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CHAPITRE V. — LA HOLLANDE. Ô

Les deux premiers passages sont interceptés par Willemstadt et par les forts qui en dépendent : fort de Numansdorfsiir la rive droite du Hollandsch- Diep, fort Prins Frédérik à la pointe orientale de l'île d'Over Flakkee ; en avant de ce dernier se trouvent deux batteries qui le couvrent contre une attaque de troupes débarquées dans Pile ; enfin la place de Willemstadt est elle-même protégée du côté de terre par les trois forts détachés dont il a déjà été parlé.

L'entrée du Haringvliet est de plus défendue par les fronts de mer d'Hellevoetsluis et par deux batteries à Touest de cette place.

L'entrée de la Nouvelle-Meuse est de même barrée par la place de Brielle et par trois batteries au nord-ouest ; ces fortifications de Brielle ne seront sans doute pas conservées, mais elles seront remplacées par des ouvrages plus sérieux. Dans l'île de Voorne, entre les doux places d'Hellevoetsluis et de Brielle, existe une digue défensive précédée de 41 batteries; cette ligne est destinée à empêcher un débarquement.

Uentrée du Bond ou Escaut occidental est moins importante à surveiller que les précédentes, à moins que la Hollande n'ait intérêt à intercepter les communications d'Anvers avec la mer. La place de Flessingue, dans l'île de Walcheren, est déclassée depuis déjà plusieurs années, on n'y a conservé qu'une batterie de côte et le fort Frédéric Hendrik^ qui lui fait face de l'autre côté du Hond. Plus en amont, le fort d'Ellevoutsdijk dans l'île de Zuîd-Beveland fait face à la place de Neuzen ou Terneusen, située sur la rive méridionale de l'Escaut.

Le Heldep *. — A l'extrémité septentrionale de la presqu'île de Noord- Holland existe une position d'une haute valeur stratégique, celle du Helder, et un bon port, celui de Nieuwediep, où vient déboucher le canal de navigation qui, jusqu'à ces derniers temps, était pour les gros navires la seule entrée du port d'Amsterdam. La passe du Helder est approfondie par les marées du Zuiderzée; les batteries qui s'y trouvent ont pour mission d'interdire à une flotte ennemie l'entrée du Zuiderzée et l'investissement d'Amsterdam de ce côté, de protéger le port de Nieuwediep et d'interdire à l'ennemi l'entrée du canal d'Amsterdam au Helder qu'il pourrait utiliser pour le transport de son matériel de siège. Nieuwediep est l'arsenal maritime de la Hollande et la principale station de la flotte , elle possède Une école de cadets. L'arsenal et le port militaire ont été achevés dernièrement. Les chenaux qui donnent accès dans la rade et qui sont compris entre le Helder et l'île de Texel, sont au nombre de trois : Le Schulpengat qui longe la côte du Helder, il a 400 mètres de largeur à hauteur du fort de Kijkduin et'7"»,50 de profondeur; le Westgate au centre, dont la profondeur 1. Consulter la carte 11.

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minima est de 7 à 7", 50; et le Noordergat près du Texel, qui n'a que 2™,50 de profondeur à marée basse. La rade du Texel, large de plus de 4 kilomètres, est connue sous le nom de Marsdiep ; elle possède d'excellents mouillages.

La position du Helder et Tarsenal de Nieuwediep sont défendus du côté de terre par quatre grands forts déjà anciens, mais améliorés récemment, et reliés par une digue continue; ce sont les forts Erfprim^ Amiral-Dicks, Westoever et Oostoever; ces deux derniers ne forment en réalité qu'un seul ouvrage coupé en deux par le canal de Noord-Holland et par la route d'Alkmaar au Helder.

Du côté de la mer, plusieurs batteries défendent les passes et l'entrée du port de Nieuwediep ; ce sont : 1® le fort de Kijkduin (ancien fort Morand), qui domine toute la côte et les dunes grâce à son altitude de + 24™ A. P ; il bat l'entrée du Schulpengat, les autres batteries sont échelonnées de l'est à l'ouest sur la pointe même; 2° le fort Erfprins dont le front septentrional joue le rôle de batterie de côte ; 3** la batterie Kaaphoofd qui possède un magasin à l'épreuve; 4** la batterie orientale; h^ la batterie Princesse Louise; 6® la batterie By hat Wierhofd. De plus on a commencé la construction d'un grand fort à coupole sur le Harssens à l'entrée même du port de Nieuwediep ; il ne sera achevé qu'en 1881. Napoléon avait projeté de grands travaux à Nieuwediep ; les forts du Helder ont sous le premier Empire porté des noms français.

C'est au Helder qu'en 1799, après s'être emparé de la flotte hollandaise, débarquèrent les Anglo-Russes ; ils cherchèrent à pénétrer dans le pays, mais le général Brune s'appuyant aux nombreux obstacles qu'on rencontre dans la péninsule de Noord-Holland, s'opposa à leurs progrès et finit par les battre à Bergen^au nord-ouest d'Alkmaar.

de 1672. — Afin de montrer le rôle que peuvent jouer, en cas d'invasion, les différents obstacles qui viennent d'être énumérés, nous allons rappeler les principaux faits de la campagne entreprise par Louis XIV en 1672.

A cette époque, la Belgique appartenait à l'Espagne, puissance neutre ou soi-disant neutre. Louis XIV rassembla son armée, forte de 110,000 hommes, à Gharleroi, sur la Sambre, et l'on se mit en quête d'un plan de campagne permettant de pénétrer en Hollande sans traverser le territoire belge. Condé proposa de faire le siège de Maëstricht, afin de s'assurer un point d'appui pour marcher en avant ; mais Turenne fit remarquer qu'il valait bien mieux pénétrer rapidement sur le territoire ennemi , sans s'arrêter ainsi à des sièges inutiles, et ne pas laisser le temps aux Hollandais de s'organiser.

Luxembourg se porta en Westphalie pour y réunir ses troupes à celles de révù([uede Munster et attaquer l'Ost-Frise. Condé, avec 30,000 hommes^

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