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CHAPITRE IV. — FRONTIERE DU NORD-EST OU D^ALLEMAGNE

seldorf; Tannée de Hhin-et-Moselie sous Pichegru, forte de 100,000 hommes, bloquait Mayence et s'étendait de Bingen à Bâie. Les Autrichiens avaient 100,000 hommes sous Clairfayt sur la rive droite du Rhin, du Necker à Dusseldorf, et 80,000 sous Wurmser, du Necker à Bàle; la Prusse s'était retirée delà coalition. Des deux côtés, on n'était pas prêt; nous n'avions pas le matériel nécessaire pour passer le Rhin et les opérations ne commencèrent que fort tard. Enfin, le 6 septembre, Jourdan franchit le Rhin près de Dusseldorf et s'avança jusqu'à la Lahn, ce qui permit au général Hatry avec trois divisions d'effectuer son passage à Neuwied. Pichegru, ayant forcé Maxmheim à capituler sous la menace d'un bombardement (20 septembre), y passa également le Rhin; il tenta de déboucher sur le Necker pour séparer Clairfayt de Wurmser, mais il n'employa que des forces insuffisantes et fut repoussé.

Clairfayt se porta alors sur le Mein, menaçant l'aile gauche de Jourdan ; ce dernier, craignant d'être tourné, manquant du reste d'approvisionnements, abandonna l'investissement de Mayence sur la rive droite et se retira sur ses tètes de pont de Neuwied et de Dusseldorf. Clairfayt déboucha de Mayence avec la plus grande partie de ses troupes, rompit nos lignes d'investissement de la rive gauche (20 octobre) en les tournant par leur droite mal appuyée au Rhin et enleva tout notre matériel et nos approvisionnements. Pichegru prit position d'abord derrière la Pfrimm, puis de Frankenihal à Kaiserslaûtern (10 novembre) et enfin derrière le Speyerbach en découvrant Mannheim. Attaqué de nouveau par Clairfayt à Kaiserslaûtern, il dut se replier derrière la Queich. Wurmser franchit le Rhin à Mannheim et ^int s'établir en face de nos positions; Clairfayt se retourna avec toutes ses forces contre Jourdan qui avait traversé le Hùnsriick pour se porter au secours de Pichegru et qui cherchait à en déboucher; nos troupes de ce côlé furent d'abord rejetées sur la Nahe (16 décembre), puis derrière le Soonwald. Un armistice, signé le 1*' janvier 1706, mit fin aux hostilités.

PlateAa de Weatrioh. — Au sud-ouest de Kaiserslaûtern et à l'est de la BlieSy s'étend le plateau de Westrich, qu'on désigne souvent en France sous le nom de montagnes de Deux-Ponts ; il est entièrement formé de muschelkalk et de marnes irisées du trias et constitue un îlot au milieu du grès des Vosges. Au pied des pentes nord-ouest du plateau, existe une dépression très marquée où se trouvent les marécages de Landstuhlf elle est suivie par la Kaiserstrasse, route de Sarrebrûck à Mayence, et par la voie ferrée de Hombourg à Kaiserslaûtern. Cette dernière vient de Sarrebrûck par Neuenkirchen où s'embranche la voie ferrée de Bingen par la vallée de la Nahe et où se trouve une grande gare militaire.

Entre Neuenkirchen et Sarrelouis le plateau raviné et boisé du Koller^

Thaler-Walder forme une position importante, qui commande les débouchés sur la rive droite de la Sarre. Ce plateau recouvre de nombreuses couches de houille superposées ; le bassin houiller de Sarrebruck et de Saint-Wendel qui s'est formé sur le versant oriental du massif de Hûnsrûck, est un des plus riches et des plus étendus de l'Europe continentale ; il fournit de riches revenus au gouvernement allemand qui en possède la plus grande partie. Plus au nord, sur les deux rives de la Nahe, le sol riche en minéraux devient tout à fait rocheux et n'est recouvert que d'une végétation rabougrie.

lie HûnsFûck. — Au delà de la Nahe, avec le terrain de transition, commence le massif du Hûnsrûck qui s'étend jusqu'au Rhin et jusqu'à la Moselle. Cette région forme un plateau qui s'étage en plusieurs assises, dont les plus élevées sont au sud ; on distingue au-dessus du plateau deux Ifgnes de crêtes boisées dont la direction générale est du sud-ouest au nordest, c'est-à-dire perpendiculaire au Rhin ; il se termine sur le Rhin et sur la Moselle en escarpements fort raides et resserre le premier de ces cours d'eau contre le Taunus^ le second contre VEifel, qui prolongent au nord et à l'est le terrain de transition. 11 est découpé par quelques ravins, mais il ne forme aucune vallée. La partie la plus haute ne produit guère que du chanvre, ^e l'avoine et des pommes de terre, mais la partie basse est bien peuplée. Plusieurs routes sillonnent ce plateau monlueux et ne présentent de difficulté qu'à la montée ou à la descente des ravins que suivent les cours d'eau ou des rives du Rhin ou de la Moselle. Bacharacfi, Saint-Goar et Boppard sont les principaux débouchés du Hûnsrûck sur le Rhin ; les routes qui aboutissent à ces points ne sont rejointes entre elles que par des communications transversales assez rares. Bingen, Kreuznach et Kim sont les principaux débouchés sur la Nahe. Simmem au nord du Soonwald est le lieu de rassemblement des troupes sur le plateau. Aucun chemin de fer ne traverse encore ce massif; la voie ferrée qui rejoint Trêves à Coblenz est tracée en grande partie sur les plateaux de la rive gauche de la Moselle tant le défilé que suit la rivière est étroit et resserré.

Les crêtes qui s'allongent entre la Nahe et la Moselle prennent les noms de Hochwald et à'Idarwald; c'est là où les montagnes atteignent la plus grande élévation (600 à 800") et sont le plus boisées ; entre la Nahe et le Rhin se trouvent les crêtes du Soonwald; le plateau nord entre le Rhin et la Moselle est le Hûnsrûck proprement dit, mais ce nom s'applique aussi à l'ensemble du massif.

lia liOFPaine^. — A l'ouest des Vosges s'étend un plateau ondulé formé par les terrains de trias : grès bigarré, muschelkalk et marnes irisées ; c'est 1. Consulter la carte 21«

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