CHAPITRE III. — DÉFENSE DE LA SUISSE
fond de gorges prôfondei, surtout vers Lovagny; plud bas sa vslléd est un* verte, elle se resserre dans le Val de Fier avant de se dotifôndrô avec cellô du Rhône; en somme, c'est une ligne asse2 faible.
2<» Celle du Rhône et des Vsses, qui a les mêmes points d'appui que Ift pré* cédentô, mais qui est encore plus mauvaise.
3« Celle de VArr)e, qui s'étend du lac de Genève au mont Blanc, et en arrière de laquelle se trouve le massif si découpé des Dranses,
Si l'armée fédérale a évacué la Savoie ou n'a pas pu l'occuper, il lui faut du moins surveiller les sentiers et chemins qui traversent la chaîne frontière du mont Blanc au lac de Genôve, et défendre leurs débouchés sur le haut Rhône. Rappelons que trois de ces chemins Sont praticables aux voitures : celui des Moiitets et de la Forelaz entre Chamounix et Martigny, celui du col de Morgtn entre Abondance et Monthey, enfin la grande route qui longe la rive du lac et qui passe au défilé de Meillerie et à SainUOingolph, La position de flalttt-MàuriCè, qui ferme le Valais et ofi se trouvent des travaux de fortifications, est située entre Martigny et Monthey, c'est-à-dire entre les débouchés des deux premiers chemins; elle aurait donc un rôle important à jouer en cas d'attaque sur celte frontière. De la position de Pierre à Voir, au-dessus de Martigny, les Sui.^ses pourraient enfiler le débouché de la route de la Porcla* et celui du col de Balme. Une fois maître de Saint-Maurice et dé la vallée du Rhône entre Martigny et le lac de Genève, le corps français, pour pénétrer sur le plateau suisse, devrait suivre soit la route qui lôiige la rive hord du lac par Montreux et Vevêyy soit celle d'Aigle à Château^ d'Oéx; dàiiS les deilx cas il aurait â vaincre de grandes difficultés et rencontrerait les Suisses établis dans de fortes positions. La rôute qui remonté le Rhône et tràvêrBé lotit le Valais h'a de débouché sur le plateau suisse qtie par le Saiilt-Gothard et la vallée de la Reuss.
Le Juf a peut être partagé en 8 sections, correspondant à 8 lignes d'opérations difTéretites.
Là 1** Sectiôfl s'étend du Hhôné au col de SahU-Cergues ; elle est avantageuse à roffeusive vôtiant de France. La crête du Jura, députa le fort de rÉciUÉe jusqu'aux Bousaes, hôus appartient et dominé toutes les routes qui passent entre la montagne et le lac. Les roulés de la vallée du Rhône, de la Faucille et du col de Saint^Cergues suffisent pour assurer un prompt et facile passage à nos colotities, et nous prômetlent, dès le début d^une guerre, d'isoler OëûêVÔ, pbint stratégique important, qui, s'il était fortifié, interdirait l'entrée du plateau suisse de ce côté, et même du Valais, Ôar la place peut servir d'appui â des troupes mobiles occupant les massifs des Drànsês et des Bornes.
La mise ëri état dé défense de Genève serait un travail considérable à cause du grand périmètre qué là configuration du Sol obligerait d*ocbupéP.
Genève entre les mains de nos ennemis, serait le point de départ d'opérations offensives sur Lyon.
La 2* section s'étend de la route de Lausanne à Pontarlier iusqn'k celle de Bienne à Porrentruy. La Suisse est de ce côté à Tabri de toute attaque. Les routes ont en effet à traverser des défilés d'une défense facile et viennent déboucher en face des lacs de Neuchatel et de Bienne et des marais de la Thiele et de Morat^ obstacles insurmontables. L'armée suisse peut occuper trois positions successives : l"* celle des hauts plateaux immédiatement en arrière de la frontière; elle comprend la combe de la Brevine, le plateau des Franches Montagnes et les têtes des hautes vallée^; 2^ les nombreuses positions d'arrêt qu'on rencontre dans les cluses du val Travers^ du val de Ruz et du val Saint-Imier ; 3® la ligne des lacs et des marais de la Thiele,
La 3* section, de Porrentruy à t embouchure de VAar^ fait plutôt face à l'Allemagne qu'à la France; mais, comme on peut supposer que nous n'aurons à attaquer la Suisse que pendant une campagne contre l'Allemagne, il est naturel de rattacher cette étude à celle de la frontière de France. Cette partie du Jura est traversée par un grand nombre de voies de communication. Jusqu'au Hauenstein, les routes ont à franchir des cluses et des défilés très longs; elles sont isolées les unes des autres; elles n'offrent donc aucun avantage à l'assaillant. Au nord du col de Slaffelegg, au contraire, le pays est très accessible et il existe quatre routes très faciles, reliées par de nombreux chemins transversaux. C'est la direction marquée d'avance à l'invasion de ce côté. Il faudrait cependant couvrir avec soin le flanc droit de l'armée en occupant les routes et les défilés au sud-ouest, de manière à ne pas être pris en flanc par une attaque de l'ennemi.
La grande ville de Bâle, située au nord du Jura, serait pour les armées françaises un premier objectif fort important qui, n'étant pas fortifié et se trouvant dans une plaine unie, ne serait pas susceptible d'une bien longue résistance. Cette grande ville fournirait ensuite à l'assaillant un excellent point d'appui pour ses opérations ultérieures et un point de passage sur le Rhin, donnant entrée sur la rive badoise. Il est vrai qu'étant complètement entourée par le territoire de Bade et de l'Alsace, elle aurait sans doute été occupée à temps et retranchée par les Allemands.
La Suisse ne possède pas de points fortifiés dans le Jura, mais dans ces derniers temps on a proposé de créer des forts pour la protection de cette frontière, car on semble croire qu'en cas de nouvelle guerre contre l'Allemagne, la France aurait un grand intérêt à violer la neutralité helvétique. Le Jura franchi, les armées françaises trouveraient encore deux lignes de défense à enlever, celle de ÏAar et celle de la Limmat,
La ligne de l'Aar comprend deux portions distinctes dont le point de séparation est le coude que forme cette rivière près S'Aarberg,