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CHAPITRE III. — ALLEMAGNE DU SUD

versants très boisés. Les pentes inférieures sont couvertes de hêtres ou de chênes; plus haut croissent des arbres à aiguilles, pins ou sapins, de dimensions considérables : 35 à 45 mètres de hauteur et 1^50 de diamètre.

La profonde trouée de Furth divise la chaîne en deux parties bien distinctes d'altitude et d'aspect.

Au nord, les formes sont douces; les sommets n'ont que 700 à 800 mètres de hauteur; le plus élevé, le Cerkow-Berg, au-dessus de Furth, atteint 1,050 mètres; les routes sont nombreuses, on n'en compte pas moins de cinq qui mettent en communication les deux versants.

Au sud, les. montagnes sont beaucoup plus élevées et moins accessibles. Les sommets atteignent plus de 1,400 mètres; les principaux sont le Mit^ iagsberg (1,331*), l'irb^r (1,453™), point culminant de la chaîne, situé entre la Regen blanche et la Regen noire, le Rachel (1,447"»), le Àwôany (1,358"), le Dreisesselstein (1,314"») où la frontière quitte la crête pour descendre vers le Danube. Les routes carrossables sont relativement rares et plus éloignées les unes des autres que dans la partie septentrionale.

La trouée de Furlhy entre Cham et Taus, est suivie par une des plus anciennes routes de TAllemagne, qui est aujourd'hui doublée d'un chemin de fer; c'est par cette voie qu'en 1809, après la bataille d'Eckmiihl, l'archiduc Charles gagna la Bohême.

Entre cette trouée et celle de Freistadt, quatre routes et un chemin de fer traversent la chaîne ; ce sont :

1° La route de Klattau à Deggendorf par Eisenstein, avec embranchement de Zwisel sur Passait; elle est doublée d'une voie ferrée qui réunit Deggendorf à Pîlsen ;

2° La route de Strakonîtz à Passau par Kuschwarda;

3° t«a route de Budweis à Ottensheim par Krummau et Aigen.

4<* La route de Budweis à Linz par Krummau.

Le Bayrischer-Wald recouvre toute la contrée comprise entre la Regen, le Danube et l'ilz; ses sommets ont de 1,000 à 1,200 mètres; il est très boisé et traversé par plusieurs chemins carrossables ; il est entièrement formé de terrains ignés et surtout de granit. Le Pfahl est un large fllon de quartz en forme de crête, qui traverse tout le pays sur la rive gauche de la Regen- Noire parallèlement à l'axe de soulèvement du Bôhmer-Wald sur une longueur de vingt lieues ; c'est un des phénomènes géologiques les plus curieux du Bayrischer-Wald. On applique souvent le nom de Bayrischer-Wald à toute la partie méridionale du Bôhmer-Wald qui appartient à la Bavière.

Campagnes de Tupenne à la flii de la g^uerre de trente ans.

■^ Un grand nombre de campagnes sont venues se dénouer sur le plateau souabe-franconien. Les premières, où nos armes aient paru dans ces

contrées, sont celles de la dernière période de la guerre de trente ans. Après la mort de Richelieu, les cabinets de Vienne et de Madrid espérèrent pouvoir ressaisir les provinces perdues et mirent sur pied de nouvelles troupes. Une armée espagnole réunie dans les Pays-Bas vint investir Rocroi; elle fut presque anéantie sous les murs de cette ville par le jeune duc d'Enghien (19 mai 1643). Les Pays-Bas semblaient devoir être le prix de cette belle victoire, mais Enghien fut rappelé en Lorraine par le soulèvement de ce pays. Il traversa le Luxembourg et prit Thionville (18 août 1643). Guébriant, qui avait été repoussé en Alsace, reprit roffensive, traversa la Forêt-Noire, mais fut tué sous RottweiL Rantzau qui le remplaça, se porta sur Tuttlingen où il franchit le Danube, mais il fut battu (5 décembre) et les débris de son armée repassèrent le Rhin. Turenne fut alors mis à la tête des troupes.

En 1644, Tarmée, après avoir hiverné en Alsace, passa le Rhin à Brisach et se porta aux sources du Danube; repoussé par Merci, Turenne dut reculer et ne put empêcher Freiburg de capituler. Enghien vint le renforcer et prit le commandement en chef. Merci, battu à Freiburg (3 août 1644), se retira épuisé dans le Wurtemberg. L'armée victorieuse prit encore Phi^ lippsbourg et toutes les places entre Rhin et Moselle.

L'année suivante, une armée française dut envahir la Bavière, pendant que Torstenson entrait en Bohême ; ce dernier battit les Impériaux à Tabor et se porta sur Brunn. Turenne, ayant franchi le Rhin et le Neckar, se porta sur laTauber; mais, surpris dans ses quartiers de rafraîchissement par Merci, il fut battu à Marienthal (5 mai 1645) et rejeté dans la plaine du Rhin. Enghien renforça l'armée, la concentra à Spire et se porta de nouveau sur la Tauber, puis il se dirigea au sud espérant surprendre les ponts du Danube; mais il trouva Merci en bataille à Nordlingen. Il le battit après une lutte acharnée (8 août 1645) ; mais, épuisé lui-même, il ne put continuer sa marche en avant et se replia sur PhiHppsbourg.

En 1646, une armée suédoise se porta en Silésie, une seconde entra dans la Hesse, où elle devait se joindre à une armée française. Turenne fut d'abord arrêté par la promesse que fit Télecteur de Bavière de retirer ses troupes de Tarmée des cercles, si les Français ne passaient pas le Rhin; ses efforts se portèrent en Flandre. Les Bavarois, au mépris de leur engagement, s' étant joints aux Impériaux, Turenne descendit la rive gauche du Rhin jusqu'à Wesel, passa le fleuve, rallia Wrangel, marcha droit au Danube avec 20,000 hommes et surprit les ponts du Donauwôrth. Il fit capituler Rain et assiégea Augsbourg. Forcé de lever le siège, il se retira sur la rive gauche du Lech ; puis, reprenant Toffensive au moment oii les Impériaux passaient cette rivière, il les battit complètement à Landsberg, L'hiver suspendit les hostilités.

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