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CHAPITRE V. — LA HOLLANDE. 1f

les soldats de cette puissance n'avaient pas pu être délogés de la citadelle de Maestricht.

Hydpog^raphie de la Hollande. — La Hollande est arrosée par les cours inférieurs du Rhin, de la MciLse et de VEscaul, et par les nombreuses dérivations de leur delta commun.

Le Rhin pénètre en Hollande au-dessous de Tancien fort de Schenk; ce large fleuve, après avoir reçu de nombreux affluents sur tout son parcours, finit par se diviser, près de son embouchure, en plusieurs branches qui se jettent séparément dans la mer du Nord, dans le Zuiderzée, ou qui vont se relier à la Meuse.

Aussitôt après être entré en Hollande, à Pannerden, le Rhin se divise en deux bras : le Waal, qui prend les 7/10 des eaux, et le canal de Pannerden, qui n'en reçoit que les 3/10. Cette proportion est maintenue au moyen de digues et de déversoirs.

Le Waal se rapproche de la Meuse à Tancien fort de Saint-Andries, où existait jadis un canal de jonction qui a été comblé, et se réunit à elle à la pointe de Tancienne ile de Bœmmel, entre les villes de Worcum (Woudrichem) et de Gorcum (Gorinchem) ; il lui apporte dix fois plus d*eau qu'elle n'en roule elle-même.

Le canal de Pannerden, qui a été creusé do mains d'hommes, remplace l'ancien bras du nord qui se détachait à 10 kilomètres en amont et qui tendait à s'assécher; il rejoint au bout de quelques Heues le prolongement de ce bras ou Neder-Rijn. C'est cette ancienne branche desséchée du Rhin que franchit l'armée de Louis XIV en 1672; le passage eut lieu un peu en amont d'Arnhem et est resté célèbre sous le nom de Tolhuis.

A Westerfoort, le fleuve se divise de nouveau, l'Ijssel s'en détache vers le nord et va se jeter dans le Zuiderzée. On croit que le cours de l'Ijssol entreWesterfoort et Dœsbourg, où il rejoint VOude Tjssel ou vieil Ijssel, est une dérivation artificielle du Rhin creusée par Drusus pour créer une ligne continue opposée aux invasions germaniques.

Le Neder-Rijn prend^ à partir de Wîjk-hj-duurstede, la dénomination de Lek ; ce dernier vient se mêler aux eaux du Waal et de la Meuse en amont de Rotterdam.

Le bras qui conserve le nom de Rhin, le Kromme-Rijn ou Rhin sinueu*, tie reçoit que les eaux déversées par des écluses pratiquées dans la digue de droite du fleuve ; à l'ouest d'Utrecht, il prend le nom de Oude-Rijn ou Vieux Rhin; il se divise en plusieurs bras; les uns, le Vecht, YAmstel, aboutissent au Zuiderzée; d'autres, comme Vljssel de Hollande, communiquent avec le Lek; tojite la contrée est du reste sillonnée de canaux ou de ruisseaux canalisés. Quant au Rhin, il vient percer à Kativijlx^ en aval de LcidCy le cor-

m LIVRE le»'. — PETITS ÉTATS DU CENTRE Ï)E L'EUROPE.

don de dunes du littoral ; mais les sables s'amoncelèrent souvent et gênèrent son écoulement, en sorte qu'il se répandait jadis dans de vastes marais; il fallut à deux reprises différentes, en 1571 et en 1807, lui frayer un chemin à travers les dunes ; de vastes écluses permettent, à chaque marée basse, aux eaux de s'écouler.

La Meuse sert de frontière à la Belgique et à la Hollande en amont et en aval de Maestricht, qui est située sur la rive gauche; cette ancienne place forte, aujourd'hui démantelée, est un point de passage important sur le fleuve. En aval de Maaseijkj autre point de passage, la Meuse coule sur le territoire hollandais parallèlement et à faible distance de la frontière allemande. Les principales locahtés qu'elle arrose sont Roermond^ Venloo et Grave; ces deux dernières étaient jadis fortifiées. La Meuse réunie au Waal prend le nom de Herwede ; ce cours d'eau se divise lui-même en un grand nombre de bras qui serpentent au milieu des iles du Biesbosch ; le plus important est la Nouvelle-Herwede. La Merwede se divise encore à Dordrecht; le bras, au sud de ïîle d-Jjsselmonde^ est la Nouvelle-Meuse; le bras du nord se réunit au Lek et reprend aussi le nom de Meuse, il passe a Rotterdam, le plus grand port de commerce de la Hollande ; le mouvement do ce port est annuellement de plus de 7,000 navires jaugeant 3 raillions do tonnes ; c'est plus de trois fois le mouvement du port d'Amsterdam. Les bouches de la Meuse sont ensablées ; aussi, pour permettre l'entrée du port de Rotterdam, on a dû creuser à travers les dunes de la pointe appelée Hoek van Hollande un canal de 5 kilomètres de longueur; ce canal, après s'être approfondi et élargi, s'est ensablé à son tour et n'a plus qu'une profondeur de 5 mètres : il est probable qu'il faudra établir une communication artificielle directe entre Rotterdam et la mer, comme on vient de le faire pour le port d'Amsterdam.

Les divers courants du Biesbosch se réunissent au sud de VUe de Beijcrland pour former de véritables bras de mer qui embrassent les îles d'Overflakkée^ de Schouwen, de Tliolcn et de Nord-Beveland. L'Escaut oriental vient aboutir entre ces dernières îles. Ces bras de mer prennent les noms suivants : celui qui longe au sud les îles de Bcijerland et de Voorne prend successivement les dénominations de Hollandsch Diep, de Haringvliet et de Porte de Goedereede; celui qui est au sud d'Overflakke forme le Volkerak, le Erammer, le chenal de Grevellingen et la Porte de Brouvershaven, c'est le plus profond et encore aujourd'hui la seule entrée des gros navires qui se rendent au port de Rotterdam ; enfin, au sud de Schouwen, se trouvent le Eesten, l'Escaut oriental et le Roompot, bras sans profondeur.

Au sud de Beveland et de Walcheren^ le Hont ou Escaut occidental est

. la seule entrée du grand port d'Anvers; car l'autre bouche de l'Escaut est

con^plètement ensablée et traversée par le chemin de fer de FlessmguCj grand

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