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CHAPITRE IV. — LA BELGIQUE

située en saillie sur la ligne Nèthe-Rupel; si elle était convenablement fortifiée, elle empêcherait Tennemi d'attaquer les têtes de pont établies au dernier moment sur le Rupel à Boom et Dufjel et faciliterait un retour offensif de l'armée belge; la commission de défense do 1852 jugeait déjà nécessaire de fortifier Matines au moment d'une guerre par des travaux de fortification passagère, mais depuis plusieurs années un mouvement d'opinion s'est formé, qui demande que ces travaux soient exécutés dès le temps de paix.

La petite place de Diest forme une double tête de pont sur la Demer, elle a une enceinte en bon état et quelques ouvrages extérieurs; elle a été créée contre la Hollande, mais elle peut aussi servir à protéger une retraite de la vallée de la Meuse sur Anvers ; elle barre la voie Maestricht-Anvers.

La ligne de la Meuse qui serait le premier obstacle opposé à une invasion allemande a ses principaux points de passage gardés par des forts d'arrêt ou par d'anciens ouvrages : 1** la citadelle de Namur est située au sud de la ville au sommet de la pointe qui domine le confluent de la Sambre et de la Meuse; 2® Huy possède des ouvrages en assez bon état quoique déclassés, on pourrait les utiliser et les réarmer; S^ les forts de Liège comprennent la d^ac?^i/e située sur la rive gauche et à 112 mètnes au-dessus de la Meuse et le fort de la Chartreuse sur la rive droite et à 105 mètres au-dessus du fleuve.

Liège est un point stratégique fort important où viennent se réunir de nombreuses voies ferrées et où passent les communications les plus courtes et les plus directes de Cologne à Paris. Cette ville serait le premier objectif d'une armée allemande violant la neutralité de la Belgique. Or, cette neutrahté court de grands dangers, car beaucoup d'officiers pensent que la nécessité d'une prompte concentration des troupes allemandes sur la frontière française, en cas d'une guerre nouvelle, amènerait forcément l'armée allemande du nord à traverser la partie méridionale de la Belgique et à utiliser les chemins de fer belges. Ces derniers la mèneraient soit à la trouée (le l'Oise, soit vers Luxembourg-Trêves, c'est-à-dire à l'aile droite du front stratégique de l'armée attaquant notre frontière de l'est. Il est donc fâcheux que Liège ne soit pas suffisamment fortifié; les deux forts qui dominent la ville n'ont plus aujourd'hui grande valeur et ne pourraient pas résister bien longtemps à une violente attaque de l'artillerie allemande.

Du côté de la France, la Belgique est bien couverte à l'est par les plateaux arides de l'Ardenne et par la ligne de la Semoy qui est parallèle à la frontière; cette rivière est très encaissée et les abords en sont difficiles. A l'ouest de la Meuse, il n'y a plus aucun obstacle où puisse s'appuyer une armée défensive.

En 1870, l'armée belge fut mobiUsée pour remplir l'obligation que lui ont imposée les conférences de Londres de faire respecter son territoire et de

le garder. Les forces militaires dont disposait la Belgique furent réparties en deux armées : Tarmée d'Anvers et Tarmée d'observation forte de 60,000 hommes et comprenant deux corps. Celte dernière prit d'abord position au commencement d'août, sur le plateau qui forme la ligne de partage des eaux de l'Escaut et de la Meuse, prête à se porter à l'est ou au sud suivant que l'une ou l'autre frontière serait menacée. Vers le 22 août, elle se «porta en avant et vint prendre position à cheval sur la Meuse : le i*' corps le long de la Semoy, ses avant-postes sur la rive gauche et le gros des troupes sur la rive droite ; le 2* corps en face de la trouée de Chimay, avec son quartier général à Philippeville ; la réserve de cavalerie et d'artillerie en arrière du centre vers Dinant. Plus tard, la surveillance s'étendit vers Tournai et vers Cour Irai.

La côte basse de la Belgique sur la mer du Nord n'est pas facilement abordable; on n'y trouve qu'un bon port, celui d'Ostende, ville de commerce et surtout de plaisance; l'entrée en est défendue par une batterie.

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