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CHAPITRE II. - SUISSE

Pendant les guerres bourguignonnes et italiennes, le nombre des cantons s'était augmenté : en 1481 par l'admission de Soleure et de Fribourg, malgré l'opposition des petits cantons de paysans qui craignaient de se voir absorbés par la république aristocratique de l'union; en 1501 par l'admission de Bâle et de Schaffouse en reconnaissance des services rendus par ces deux villes libres dans la guerre de Souabe que les confédérés avaient encore eu à soutenir contre l'Autriche, guerre o\x l'empereur Maximilien fut partout battu et qui se termina en 1499 par la paix de Bâle ; enfin en 1513 par l'admission d'Appenzell, petit pays de montagnes qui avait conquis son indépendance sur les puissants abbés de Saint-Gall. La république des 13 cantons se trouva ainsi constituée et subsista sans grandes modifications jusqu'au commencement de ce siècle. Les seuls changements qui s'opérèrent pendant le seizième siècle furent quelques augmentations du teiTitoire des cantons aux dépens des seigneurs voisins, la conquête du pays de Yaud que Berne enleva aux ducs de Savoie en 1536 et qui devint sujet des messieurs deBerne^ enfin les sécularisations opérées par les cantons devenus protestants à l'époque de la réforme. Le changement de religion se fit sans effusion de sang, sauf dans les Grisons (massacres de 1620) ; les cantons de plaine embrassèrent pour la plupart la foi nouvelle, les autres restèrent catholiques ; Appenzell fut divisé en deux sous-cantons, les Rhodes intéiHeures catholiques et les Rhodes extérieures protestantes (1597). La guerre éclata bientôt entre les deux grands cantons protestants de Berne et de Zurich d'un côté et les cinq vieux cantons catholiques de Lucerne, d'Uri, de Schwyz, d'Unterwald et de Zug de l'autre, à propos de la rehgion à imposer aux pays vassaux ou sujets; la lutte se renouvela à trois reprises différentes 1531, 1656 et 1712; d'abord favorable aux cantons catholiques, elle se termina en dernier lieu par le triomphe des grands cantons protestants, ce qui assura leur supériorité.

Pendant cette période de trois siècles du seizième au dix-neuvième siècle oii les Suisses n'eurent pas à soutenir de guerre extérieure, ils fournirent des soldats mercenaires à plusieurs souverains de l'Europe. Les premières capitulations en règle signées avec les rois de France datent du règne de Henri II; mais déjà Louis XII et François I" avaient des piquiers suisses à leur solde.

La Suisse ne prit pas part à la guerre de Trente Ans et ne put même faire respecter son territoire, car la France, l'Autriche et l'Espagne se disputèrent longtemps la Valteline. Enfin le traité de Westphalie reconnut l'indépendance de la Suisse (1648) et maintint les Grisons dans la possession de la Valteline.

Pendant ces trois siècles de paix, la république des treize cantons avait pour alliés : 1** les villes libres de Bienne^ Saint-Gall^ Mulhouse et Genève^

2<* trois principautés seigneuriales ou ecclésiastiques, Vabbaye de Saint-Gally Vévêché de Baie pour la partie helvétique, le comté de Neuchdtel, 3° les républiques du Valais et des Grisoiis.

Durant le dix-huitième siècle, le pays fut sans cesse agité, plusieurs révoltes éclatèrent dans les pays sujets qui réclamaient leur indépendance, elles furent étouffées dans le sang. Après 1789, les idées nouvelles se propagèrent rapidement sur le sol de l'Helvétie ; les opprimés s'insurgèrent de nouveau contre les oppresseurs et nos armées qui pénétrèrent en Suisse en 1798 sous le prétexte de faire respecter les droits des habitants du pays de Vaud, firent tomber sans difficulté Tédifice ruiné de Tancienne république. La confédération des treize cantons qui n'était qu'une ligue d'Etats isolés fut alors dissoute et remplacée par une république une et indivisible, sous un gouvernement central résidant d'abord à Aarau, puis à Berne; après divers essais de constitution et de longues luttes intestines, la Suisse reçut de Bonaparte Vacte de médiation du 19 février 1803, qui lui servit de constitution pendant toute la durée de l'Empire ; le nombre des cantons était porté à 19 par l'adjonction des cantons d'Argovie, de Turgovie, de Vaud, du Tessin, de Saint-Gall et des Grisons.

En 1815, on réunit encore le Valais, Neuchâtel et Genève, ce qui porta le nombre des cantons à 22 ; de plus le pays de Porrentruy qui, avant la révolution française, était la partie d'empire des possessions de l'évêque de Bâle, fut donné au canton de Berne. Enfin une diète réunie à Zurich donna au pays une nouvelle constitution connue sous le nom de pacte fédéral (7 août 1815).

Cette constitution qui ne créait encore qu'une fédération d'États indépendants, fut modifiée au profit du gouvernement central en 1848, à la suite de la guerre du Sunderbund et du mouvement révolutionnaire qui se produisit en Europe à cette époque ; la guerre civile du Sunderbund, à la fin de 1847, fut un essai de résistance aux décisions de la diète tenté par les 7 cantons cathoHques, qui voulaient former une ligue à part et qui furent battus.

Enfin, la mobilisation de l'armée suisse en 1870 et d'autres événements ayant montré que la loi faisait encore une trop large part aux droits des cantons, on résolut de réviser la constitution dans le but d'avoir une plus grande centralisation et de fortifier le lien fédéral. Un premier projet de constitution fut rejeté par le peuple le 12 mai 1872; remanié et amendé, il fut définitivement admis le 19 avril 1874. C'est lui qui régit aujourd'hui la Suisse.

Constitution politique de la Suisse. — La Suisse forme une République fédérative où plusieurs peuples de langage, de religion et de nationalité différentes, vivent en bon accord.

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