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Cousultcr la carte

^8 LIVRE ICI'. PEtltS ÉTATS DU CENTRE i)E L'EUROPE.

gigantesques. C'est ainsi qu'en 1841 on entreprit d'épuiser Fancienne mer de Haarlem, dont la superficie augmentait chaque année, qui menaçait de submerger Amsterdam et qui s'était plusieurs fois réunie au Zuiderzée ; sa superficie était de 180 kilomètres carrés, le travail d'épuisement fut mené à bonne fin en 39 mois. Aujourd'hui on veut réaliser une entreprise plus vaste encore, l'assèchement du Zuiderzée, ou du moins de la partie sud de cette . mer intérieure ; la digue de fermeture aura une longueur de 41 kilomètres, elle s'appuiera sur les bancs cCEnkhuizen et sur Vîle d'Urky elle viendra aboutir un peu au sud de l'embouchure de l'Ijssel. La profondeur de la partie du Zuiderzée à conquérir est au plus de 4 mètres, le fond, formé d'argile et de sable, se prêtera à la culture, la superficie des terrains desséchés sera de près de 2,000 kilomètres carrés, on évalue la dépense nécessaire à 400 millions. On ne reporte pas la digue de fermeture plus au nord dans un endroit plus étroit, entre Enkhuisen et Stavoren, parce que la profondeur est trop grande, parce que le fond est sablonneux et par suite peu cultivable, enfin parce qu'il serait fort difficile de se débarrasser des eaux de l'Ijssel. Au nord, les îles d^Ameland et de Terschelling sont déjà réunies entre elles et au continent par des digues ; on peut prévoir qu'un jour, grâce à la patience des Hollandais et des Frisons, l'ancien rivage, du Texel aux bouches du Weser et de l'Elbe, sera reconstitué. Les terres des polders sont généralement très fertiles et produisent sans engrais pendant de longues années ; leui' valeur compense donc les frais considérables qu'exigent les travaux d'assèchement.

Les provinces du nord de la Hollande qui appartiennent à la Frise occi^ dentale sont marécageuses et couvertes de tourbières; ces dernières sont desséchées peu à peu et rendues à la culture. Autrefois, les Frisons enflammaient ces immenses masses de tourbes pour faire produire aux cendres quelques maigres moissons; la fumée produite par ces incendies était si intense qu'on l'a vue traverser toute l'Europe et se répandre jusqu'en Pologne et même en Hongrie. Aujourd'hui on a adopté des procédés d'assèchement moins primitifs et, grâce à la ténacité des habitants, les cultures s'étendent d'année en année.

Au sud, dans les provinces de Limbourg et de Nord-Brabant, les marais de Peel font suite aux landes de la Campine; là aussi, on a entrepris des dessèchements, et la culture conquiert chaque jour du terrain, la superficie des marais est déjà réduite des trois quarts. La lande de terre qui s'étend sur la rive droite de la Meuse entre les territoires belge et allemand et qui forme la partie sud du Limbourg hollandais, n'a plus le même aspect que les véritables terres hollandaises ; l'industrie y est très développée, les populations sont wallonnes, le français est la langue usuelle de Maestiicht c'est une province belge qui a été laissée en 1831 à la Hollande parce que

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