CHAPITRE II. — SUISSE
c) — Celui du Kinzig-Pass, qui met le Muotta Thaï en relation avec le Schâchen Thaï et avec Altorf.
Au nord de Schwyz et d^Einsiedelny les routes sont nombreuses.
Ces montagnes se prolongent entre les lacs de Zug et de Zurich par la chaîne de TAlbis qui, avec la petite rivière de la Sihl, constitue une bonne ligne de défense contre les invasions autrichiennes ; elle fut occupée par Masséna pendant tout Tété de 1799, après qu'il eut été forcé d'abandonner le Zurichberg.
6"" — Les Alpes de Saint-Gall et d'Appenzell, ou Alpes de la Thûr,
s'étendent au nord du Wallon Sée, entre la Linth, le Rhin et le lac de Constance.
Les principaux sommets sont les Churfirsten (2,303°*), dont les sept pics dénudés dominent le lac de Wallenstadt, et le Sentis (2,504™) ; ces deux massifs sont séparés par la profonde dépression de Wildhaus (1,095™). Au nord, vers le lac de Constance, les sommets n'ont plus que 1,000 ou 1,200 mètres.
Une route remonte la vallée de la Thiir et conduit par Wildhaus, dans la vallée du Rhin (1,095 mètres au col).
Au nord du Sentis, les routes sont plus nombreuses : deux routes, venant d'Appenzell par le col Am-Stoss (980"), et de Saint-Gall par le Ruppen (990"), se réunissent à Altstetcen dans la vallée du Rhin; deux autres conduisent de Saint-Gall kAuei k Rheineck sur le Rhin; une dernière, doublée d'un chemin de fer, suit le bord du Boden Sée ou lac de Constance.
Alpes subordonnées du Sud. — Dans la partie ouest, les Grandes Alpes s'élèvent immédiatement au-dessus de la plaine du Pô , les chaînes parallèles, c'est-à-dire les Alpes subordonnées du sud, ne commencent qu'à Test du lac Majeur et des Alpes du Tessin. Du reste, au sud, les chaînes subordonnées sont beaucoup moins bien dessinées qu'au nord ; il existe bien des massifs isolés, bien des crêtes dont la direction diffère de celle du soulèvement des Grandes Alpes.
Au sud des Alpes suisses s'élèvent les deux massifs suivants :
±0 — Les Alpes de Lugano, qui sont comprises en les lacs Majeur et de Corne, au sud du lac de Lugano, et dont l'altitude ne dépasse pas 1,695 mètres au point le plus élevé, au Monte Gene^^oso, au-dessus de Mendrisio. Elles sont Hmitées au nord à la dépression qui existe entre Luino sur le lac Majeur et Menaggio sur le lac de Côme; cette dépression est suivie par une route qui, partant de Luino, suit la Trésa, déversoir du lac de Lugano, arrive à LuganOy est interrompue et remplacée par le lac jusqu'à Porlezza, et reprend ensuite jusqu'à Menaggio.
A ces montagnes on peut rattacher le Monle San-Primo (1,596") et le Monte Palanzolo (1,434), compris entre les deux branches méridionales du lac de Côme et dominant la riche plaine de la Brianza, Tun des jardins de la haute Italie.
^o — i^QQ Alpes du Bergamesque ou de la Valteline, qui sont limitées au nord par la Valteline, à Touest par le lac de Côme, et à Test par le cours de rOglio. Elles forment une chaine continue dont l'altitude moyenne atteint 2,500 mètres et même 3,041 mètres au Monte Redorta. Elles détachent vers le sud de longs contreforts qui séparent le Val Brembana (Brembo), le Val Sériana (Sério), et le Val Camonica (Oglio).
Deux routes les traversent du nord au sud :
a) — Celle qui relie Marbegno dans la Valteline à Piazza dans le Val Brembana par la passe de Marbegno ou de San-Harco (1,828"").
b) — Celle qui relie Ponte et Tirano dans la Valteline à Edolo dans le Val Camonica par le col d'Aprica (1,234"^). Cette route conduit ensuite, soit par le Val Camonica à Bergame^ soit par le col du Tonale et le Val di Sole à Trente, où elle rejoint la grande voie de communication de la vallée de l'Adige.
Par le col de Stelvio ou Stifser-Joch (2,797"^), passe une route qui joint Bormio dans la haute Valteline à Prad dans le Vintschgau (haute Adige); c'est la plus haute route des Alpes; elle a été créée par TAulriche dans un intérêt stratégique, alors que la Lombardie lui appartenait; elle devait permettre aux armées autrichiennes de pénétrer au centre du bassin du Pô en tournant les lignes de l'Adige et du Mincio, et sans emprunter le territoire suisse.
Plateau suisse. — Pour terminer l'étude du relief du sol, il nous reste à parler du plateau suisse et du Jura.
Le plateau suisse occupe toute la région située au nord d'une ligne idéale passant par Lausanne, Fribourg, Berne, Zurich et Saint-Gall. C'est la partie la plus peuplée et la plus riche de la Suisse, celle où les routes sont les plus nombreuses et les plus faciles. Ce plateau se termine sur le lac de Genève par le mont Jorat (928"), qui ne domine le lac que de 440 mètres à ses points les plus élevés et qui ne forme pas un obstacle sérieux. Le la;^ est à 375 mètres au-dessus du niveau de la mer et a de grandes profondeurs, comme tous les lacs de montagnes. ^
La dépression continue et si remarquable qui longe le pied des pentes* des terrains jurassiques de Genève à Schaffouse et à Constance, était remplie par les eaux et formait une mer intérieure à l'époque qui suivit le soulèvement des Alpes. Le lac s'est vidé et son fond forme aujourd'hui la plaine suisse.