CHAPITRE III. — DEFENSE DE LA FRONTIÈRE DU NORD
dans le but de proléger précisément le débouché de nos troupes vei's Bruxelles et le centre de la Belgique. Maîtres de toute la plaine de TËscaut, uous pourrions nous diriger vers la Meuse et franchir cette rivière pour marcher dans la direction de Cologne^ après avoir établi de solides têtes de ponts aux principaux points de passage, entre autres à Liège et à Maestricht, Si uous avions les Belges contre nous, notre armée devrait laisser de nombreux corps pour observer ou assiéger la position d'Anvers, Termonde et Diest, ce qui TaiTaiblirait beaucoup et ce qui compenserait largement Tavantage que nous pourrions avoir à violer la neutraUté belge dans le cas d une guerre avec TAllemagne.
Positions de seconde li^^e. — Lienr rôle.— Après avoir étudié les positions défensives que peut prendre l'armée sur la frontière même et les places qui les renforcent, il nous faut examiner quels sont les obstacles qu'aurait à franchir Tennemi à Tintérieur du territoire avant d'airiver sous les murs de Paris. Le but des positions de seconde ligne est, comme nous Tavons dit, de fournir à nos armées battues sur la frontière et forcées d'abandonner les premières positions des points de halte où elles puissent se réorganiser et se ravitailler. Ces points forts destinés à arrêter ou du moins à retarder la marche de Tennemi devront être situés sur les principales lignes d'invasion naturelles à peu près à égale distance entre la frontière et la capitale; ils consisteront en régions fortifiées et non en places, l'armée ne devra y chercher qu'un refuge momentané et ne jamais s'y laisser investir.
Pour la frontière du nord, nous avons vu que l'ennemi ne peut suivre que deux lignes ^invasion : l'une passe entre la grande place de Lille et les places maritimes, l'autre part de la trouée de Chimay au sud de la position centrale. La première rencontre la ligne de la Somme, la seconde suit l'Oise et vient se heurter à Vextrémité de la falaise de Champagne vers Laon, La Fère et Saint-Gobain. Il faut donc organiser deux positions de défense, l'une sur la ligne de la Somme, l'autre vers Laon et La Fère.
Lif^e de la Somme. — Péronne. — Amiens*. — Nous avons déjà étudié le cours de la Somme et vu quelle était la valeur de cette rivière comme obstacle. Le principal inconvénient de cette ligne est d'être trop longue, en sorte qu'une armée supérieure pourra toujours la percer sans grandes difQcultés.
Nous possédons sur la Somme la citadelle d'Amiens, qui est située sur
la rive droite en face de la ville et la place de Péronne, également sur la
rive droite au coude que forme la rivière vers le nord entre Ham et Amiens.
Âutrjefois les fortifications di'Abbeville, d'Amiens, le château de Ham et la place