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CHAPITRE V. — LA HOLLANDE

Chambres. On a renoncé à la ligne d'eau Groningue-Delfzyl, à la position de Mark et Dintel en avant de Willemstadt, à la défense permanente de la ligne de l'Ijssel et de celle de Grebbe et d'Ochten. En somme, malgré la douleur d'un tel sacrifice, on a dû abandonner 8 provinces sur 11, imitant en cela l'exemple de la Belgique et du Danemark, exemple que les Anglais avaient déjà donné en Portugal lors de leur belle résistance derrière les lignes de Torrès-Vedras. Les provinces d'Utrecht, de Noord et de Zuid- Holland sont seules protégées sérieusement.

Le système défensif de la Hollande comprend :

1° Contre une invasion venant de l'est :

a) Les ouvrages de Vljssel^ du Yaal et de la Meuse qui couvrent le passage des rivières et permettent de recueillir les troupes ;

b) La position de la vallée de la Gueldre avec celle de la Betuwe inférieure (ligne de Grebbe et d'Ochten) comme position d'avant-postes;

c) La nouvelle ligne d'eau hollandaise^ du Zuyderzée au Lek par Utrecht et du Lek à la nouvelle Merwede à travers le pays d'Altena.

2^ Contre une invasion venant du sud :

La ligne d'eau du sud^ depuis la Meuse en amont de Saint- An driès jusqu'à l'Amer en aval de Geertruidenberg; elle est doublée des obstacles formés par le Waal et le Lek.

3° Un réduit central qui esiXdi position d'Amsterdam,

4° Contre une attaque venant du côté de la mer :

a) La position de Hollandsch-Biep et du Yolkerak;

b) La position des bouches de la Meuse et du Haringvliet ;

c) La position du Helder ;

d) Les ouvrages de l'Escaut occidental.

On doit consacrer 65 millions à l'organisation de ces diverses défenses et les travaux doivent être achevés en 1883; 10 millions ont été dépensés jusqu'en 1879.

Pour compléter l'organisation défensive votée en 1874, le territoire de la Hollande vient d'être divisé en huit positions défensives; chacune comprend une zone du système de défense et, dans chacune d'elles, est stationnée une division d'artillerie de forteresse. Les chefs-lieux de ces positions défensives sont : Utrecht, Naarden, Gorcum, Zwolle, Dordrecht, Le Helder, Amsterdam et Bois-le-Duc.

Les défenses contre une attaque par terre s'appuient toutes à des inondations; le grave inconvénient de ce genre d'obstacle est qu'il disparaît, soit

par les grandes sécheresses, soit par les fortes gelées. En 1672, Louis XIV put, sans grande difficulté et grâce à la sécheresse, franchir le Rhin et s'emparer d*Utrecht, mais il fut arrêté par les inondations qui couvraient Amsterdam. En 1795, le 11 janvier, tout étant complètement gelé, Pichegru passa le Lek et le Waal sur la glace et, le 20 janvier, fit son entrée à Amsterdam; la flotte hollandaise, retenue par les glaces dans les eaux du Texel, dut se rendre à une simple avant-garde.

Les attaques les plus dangereuses pour la Hollande sont celles qui viennent de Test, car au sud le pays est couvert par de grands cours d'eau ; on n'a jamais cherché que deux fois à Taborder de ce côté et encore était-ce dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. La première fois, en 1793, Dumouriez comptait sur des intelligences qu'il avait dans le pays et espérait trouver des bateaux pour franchir les divers bras de la Meuse ; il fut déçu dans son attente et dut bientôt abandonner son entreprise devant un retour offensif des Autrichiens, qui le battirent à Neerwinden. La seconde tentative ne réussit que grâce au rigoureux hiver de 1794 à 1795, qui recouvrit toutes les rivières d'une glace solide et qui fit ainsi disparaître les meilleures défenses du pays.

Premières lignes de défense ^ers l'est $ Ijssel et vallée de la Gneldre ^ — La ligne de V Ijssel et celle de la vallée de la Gueldre sont destinées à créer des obstacles à Tennemi en avant de la nouvelle hgne d'eau hollandaise, de manière à gagner le temps de mettre cette dernière en état complet de défense et de tendre les inondations qui la couvrent.

Sur la rive droite de l'Ijssel, les places de Deventer, de Zutphen et de Doesbourg étaient construites en terre, privées d'abris et de couverts, comme toutes celles créées en Hollande au dix-septième siècle ; on les a déclassées parce qu'on ne veut pas conserver Tljssel comme ligne permanente de défense, mais on doit pourtant y avoir quelques ouvrages, quelques forts d'arrêt pour protéger la retraite des troupes d'avant-garde surveillant la frontière et cherchant à s'éclairer sur les projets de l'ennemi.

L'Ijssel forme un obstacle de peu de valeur; la rivière est généralement encaissée; elle n'a que très peu d'eau en été et, à cette époque, les inondations le long de cette Ugne sont très longues à tendre; elle forme de nombreux coudes et peut, sur plusieurs points, être franchie à gué pendant les basses eaux; ses deux rives se dominent alternativement, et le chemin de fer qui la longe passe tantôt sur l'une, tantôt sur l'autre.

La ligne de l'Ijssel se continue au sud entre le Rhin et le Waal par une digue qui existe d'Arnhem à Nimègue et qu'on appelle le Grift-dijk, La place do Nimègue soutenait la défense de cette hgne, on n'a pas cru

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