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CHAPITRE V. — LA HOLLANDE

port qui veut faire concurrence à Anvers, et ancienne place forte aujourd'hui déclassée, comme tant d'autres.

De grands travaux vont être entrepris pour dessécher la plupart de ces bras qui séparent les îles de la Zélande ; on ne conservera que le Hond, le détroit de Brouwershaven et la Meuse de Rotterdam.

Tous ces cours d'eau de la Hollande qui aboutissent à la mer du Nord ont une tendance très marquée à se diriger de plus en plus vers le sud ; les bras du nord s'ensablent et sont abandonnés par les eaux. Cet effet provient de l'inégalité des marées, qui ne sont que de 1",50 au Texel, et qui atteignent 5 mètres dans le Hont ; en sorte qu'à mer basse, le niveau étant plus élevé au nord qu'au sud, les eaux des fleuves tendent à s'écouler vers le sud, à ronger leur rive gauche et à abandonner les bras septentrionaux.

Amsterdam, la capitale commerciale de la Hollande, est une ville de 321,000 habitants, c'est de beaucoup la cité la plus peuplée du pays. Au seizième siècle, elle hérita du commerce d'Anvers et devint la première place maritime du monde. La ville est située au fond du Zuiderzée, sur la rive méridionale de l'ancien golfe de l'Y (Ij) et à l'embouchure de VAmstel; elle est construite sur pilotis et divisée par des canaux en 90 îlots réunis par 300 ponts. Jadis les navires pénétraient jusqu'à son port par le Zuiderzée ; mais le peu de profondeur de cette mer et les bancs de Pampus en rendaient déjà à la fin du siècle dernier l'accès difficile et même impossible pour les gros bâtiments. Pour remédier à cet inconvénient, on creusa en 1818 le canal de Noord-HoUand, qui part d'Amsterdam et aboutit au Helder ; il a 84 kilomètres de longueur, 37™,67 de largeur et 5",60 de profondeur; les frégates pouvaient s'y croiser et y être remorquées lentement, mais sûrement du Helder à Amsterdam; toutefois ce long canal était tout à fait insuffisant pour les navires actuels. Aujourd'hui le port, séparé du Zuiderzée par une digue avec sas écluse, communique directement avec la mer du Nord au moyen d'un canal à grande section qui traverse les polders desséchés de l'ancien golfe de l'Y et qui aboutit auprès du nouveau village d'Ijmuiden; cet immense travail a coûté 100 millions, le canal a 24 kilomètres de longueur, 63 mètres de largeur à la surface et 27 au fond, enfin 7™,70 de profondeur. La ligne des dunes a été percée et, en avant, deux puissants môles de 1,500 mètres de longueur forment une vaste rade; un sas écluse permet l'entrée du canal. Les vents violents du nord-ouest, qui soufflent sur cette côte, avaient fait craindre que le débouché du canal ne fût ensablé et que la sortie n'en fût difficile pour les navires, mais l'entreprise semble couronnée de succès.

Voies de communication; canaux, routes, chemins de fei**

— Les voies navigables en Hollande ont un très grand développement et GéograpJiic. — 2' partie.

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sont utilisées pour toutes sortes de transport, comme le sont en d^autres pays les routes et les chemins ruraux. Les provinces de Frise, de Groningue, de Drenthe, d'Overijssel, de Noord-HoUand sont sillonnées de canaux navigables ; les bâtiments de haute mer pénètrent très avant dans les terres par les larges fleuves ou par les canaux, et il n'est pas rare de voir les grands mâts d'un navire surgir tout à coup au miUeu d'une prairie à une grande distance de la mer. Les canaux des polders servent à transporter les engrais et les produits du sol. Le réseau des canaux navigables de la Hollande est de 2,450 kilomètres ; les rivières navigables ont un développement de 1,852 kilomètres.

Les routes de la Hollande sont, dans toute la partie basse du pays, tracées sur les digues qui bordent les cours d'eau ; elles sont entretenues avec le plus grand soin, pavées de briques et bordées d'arbres, elles ont un aspect qui leur est particulier. Les armées ne peuvent guère se mouvoir que sur ces routes pendant la plus grande partie de l'année, car les pluies ont bientôt fait de détremper le sol des polders et des terres basses. Quand les tourbières couvraient presque toute la Frise, les routes peu nombreuses de ce pays suivaient de longs défilés et étaient barrées par des forts d'arrêt. Les dessèchements actuels ayant enlevé toute importance à ces fortifications, on les a abandonnées en 1854 ; Bourtange, Coerworden sont dans ce cas. Le développement des routes pavées de la Hollande est de 11 à 12,000 kilomètres.

Le réseau des chemins de fer de la Hollande est aujourd'hui à peu près complet. Utrecht, le centre de la défense du pays, est aussi le principal nœud des voies ferrées. Cette ville est mise en communication, d'un côté avec Rotterdam, la Haye, Amsterdam et le Helder, de l'autre avec la Frise, Groningue, l'Allemagne et la Belgique. Amsterdam et Rotterdam sont aujourd'hui réunis à Anvers par une voie ferrée continue qui franchit la Meuse, la Merwede, le Hollandisch Diep sur des ponts qui sont de magnifiques ouvrages d'art; celui du Hollandisch Diep, qui a remplacé le'bac à vapeur de Moerdijk, a 1,465 mètres de longueur et est formé de 14 travées de 105 mètres. L'embranchement de Flessingue franchit les sables de l'Escaut oriental. Le pont de Calemborgf sur le Lek, n'a qu'une seule travée de 150 mètres. Le développement des chemins de fer hollandais est de plus de 2,000 kilomètres.

Étendue et population. — La superficie de la Hollande est de 83J000 kilomètres carrés et sa population de 4 millions d'habitants, ce qui donne une moyenne de 117 habitants par kilomètre carré. Les provinces de Noord et de Zmâ-Holland^ et la partie occidentale d'Utrecht sont les plus peuplées, les plus riches, les mieux cultivées dû royaume ; la population y est

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