CHAPITRE IV. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D ALLEMAGNE. UI
• tages à celui qui roccupe; elle est dangereuse si on est inférieur en » nombre, d'ailleurs comme presque toutes les positions du Hardt, car on > peut facilement les tourner. Soit pour Toffensive, soit pour la défensive, 1 elle est plus favorable aux Allemands qu'aux Français. » Et en effet, le front sud-ouest, couvert en grande partie par la Lauter, est beaucoup plus fort que celui du nord-est, qui n*est couvert que par quelques ravins ; c'est en cherchant à aborder cette position par ce front sud que Hoche échoua en novenoibre 1793, après trois jours de lutte acharnée.
La largeur de la plaine du Palatinat Rhénan est de 23 kilomètres, mais ce pays ne présente pas les véritables caractères d'un pays de plaine, car les montagnes détachent à Test des hauteurs, peu considérables iï est vrai, mais qui forment des positions variées et souvent fortes sur les collines qui dominent les aflluents du Rhin.
Au nord-est du plateau de Kaiserslaûtern, le Hardt s'abaisse, puis il se relève ensuite et forme le massif porphyrique du Hont-Tonnerre, qui se dresse en brusques escarpements et dont les sommets sont coniques et boisés ; le point culminant a une altitude de 700 mètres, on y voit les restes dun retranchement fort ancien. Le Mont-Tonnerre marque l'extrémité du soulèvement des Vosges; plus au nord la nature des terrains change complètement et, entre Kreuznach et Mayence, on ne rencontre plus que de faibles collines de mollasse parfaitement cultivées et sillonnées en tous sens de routes et de chemins de fer. Aussi cette région, relativement facile à parcourir, est-elle connue dans Thistoire militaire comme pays de passage de la Lorraine en Allemagne par le Palatinat ; les routes qui mènent d'un de ces pays à l'autre, traversent de l'autre côté du Rhin la large plaine qui existe au confluent du Mein et qui forme une trouée naturelle entre le Tau-' nus et VOdenwald; elles pénètrent ainsi au cœur même de l'Allemagne dans la Hesse et la Franconie; ce passage est défendu par la place forte de Mayence.
Ce large plateau entre le Mont-Tonnerre et Mayence n'a que 300 mètres d'altitude, il est complètement déboisé, les coteaux sont couverts de vignobles et les vallons renferment de riches prairies, les voies de communication y sont très nombreuses, c'est là que se fit la concentration de la deuxième armée allemande en 1870; on le désigne souvent sous le nom de pkteau d'Alzey^ du nom de la principale position stratégique qu'on y rencontre. Un peu au sud d'Alzey, se trouve l'excellente position de Kirchheim^ bokmden qui se lie à la défense de la ligne de la Pfrimm du Mont-Tonnerre à Worms; cette dernière est surtout bonne contre une attaque venant du sud; une armée française la ferait tomber en occupant Kirchheimbolanden.
Campa^^nes de 1798 A 1795 dans le Hardt. — En 1793, après
la perte de Mayence, l'armée de Rhin et Moselle, forte de 65,000 hommes, vint prendre position, sa droite derrière la Lauter, sa gauche au camp de Saint-Inghert et d'Hornbach; la communication entre les deux ailes se faisait par Bitche. L'armée de la Moselle, ayant échoué en octobre dans une entreprise sur Pirmasens, dut opérer sa retraite sur la Sarre. Wurmser, qui avait subi un premier échec contre les lignes de Wissembourg, les enleva, le 18 octobre, avec l'aide des Prussiens, et l'armée du Rhin se replia derrière la Zorn. Landau fut bombardé, Haguenau et îoH Vauban ouvrirent leurs portes.
Les armées françaises ayant été renforcées, Hoche prit le commandement de celle de la Moselle et Pichegru de celle du Rhin. On se décida alors à attaquer, mais Hoche échoua dans une tentative contre Kaiserslaûtem et vit tous ses efforts déjoués par la résistance du duc de Brunswick qui occupait cette position (27 au 80 novembre). Ayant reçu des renforts, il reprit l'offensive et se porta sur le flanc des Autrichiens par la route de Bitche. Wurmser, forcé d'abandonner la Moder, prit position à Wœrth, il y fut battu le 28 décembre. Hoche, ayant pris le commandement en chef, suivit l'ennemi et le battit encore au Geisberg le 26 décembre. Le Palatinat fut reconquis; Wurmser passa le Rhin à Mannheim et Brunswick se retira sous Mayenc^.
En 1794, les coalisés avaient 65,000 hommes sous Môllendorf à Mayence, 60,000 sous Wurmser de Mannheim à Bâle sur la rive droite du Rhin, 6,000 en avant de Trêves et 18,000 sous Beauheu dans le Luxembourg. L'armée française du Rhin était derrière le Speyerbach et communiquait par Kaiserslaûtem avec l'armée de la Moselle qui s'étendait jusqu'à Longwy.
Au commencement de mai, Jourdan dut se rendre sur la Sambre avec 80,000 hommes; chacune des armées du Rhin et de la Moselle ne compta plus que 87,000 hommes. Môllendorf se décida alors à attaquer notre ligne trop longue pour un si faible effectif, il enleva la position de Kaiserslaûtem le 28 mai et nous força à nous replier d'un côté sur le camp de Bliescastel- Hornbach, de l'autre sur la Queich. Les alliés occupaient la ligne Mannheim, Kaiserslaûtem, Deux-Ponts.
Le général Michaud, qui commandait l'armée française, prit l'offensive le 2 juillet, mais il échoua; se portant de nouveau en avant peu de jours après, il battit l'ennemi à Edenbocken, le rejeta sur Mannheim et occupa la ligne de Speyerbach.
En septembre, Môllendorf reprit Kaiserslaûtem, mais cette position lui fut enlevée de nouveau au commencement d'octobre. Enfin, après la bataille de la Roer, les coalisés se décidèrent à repasser le Rhin, et ne conservèrent sur la rive gauche que Luixembourg et Mayence, qui furent investis.
En 1795, l'armée de Sambre-et-Meuse sous Jourdan était forte de 105,000 hommes et était échelonnée sur la rive gauche du Rhin, de Coblenz à Dus-