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CHAPITRE III. - ALLEMAGNE DU SUD

En 1647, Mazarin, voulant faire des conquêtes en Belgique, avait traité avec rélecteur de Bavière et avait détaché plusieurs princes do la ligue; Turenne reçut Tordre d'envahir le Brabant, mais il fut arrêté par la révolte des Weyraariens qui refusèrent d'aller combattre dans les Pays-Bas. L'électeur de Bavière ayant de nouveau violé sa parole, rejeta les Suédois derrière le Weser, passa le Rhin et assiégea Worms.

Au commencement de 1648, Turenne fit d'abord lever le siège de Worms, puis il passa le Rhin, se joignit à Hanau avec Wrangel, franchit le Danube entre Ulm et Donauwôrth et battit complètement les Austro-Bavarois à Susmarshausen (17 mai 1648). Il envahit la Bavière et s'avança jusqu'à l'Inn; mais il ne put franchir cette rivière et se replia sur Munich. La paix de Westphalie vint mettre fin aux hostiUtés.

Guerre de la Succession d'Ëspag^ne. — Au début de la guerre de Succession, l'alliance de l'électeur de Cologne, de l'électeur de Bavière et du duc de Savoie donnait pour front d'opérations à nos armées le Rhin et les lignes de l'Inn et de l'Adige.

Dès 1702, Churchill enleva, en présence de Boufflers, les places de la basse Meuse et envahit le territoire de Cologne. En Allemagne, l'électeur de Bavière qui avait donné rendez-vous à Catinat aux sources du Danube, prit Ulm et Biberach, mais les Français avaient dû se repUer devant Louis de Bade et lui abandonner toute la basse Alsace. Quand les Impériaux furent rappelés sur la rive gauche du Rhin par les succès des Bavarois, Catinat n'osa pas les attaquer. Villars, qui le remplaça, déboucha d'Huningue et culbuta Louis de Bade à Friedlingen (14 octobre 1702); l'inaction de l'électeur, qui cherchait à se rapprocher de l'empereur, rendit cette belle victoire inutile.

Au commencement de 1703, l'électeur vainquit l'armée des cercles sur les deux rives du Danube, prit Ratisbonne et marcha au devant de Villars. Celui-ci déboucha d'Huningue, chassa Louis de Bade de la plaine du Rhin, prit Kehl , enferma l'armée ennemie dans le camp de Stollhoferiy la fit observer par Tallard, remonta la vallée de la Kinzig et se joignit à l'électeur de Bavière aux sources du Danube. Il voulait marcher sur Vienne, que menaçaient à cette époque les Hongrois révoltés, et terminer ainsi la guerre; malheureusement, il ne put s'entendre avec l'électeur. Un autre plan fut adopté et faillit amener des résultats tout aussi décisifs. Pendant que Villars, établi à Dillingen, entre Ulm et Donauwôrth, observait l'armée des cercles et le camp de StoUhofen, l'électeur envahit le Tyrol et s'empara d'Innsb'ruck au même moment oii Vendôme assiégeait Trente. La défection du duc de Savoie contraignit ce dernier à se rendre en Piémont et nous força à renoncer à une marche combinée sur Vienne. D'autre part, Louis de Bade, déjouant

la surveillance de Tallard, rallia Tarmée des cercles sur le Neckar et descendit sur le Danube. Tallard, au lieu de marcher à sa suite, s'empara de Brisach et voulut reprendre Landau, ce qui laissa à Tennemi la supériorité sur le Danube.

Heureusement Louis de Bade divisa ses forces; Tarmée des cercles, sous le comte de Styrum, resta en face de Villars, pendant que lui-même, passant le Danube en amont d'Ulm, pénétrait en Bavière et s'emparait d*Augsbourg, Villars et Télecteur réunis, sans se laisser intimider par cette démonstration, culbutèrent Tarmée des cercles à Hochstedt (20 septembre 1703) et la rejetèrent sur Nuremberg; puis ils retournèrent sur le Danube dans le but de couper la retraite à Louis de Bade, qui eut grand'peine à s'échapper en Franconie.

A la fin de cette même année 1703, Tallard couvrait le siège de Landau en gagnant la bataille de Spire (15 novembre) et forçait cette place à capituler. Ce furent là nos dernières victoires, les années suivantes ne devaient guère voir que nos défaites. Villars avait été remplacé par Marsin, tandis que les meilleurs généraux ennemis allaient prendre le commandement des armées d'Allemagne.

En 1704, Marlborough, parti de Maestricht, vint passer le Rhin à Coblenz, remonta le Neckar et rallia Louis de Bade près d'Ulm sur le Danube. Cette armée culbuta l'électeur à Schellembergf en avant de Donauwôrth (2 juillet); la Bavière fut saccagée et Louis de Bade mit le siège devant Ingolstadt,

Villeroi, qui avait suivi Marlborough, opéra sa jonction avec Tallard en Alsace ; il se chargea de bloquer le prince Eugène dans le camp de Stollhofen, pendant que Tallard, traversant le Val d'Enfer, se portait sur Augsbourg au secours de l'électeur. 60 à 70,000 Franco-Bavarois se trouvèrent réunis en Bavière ; ils ne surent pas empêcher Eugène, qui avait trompé Villeroi, de ralUer Marlborough sur la rive gauche du Danube. Tallard et Marsin se firent battre à Hochstedt (13 août) ; cette terrible défaite nous fit perdre toute l'Allemagne et nous refoula au delà du Rhin.

La Souabe et la Bavière furent encore plus tard le théâtre de nos luttes avec la maison d'Autriche pendant la guerre de la pragmatique sanction de 1741 à 1744, sous la République et sous l'Empire en 1796, 1800, 1805 et 1809.

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