‹ -Texte. Géographie militaireChapitre 75 sur 206 · CHAPITRE VI. — LE DANEMARK · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — LE DANEMARK

Wrangel, 2®le contingent germanique commandé par le général Halkett; en tout 32,700 hommes avec les forces insurgées. Le 23 avril, jour de Pâques, ces troupes attaquèrent le Dannewerk qui était occupé par les Danois; ceux-ci firent une belle résistance, mais écrasés par le nombre, ils durent à la fin de la journée évacuer Sclileswig et pendant la nuit se retirer sur F/^rîsbourg. La plus grande partie de l'armée danoise continua sa marche à ivR- \eTS le SunderivitL vers ïtle d'Alsen; elle fut suivie par Halkett; Wrangel avec les Prussiens et les insurgés se répandit dans le Jutland et enira successivement dans Kolding^ Veile et Aarhuus, mais il dut bientôt se repher au sud de la Kongeaa sur la menace d'une intervention russe.

Le 28 mai, les Danois débouchèrent de Duppel et battirent complètement Halkett; le 5 juin Wrangel et Halkett ayant voulu prendre leur revanche furent partout repoussés dans une attaque des hgnes de Duppel. Cependant le commerce allemand soufirait beaucoup du blocus des côtes et des ports,. la Prusse se décida le 2 juillet à signer un armistice à Malmœ\ le général Wrangel n'y adhéra que sur l'ordre de la diète de Francfort, le 26 août. Le Schleswig et le Holstein devaient être évacués par les belligérants et gouvernés par cinq membres choisis par les deux partis ; mais l'oppression dont les Danois du Schleswig furent victimes amena une révolte des paysans de ce pays contre le gouvernement provisoire de Kiel et ralluma la lutte.

Le Danemark se décida à dénoncer l'armistice le 26 mars 1849; il espérait en débouchant d'Alsen et du Kongeaa réunir ses forces vers Flensbourg et surprendre l'ennemi. Malheureusement, il consentit, à la demande de TAngleterre, à prolonger l'armistice de huit jours et ce retard lit échouer le plan d'attaque. Les Allemands eurent le temps de réunir 60,000 hommes sous les généraux Prittwitz et Bonin, ce dernier commandait les Schleswig- Holsteinois. L'armée danoise était forte de 33,000 hommes.

Le 3 avril, les deux corps danois se portèrent en avant et eurent deux rencontres avec les Schleswig-Holsteinois dans le Sunderwitt; mais la flotte subit un désastre qui eut un triste retentissement dans tout le pays : deux vaisseaux, le Christian VIÏI et le Gelfioiij poussés par un vent violent au fond de la baie d'Eckernforde, furent forcés de baisser pavillon. L'armée effectua alors sa retraite dans l'île d'Alsen et derrière la Kongeaa. Le 13 avril, les Allemands enlevèrent les lignes de Duppel, mais le lendemain ils ne purent soutenir la lutte contre l'artillerie de l'île d'Alsen et durent se replier. Les Schleswig-Holsteinois sous Bonin envahirent le Jutland, ils eurent à soutenir une rude attaque des Danois à Koldlng le 23 avril; mais, grâce à leur nombre, ils restèrent maîtres delà position. Ils marchèrent ensuite sur Frédéricia dont ils commencèrent le siège. Un détachement danois s'était jeté dans cette forteresse^ mais le général Rye avec la plus grande partie de ses forces se replia vers le nord cl sut déjouer tous les efforts du

général Frittwitz, qui espérait avec 25,000 hommes Tentourer et ranéantir; il trouva un refuge absolument sûr dans la péninsule d'Helgenœs et les troupes de la confédération restèrent à Aarhuus.

A cette époque, les Allemands occupaient donc une ligne très longue de Schleswig à Aarhuus ; les Danois résolurent do la percer. A l'aide de leur liotte, ils purent rassembler leurs divers détachements dans l'île de Fionie sans donner Tévcil à l'ennemi ; toute leur armée, forte de 16,000 hommes et commandée par Bulow, fut transportée à Frédéricia; le 6 juillet à minuit, elle déboucha des lignes et attaqua les positions de l'ennemi; après une lutte furieuse, les Danois furent partout victorieux et les Schleswig-Holsteinois s'enfuirent jusqu'à Schleswig. Les Allemands évacuèrent le Jutland sans rien entreprendre.

Des pourparlers pour la paix étaient déjà engagés depuis quelque temps, le 10 juillet fut conclu l'armistice de Berlin; mais, pendant près d'une année et malgré les conventions signées, les armes prussiennes ne cessèrent pas de protéger la rébellion du Schleswig-Holstein. La paix définitive ne fut conclue que le 2 juillet 1850 à Berlin.

Le Danemark devait à lui seul réduire Tarmée insurrectionnelle, il disposait alors d'une force de 38,000 hommes, supérieure à celle de Tarmée Schleswig-Holsteinoise; celle-ci avait pris position à Idstedt (Isted), elle y fut attaquée les 24 et 25 juillet 1850 et complètement battue. Les Danois occupèrent alors le Dannewerk, ils eurent encore à soutenir à deux reprisefï Jes attaques désespérées des insurgés : d'abord à Missundele 12 septembre, puis sous les murs de Frédérikstadt à la fin du même mois. La guerre n'offrit plus ensuite d'événements importants. Le Holstein fut occupé par les Autrichiens et l'ordre ne fut rétabli que l'année suivante.

La campagne de 1864 fut plus courte que la précédente; les Danois lireul encore une glorieuse résistance, mais ils furent accablés sous le nombre.

L'exécution fédérale ayant été prononcée contre le Danemark par la diète de Francfort le 7 décembre 1863, les troupes fédérales pénétrèrent dans le Holstein le 23 décembre et occupèrent le pays sans rencontrer de résistance. La Prusse et l'Autriche intervinrent bientôt et voulurent occuper les duchés à leur profit. Leurs armées, fortes de 70,000 hommes et commandées en chef par Wrangel, entrèrent en Holstein le 21 janvier 1861 sans être arrêtées par les troupes fédérales. 35,000 Danois sous de Meza étaient établi? sur la position du Dannewerk.

Le 2 février, le prince Frédéric-Charles tenta d'enlever les retranchements de Missunde, mais il fut repoussé; le lendemain, les Autrichiens plus heureux arrivèrent après deux combats assez vifs jusqu*au pied du Dannewerk: ils devaient attaquer de front pendant que les Prussiens dessineraient un mouvement tournant par Arnis et Cappeln. Les Danois, jugeant la position

Page 1