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•76 LIVRE 1er. «. PETITS ÉTATS DU CENTRE DE L'EUROPE.

sur la côte, on trouve des digues naturelles qui ne sont autres que des dunes, elles ont une hauteur de 10 à 20 mètres et atteignent mémo 50 mètres vers Haarlcm; leur épaisseur varie de 100 à 4,000 mètres. Il en existe : 1° sur toute la côte occidentale, à Texception d'une zone vers West kape lie dans Tilc. de Walcheren, et d'un autre endroit qui s'étend de Kamp à Petten dans la péninsule de Nord-Holland ; 2° le long des côtes septentrionales des îles qui séparent le Zuiderzée de la mer du Nord. Partout autre part on a dû construire des digues qui ont de 3 à 7 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer et dont l'épaisseur peut aller à plus de 100 mètres. Ce n'est pas seulement contre la fureur des vagues que les Hollandais ont dû se protéger ; il leur a fallu aussi endiguer tous les cours d'eau qui traversent le pays, car lors des crues, ou même chaque jour lors du reflux de la mer, leurs terres se seraient trouvées inondées. Ce n'est qu'en entretenant avec le plus grand soin toutes ces digues qu'ils parviennent à se préserver des terribles catas^ trophes auxquelles ils sont exposés.

A une certaine époque, les côtes de là mer du Nord, depuis la péninsule cimbrique jusqu'aux bouches de l'Escaut, semblent avoir subi un abaissement qui amena à plusieurs reprises l'envahissement de la mer. L'histoire nous apprend en effet que, du neuvième siècle jusqu'à nos jours, il y eut un très grand nombre d'irruptions désastreuses. En 879, les flots de la mer du Nord envahirent toutes les régions basses de la Frise et engloutirent nombre de villages et d'habitants. Le i^ novembre 1170, les vagues percèrent le cordon de terre qui séparait le lac Fleva de la mer du Nord et créèrent le Zuiderzée; l'œuvre de destruction s'acheva les années suivantes. Les 35 grandes inondations du treizième siècle engloutirent des centaines de mille d'individus et creusèrent le golfe de Dollart et le Lauwerzèe dans la Frise occidentale. En 1377, toute la Zélande fut mise sous l'eau. La marée du 19 novembre 1421, encore désignée sous le nom de « marée de Sainte-Elisabeth, » transforma des champs cultivés et un pays peuplé en une série d'îles marécageuses au milieu de la mer du Biesbosch ou de la « forêt de joncs. » Du quinzième au dix-huitième siècle, d'effroyables inondations enlevèrent plusieurs villages et remplirent de riches polders; en 1825, l'eau recouvrit toute la partie méridionale de la péninsule de Hollande d'Amsterdam à Alkmaar, la Frise et TOverijssel. Enfin, en 1855, le Rhin franchit ses digues et couvrit une partie des provinces d'Utrecht et du Brabant septentrional.

On a calculé que les terrains engloutis sur le territoire hollandais depuis le commencement du treizième siècle jusqu'au commencement du dix-neuvième auraient une surface de 6,050 kilomètres carrés. Le génie patient des Hollandais a su reconquérir une grande partie de ces terres sur la mer: les premières digues de défense datent, dit-on, du neuvième siècle, mais ce

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