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CHAPITRE I«'. — ÉTUDE D'ENSEMBLE DE L'ALLEMAGNE

dans les affaires de Tempire, en autorisant les princes allemands à conclure des alliances particulières au dehors. A partir de cette époque, le saintempire ne fit plus que languir; plusieurs princes de T Allemagne furent sans cesse à la solde des rois de France, et ces derniers, à plusieurs reprises, firent de nouveaux emprunts sur le territoire de Fempire par Tannexion à la France, d'une partie du Hainaut et du Luxembourg, de la Lorraine, de Strasbourg et de la Franche-Comté.

En 1789, avant les grands bouleversements de l'époque napoléonienne, l'empire comprenait douze principautés ecclésiastiques et vingt Etats laïques, seuls dignes de ce nom par leur étendue; en tout, il y avait trois cent soixante petits Etats ou villes libres.

A la suite des guerres de la Révolution, le traité de Luné ville enleva à l'Allemagne toute la rive gauche du Rhin au profit de la France et sanctionna la sécularisation de toutes les principautés ecclésiastiques dont les terres devaient servir à indemniser les princes dépossédés. La répartition de ces biens et de presque toutes les villes libres entre les intéressés se fit sous la médiation de la France et de la Russie et fut définitivement réglée par le rectz de 1803. La nouvelle organisation de l'Allemagne n'eut qu'une durée bien éphémère, car la campagne d'Austerlitz donna le coup de grâce au saint-empire, qui disparut après l'abdication forcée de François II en août 1806. C'est alors que commencèrent les nombreux remaniements territoriaux qui forment comme le caractère distinctif de la politique napoléonienne. La confédération du Rhin, créée dès le 12 juillet 1806, atteignit, après de fréquentes modifications et d'incessants virements, sa plus grande extension territoriale en 1810; elle comprenait alors toute rAUemagne, moins la Prusse et l'Autriche ; elle comptait trente-sept membres, rois, ducs ou princes; elle avait 14 millions et demi d'habitants répartis sur 330,000 kilomètres carrés. Bientôt la volonté toute-puissante de l'empereur des Français l'entama au nord comme au midi en annexant au rovaume d'Italie le Tyrol italien et à Tempire français toutes les côtes de la mer du Nord.

La chute de Napoléon ramena la France à ses anciennes limites, et les traités de Vienne en 1815, tout en remaniant la carte de l'Europe centrale, donnèrent à l'Allemagne une nouvelle constitution politique en organisant la confédération germanique, qui ne fut encore qu'une fédération d'Etats •assez lâche, mais dont pourtant les membres s'interdisaient les alliances étrangères et les négociations particulières dirigées contre la communauté. La nouvelle confédération se composa de trente-sept États souverains qui, par extinction ou cession, se réduisirent plus tard à trente-trois; les deux principaux, l'Autriche et la Prusse, n'y entraient que pour une partie de leur territoire. La diète fédérale eut son siège à Francfort-sur-le-Main.

Les aspirations unitaires des patriotes allemands en 1848 n'aboutirent Géographie. — 2^ piulie. 9

qu'à un essai inlruçlueux d'empire alleuiand, que la Prusse n'était pas assez forte pour défendre et pour diriger. Mais, après la lutte intestine de 1866, la Prusse, qui avait su si bien préparer l'unification de l'Allemagne par l'union douairière du Zollverein et qui, guidée par M, de Bismark^ entendait bien fonder celle unîlé à son profit exclusif, déclara la confédération germanique dissoute et donna à l'Allemagne une nouvelle constitution politique à laquelle l'Autriche dut rester étrangère. Tous les Etats au nord du Main furent rattachés par un lien fédéral commun au sceptre du roi de Prusse et formèrent la confédération de l'Allemagne du Nord; celle-ci comprenait vingt-deux Etats, qui furent entièrement subordonnés au pouvoir central: elle avait une étendue de 415,000 kilomètres carrés et comptait 30 millions d'habitants, dont 24 millions appartenaient à la Prusse agrandie par de nombreuses annexions. Quant aux Etats au sud du Main, 5arfe, Wurtemberg^ Bavière et }iartie sud de Hesse-Darmstadty ils ne se groupèrent pas en une union fédérative comme le traité de Prague les y avait autorisés; ils conservèrent leur autonomie, mais ils furent dès lors reliés à la confédération du Nord par des conventions militaires et des traités douaniers. Enseihble ces quatre territoires avaient une étendue de 115,000 kilomètres carrés et une population de 8 milHons et demi d'habitants.

Les États de l'ancien saint-empire étaient ainsi divisés en trois tronçons hostiles ou indifférents les uns aux autres; il existait bien des haines, bien des germes de discordes; la guerre de 1870, si imprudemment entreprise, vint resserrer l'union de tous ces Etats et fonder à nos dépens l'unité de l'Allemagne. Le nouvel empire allemand, qui dispose d'une puissance militaire formidable et qui s'appuie sur de fortes institutions, forme au centre de l'Europe un État autrement influent et redoutable que ne l'a jamais été l'ancien saint-empire ; l'homme habile qui le dirige a su imposer sa pohtique à l'Autriche et, grâce à l'alliance de la Russie, peut être considéré comme l'arbitre de l'Europe»

ActuellcHient, l'Empire d'Allemagne comprend les 26 Etats suivants :

Le royaume de Prusse.

Le royaume de Bavière »

Le royaume de Saxe.

Le royaume de Wurtemberg.

Le grand-duché de Bade.

Le grand-duché de Hesse.

Le grand-duché de Mecklenbourg-Schwcfiil*

Le grand-duché de Mecklenbourg-Strelitz.

Le grand-duché d'Oldenbourg^

Le duché de Brunswick.

Le duché d'Anhalt.

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