5" SECTEUR : entre la Meuse et la frontiôre d'Allemagne <• ^