CHAPITRE IV. — LA BELGIQUE. Il
inonda lions produites par les deux Schyn. Vers le sud, le terrain se relève et la protection des eaux n'existe plus; on a construit à une distance de 8 à 4 kilomètres de Tenceinte huit forts ne laissant entre eux que des inter-< valles de 1,200 mètres environ. Au nord et en avant des terrains inondés, s'élève le fort de Merxen, qui relie les précédents à la citadelle du Nord et aux défenses de TEscaut inférieur. On a le projet de construire un nouveau fort en avant de Scliooten pour combler Tintervalle de 6 kilomètres qui existe entre le fort n^* 1 et le fort de Merxen, en tous cas ce village serait fortement occupé en cas de guerre.
En arrière de la ligne des forts on doit construire un chemin de fer de ceinture, relié lui-même à la ville par trois voies ferrées.
Sur la rive gauche de l'Escaut, les terrains situés en face de la ville ont un niveau très bas et peuvent être inondés; jusqu'à ces derniers temps on s'était contenté sur cette rive d'une petite tête de pont formée par le fort de la Tête de FlandrCy le fort Isabelle et le fort de Burgk, mais la crainte de voir la ville et le port bombardés par des batteries établies de ce côté ou par des chaloupes canonnières amenées sur ce point grâce à la profondeur de l'inondation a fait juger ces ouvrages insuffisants et on en a construit de nouveaux en avant. Au sud, le terrain se relève rapidement entre les villages de Burgh et de Melsele ; en avant de ces localités on a construit les deux forts de Gruybeke et de Zivyndrecht qui couvrent tout le terrain non inondé. Ce dernier fort est relié par une digue défensive à redans au fort Sainte-'Marie qui touche à l'Escaut et qui sert d'appui de droite à la ligne. Cette digue limite l'inondation et par suite laisse intacts de vastes polders qui serviront à parquer le bétail et à fournir des denrées pour les troupes et pour les habitants ; de plus elle éloigne les chaloupes canonnières et ont sait que, lors du siège de l'ancienne citadelle en 1832, les batteries flottantes des Hollandais gênèrent beaucoup les travaux d'approche. Toutes ces inondations aux alentours d'Anvers sont produites par l'eau de mer et ne doivent être tendues qu'à la dernière extrémité, car en 1832 le pays inondé sur la rive gauche de l'Escaut est resté inculte pendant trois années entières.
Les passes de l'Escaut qui conduisent au port d'Anvers étaient précédemment défendues en deux points : d'abord par les forts Lille et Liefkenshock, puis un peu plus en amont par les forts Saint-Philippe et Sainte-Marie. Ces ouvrages n'étaient pas en état de lutter contre les vaisseaux cuirassés et à vapeur; on a abandonné les deux premiers et complètement transformé les deux derniers. Le coude que l'Escaut forme à hauteur de Calloo est aujourd'hui défendu par les forts de la Perle et Sainte-Marie sur la rive gauche, et par le fort Saint-Philippe sur la rive droite. La Perle et Saint-Philippe ont été munis de coupoles et croisent leurs feux, En temps de guerre, on con-
struira une batterie basse entre Sainte -Marie et la Perle et on barrera lo fleuve entre Sainte-Marie et Saint-Philippe. En amont on établira une estacade à hauteur du fort de Gruybeke.
On évalue à 40,000 ou 45,000 hommes les troupes nécessaires à la défense d'Anvers; en outre de cette garnison, la Belgique aura une armée mobile de 60,000 hommes, qui, elle aussi, viendra s'appuyer aux fortifications d'Anvers, du moins tant que l'horizon politique ou stratégique ne se sera pas éclairci; en effet, le principe d'une défense active sur la Meuse ou sur la Sambre au début des hostilités est énergiquement combattu par les écrivains militaires belges.
Au sud d'Anvers, à 15 kilomètres en avant des forts, existe un terrain qu'il serait facile d'organiser défensivement en peu de temps au moyen de la fortification passagère ; cet obstacle est formé par V Escaut de Gand à Dendermonde et à Rupelmonde, par le Rupel^ la Dyle inférieure et la Nèthe, petites rivières dont les rives peuvent être inondées et qui ne présenteraient alors que peu de points de passage; la ligne ainsi formée, appuyée aux villes de Termonde, de Malines et de Lierre^ servirait d'appui à l'armée belge opérant sa concentration sur Anvers, retarderait l'investissement de cette place, donnerait le temps de ia mettre en parfait état de défense et fournirait aux jeunes troupes l'occasion de tâter l'ennemi sans rien compromettre.
Termonde située au confluent de l'Escaut et de la Dender, possède des fortifications qui consistent : i^ en une enceinte continue sur la rive droite de l'Escaut avec une lunette en avant de la station du chemin de fer; 2° en une petite tête de pont tenaillée sur la rive gauche; en avant de ces ouvrages on peut tendre des inondations ; celle place a une assez grande importance, elle n'est qu'à une journée de marche d'Anvers, couvre un des, derniers ponts de l'Escaut inférieur et barre plusieurs voies ferrées; ses fortifications ne sont pas assez étendues pour lui permettre de fournir un bon débouché à l'armée belge basée sur Anvers.
Rupelmonde n'est pas fortifié bien que le gouvernement ait déclaré qu'il était nécessaire d'y construire une citadelle du prix de 3,500,000 francs.
Lierre, au confluent des deux Nèthes et à 8 kilomètres seulement des ouvrages extérieurs d'Anvers, n'avait jusqu'à présent que de vieux ouvrages de fortifications en partie rasés ; la Chambre des représentants belges a voté en 1878 un crédit de 3 millions pour la construction de deux forts permanents en avant de Lierre et de Waelhem sur la rive gauche de la Nèthe; les travaux doivent être maintenant fort avancés.
Malines est une ville entièrement ouverte; elle renferme de grandes ressources en matériaux de tous genres, bois, bateaux, vivres; elle serait utilisée par l'ennemi comme base de ses opérations contre Anvers; elle est