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CHAPITRE III. — ALLEMAGNE BU SUB

taire, la vallée de ce grand fleuve se subdivise en trois bassins : 1^ le bas^ sin supérieur ou bavarois jusqu'à Passau; 2^ le bassin moyen ou hongrois, de Pressbourg au défilé d'Orsowa; Q^ le bassin inférieur ou roumain, qui a été longtemps le théâtre des luttes des peuples slaves contre les Ottomans. De Passau à Vienne, le Danube est resserré entre les dernières collines du soulèvement des Alpes sur la rive droite et les montagnes de Bohême sur la rive gauche, il suit un étroit défilé qui met en relation les deux premiers bassins et qui ne s'ouvre qu'à Vienne, objectif de plusieurs théâtres d'opérations.

Pour le moment, nous ne nous occuperons que du premier bassin.

Desopiption de la plaine bavaroise. — La plaine bavaroise est

limitée par les Grandes Alpes, le Jura allemand et le Bayrischer-Wald ; elle comprend en grande partie le premier bassin du Danube et, au point de vue politique, les parties méridionales des royaumes de Wurtemberg et de Bavière. Elle est inclinée du sud au nord et forme le glacis septentrional des Grandes Alpes du lac de Constance à la Salzach. Elle ne commence pas de suite au pied des montagnes; des hauteurs isolées, des restes d'anciennes moraines, des lacs recouvrent une bande d'une trentaine de kilomètres et constituent une région intermédiaire, très découpée. Au delà, on ne voit plus que de longues ondulations de terrain dirigées du nord au sud et s'étendant jusqu'au Danube.

Toute la plaine bavaroise depuis l'IUer jusqu'à l'Inn n'est qu'un immense cône de déjections très aplati, formé par les glaciers des Alpes et limité au nord par la grande courbe du Danube. Cette large plaine est couverte de débris provenant de la destruction lente des hautes montagnes : galets, sables, cailloux roulés, argiles; vers le nord, de nombreux blocs erratiques sont disposés en' alignements réguliers. La disposition en éventail des dos de pays qui séparent les affluents du Danube est due à l'inclinaison différente des coulées de glaces; entre ces longs plis de terrain, quelques cavités sont restées en dehors des* directions suivies par les boues et n'ont pas été comblées, ce sont les lacs actuels de la Haute-Bavière et les marais qui subsistent encore sur le bord des rivières.

Les affluents du Danube qui descendent des Alpes ont des régimes très irréguliers et sont tantôt fleuves, tantôt torrents; ils coulent au milieu d'un large Ut de galets que les crues rejettent loin des bords; les villages sont généralement situés sur les bourrelets latéraux, les grandes villes seules font exception ; souvent aussi les voies de communication ne sont pas tracées sur le bord même des cours d'eau, mais à une certaine distance sur les plateaux.

Les petites rivières c[ui naissent sur les plateaux et c^ui découpent la base

du cône, sont au contraire tranquilles; elles arrosent une région à pente peu sensible, où le sol est entièrement recouvert d'un lôss très fertile. Les centres de population se sont établis dans les vallées sur le tord de ces ruisseaux.

Par suite de la pente générale de la plaine vers le nord, le Danube a été rejeté vers sa rive septentrionale qu'il ronge. Cette plaine est aussi inclinée vers Test dans le sens du cours du fleuve ; par suite, les cours d'eau qui la traversent usent sans cesse leur rive droite, qui est partout dominante. Les marais, Moos ou Ried^ se trouvent sur la rive droite du Danube et sur la rive gaucbe de ses affluents bavarois.

A l'époque où Vienne était la capitale de l'empire d'Allemagne, le premier bassin du Danube avait une grande importance militaire et a été pendant près de deux siècles le théâtre de nos luttes- contre la maison d'Autriche. Aujourd'hui les conditions politiques de l'Europe centrale sont bien changées ; le centre de gravité de l'Allemagne s'est transporté du sud au nord ; Berlin est devenu le siège du gouvernement du nouvel empire et serait l'objectif des armées d'invasion. La plaine bavaroise. n'est donc plus un des grands échiquiers stratégiques de l'Europe actuelle, et l'étude des événements militaires qui s'y sont passés n'a d'intérêt qu'au point de vue historique. Dans le cas d'une lutte nouvelle entre la France et l'Allemagne, les lignes d'opérations principales passeraient au nord de la Bavière par la vallée du Main et par l'Allemagne centrale. En supposant même l'Autriche alliée de l'Allemagne, la Bavière ne serait que le théâtre d'opérations secondaires. La neutralité de la Suisse nous interdit du reste la grande porte méridionale du bassin du Danube plusieurs fois franchie pendant les guerres de la Révolution; mais, en dehors de cette considération décisive, nous n'aurions pas d'intérêt à opérer de ce côté pour remonter ensuite vers le nord en traversant toute l'Allemagne; les routes qui partent de la Lorraine et du Palatinat sont plus directes et moins difficiles.

D'autre part, si une guerre bien invraisemblable éclatait entre l'Allemagne et l'Autriche, elle ne viendrait certes pas se dénouer en Bavière.

Coups du Danube. — Le Danube (Donau) a ses sources dans la partie méridionale du Schwarzwald ; il est formé par la réunion à Donaueschingen de la Brigach et de la Breg ; il traverse les terrains jurassiques au fond d'une cluse étroite de Donaueschingen à Sigmaringen et arrose dans cette partie Tuttlingenj nœud de routes. Jusqu'à Ulm, ses berges sont assez marquées, surtout celles de la rive gauche; au-dessus de cette ville, il est traversé par plus de trente ponts. Au-dessous d'Ulm^ sa vallée s'élargit et on trouve des marais sur ses deux rives : le Donau-Hoos, au nord de Gûnzbourg^ et le Donau-Ried, au sud de Dillingen^ d'Hochstedt et de Donauwôrth.

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