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CHAPITRE IV. — LA BELGIQUE

f^arde civique est destinée à maintenir l'ordre dans les villes; en cas de guerre elle remplace la milice dans les garnisons et rend disponible les bataillons non actifs pour former la 5^ division de Tarmée active et la garnison d'Anvers. La garde civique active a un effectif de 30,000 hommes, et la garde civique non active pourrait réunir 90,000 hommes.

U école militaire belge sert au recrutement des officiers de Tarmée; les officiers dos armes spéciales y font i ans d'étude dont deux années d'application comme sous-lieutenants; les officiers d'infanterie et de cavalerie n'y restent que 2 ans. Une école de guerre créée en 1869 sert au recrutement de rétat-major. Ces écoles ont été installées dans l'ancienne abbaye de la Cambre, aux portes de Bruxelles. Enfin, il y a un camp d'instruction pour les troupes à Beverloo, au milieu des sables de la Campine.

Système défensif actuel de la Belf^lqne. — Après 1815, on releva les remparts d'un grand nombre de places des Pays-Bas sur la frontière française; en 1830, le nouveau royaume de Belgique fut déclaré neutre sous la garantie des grandes puissances de l'Europe; on n'entretint plus alors les fortifications des places dont le nombre du reste n'était pas en rapport avec l'effectif de l'armée belge. A la suite des premières guerres du second empire, les Belges se croyant menacés d'une invasion et craignant même de voir revendiquer leur territoire, songèrent à se créer un système de défense.

L'organisation défensive fut établie d'après les vues d'un éminent ingénieur militaire belge, le colonel du génie Brialmont. Les anciennes places de Namur, Philippeville, Ath, Charleroi, Mons, Tournai, Menin, Ypres, Nieuport, Ostende, furent rasées en 1859, la citadelle de Gand conservée à cette époque fut aussi démolie en 1870. Les seuls ouvrages conservés sont sur l'Escaut la petite place de Termonde ou Dendermonde; sur la Meuse la citadelle de Namur et les deux forts de Liège; sur la Demer Diest qui n'a été achevée qu'en 1838.

Dans le nouveau plan de défense, on résolut de donner à l'armée un réduit et un refuge où elle put en cas d'invasion arrêter longtemps lennemi et attendre l'intervention des grandes puissances garantes de sa neutralité • du reste tout a été sacrifié à la volonté d'assurer un point de débarquement à des troupes de secours fournies par une grande puissance maritime ; la puissance visée est évidemment l'Angleterre, car on sait que la neutralité et l'indépendance de la Belgique n'ont pas de plus ferme défenseur que la Grande-Bretagne. Ce sont ces considérations qui ont conduit à choisir comme réduit Anvers et non Bruxelles, bien que cette dernière ville soit la capitale et la résidence du gouvernement du pays. Bruxelles est en plaine et ne s'appuie à aucun obstacle naturel, ses fortifications eussent

exigé des dépenses plus considérables que celles d'Anvers, la ville oui pu être plus facilement investie et attaquée do tous côtés. Anvers est sur TEs** caut en un point où ce fleuve est fort large, c'est une grande ville do commerce et de plus elle pourrait tirer d'abondantes ressources en vivres des riches pays qui Tavoisinent. En avant d'Anvers se trouvent des obstacles naturels formés par la Dyle et la Nèthe, qui pourraient servir d'appui à l'armée belge et lui permettre de déboucher facilement do cette vaste position pour agir au besoin sur la Meuse vers Liège et Namur, c'est-à-dire dans la contrée où aurait lieu sans doute le choc des armées allemandes et françaises ayant violé la neutralité belge.

Il faut noter que ce système de défense hvre à l'ennemi presque tout le royaume qui serait occupé sans résistance et mis à contribution ; de plus en présence de la rapidité de mobilisation des armées des puissances voisines, il est à craindre que la concentration de l'armée belge ne soit gênée et que les troupes ne puissent se réfugier au complet dans leur réduit.

Les fortifications d'Anvers ont été surtout élevées contre la France, mais elles pourraient tout aussi bien servir contre l'Allemagne dont la Belgique doit redouter les prétentions à reconstituer l'empire de Charlemagne,

Napoléon voulait faire d'Anvers un grand port de guerre sur la mer du Nord ; l'avantage de sa position prédestinait cette ville à devenir l'un des plus grands ports du monde. Après avoir atteint un haut degré de prospérité au seizième siècle, elle se vit fermer le chemin des richesses, c'est-à-dire la mer, car les passes de l'Escaut étaient entre les mains des Hollandais et un article du traité de Munster les interdisait à la navigation ; c'est Amsterdam qui hérita de son commerce ; cet état de choses dura du dix-septième au dix-neuvième siècle. Dans ces trente dernières années, le commerce d'Anvers a repris un très grand développement, et aujourd'hui, cette ville est l'un des plus grands ports de l'Europe, le troisième du continent pour le tonnage; Hambourg et Marseille le dépassent seuls à ce point de vue. La ville renferme une population de 178,000 habitants, elle possède plusieurs bassins à flot où les wagons viennent charger les marchandises sur les quais, l'Escaut lui-même lui sert de port et l'activité y est très grande. La profondeur des passes est de 10 mètres ; le mouvement du port y est annuellement de plus de cinq millions de tonnes ; la valeur des échanges, importations et exportations, y est de près de deux milliards.

Les fortifications d'Anvers, commencées vers 1861, ont été conçues d'après les idées nouvelles et sont certainement dans leur ensemble un dos types les mieux réussis de la fortification moderne. Une enceinte continue entoure la ville et ses faubourgs, elle a une longueur de 11,500 mètres, elle s'appuie au sud contre l'Escaut et vient se relier à l'autre extrémité à la ï^ouvolle citadelle, dite citadelle du Nord; elle est couverte au nord par des

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