CHAPITRE 1 '. - LTUliE D LNbEMBLL 1)1 L ALLEMAGNE. VXi
les princes de Hohenzollorn ont fait tons ioiirs effort?; ponr rapprocher et même réunir les deiix Eglises luthérienne etealvinisle. Jean-Sigisniond t^si le premier des Hohenzollern (lui ait commandé à la fois sur TElhe et l'Oder, sur le Rhin et sur le Niémen; l'éleclorat comprenait une masse centrale et des territoires séparés à Toucst et à Test ; tons les efforts des futurs son\>^* rains de la Prusse tendront à réunir ces possessions en un seul tout.
Le grand-électeur, Frédéric-Guillainne (4640-1688), releva le Brandeboin'<> de l'avilissement profond où il était tombé et d'une ruine presque complète, conséquence de la guerre de Trente-Ans; il hérita de la Poméranie, mais le traité de Weslphalie (1648) ne lui attribua que la partie orientale de cette province ; le reste, avec Stettin, resta aux Suédois. Gomme compensation, le môme traité lui assigna des biens ecclésiastiques sécularisés, un archevêché et trois évéchés, qui prirent les titres de duché de Hagdebourg et de principautés de Halberstadt, de Hinden et de Cammin ; le cercle de la Saale avec Halle fut réuni comme dépendant de l'archevêché de Magdebourg. En 1657, le traité de Wehlau le releva de tout vasselage vis-à-vis de la Pologne pour le duché de Prusse et lui céda en Pomérellie les seigneuries de Lauenbourg et de Butow, ainsi que Draheim; mais il dut rendre à la Suède, par le traité do Saint-Germain en Laye (1679), toute la Poméranie occidentale, qu'il avait conquise après la victoire de Fahrbellin. Ces agrandissements successifs faisaient de l'électorat de Brandebourg le territoire allemand le plus important après les terres habsbourgeoises. Frédéric- Guillaume réunit sous un gouvernement commun des provinces qui, jusqu'à lui, étaient complètement autonomes et n'avaient entre elle^ aucune cohésion; il intervint dans les grandes aflaires du temps, lit connaître pour la première fois à l'Europe entière le nom de sa dynastie, et peut être considéré comme le précurseur du grand Frédéric et le véritable fondateur de la monarchie prussienne moderne. Son fils, Frédéric III^ le Fat (1688-1713), obtint de l'empereur Léopold I^^ à force de complaisances et pour prix de services rendus dans les guerres contre Louis XIV et contre les Turcs, l'autorisation de se faire couronner comme roi en Prusse et prit le nom de Frédéric P' (1701).
Le premier roi de Prusse agrandit ses Etats par l'acquisition des seigneuries de Tauroggen en Samogitie, de Serrey en Lithuanie (1691) et d'une partie du comté de Hoheostein dans le Harz (1699), par l'occupation du territoire d'Elbing (1703), enfin par la prise de possession d'une partie de l'héritage de Guillaume III, prince d'Orange et roi d'Angleterre, ce qui lui valut en 1702 le comté de Lingen sur l'Ems, le comté de Heurs avec Gréfeld, la seigneurie d'Héristhal près de Liège et celle de Turnhout près d'Anvers. Il acquit aussi en 1707, grâce au choix des Etats du pays, la souveraineté, plutôt nominale que réelle, de la principauté de Neuchâtel et
de Vallengin en Suisse. Le traité d'Utrecht, signé quelques semaines après sa mort, valut encore à la Prusse la Gueldre espagnole ou quartier supérieur de la Gueldre, avec Gueldre comme capitale.
Frédéric-Guillaume /®^ le Roi sergent (1713-1740), connu par ses bizarreries, par ses régiments de géants, mais aussi par son économie et par la belle armée de 80,000 hommes qu'il forma, ne sut faire qu'une acquisition importante, celle des bouches de TOder avec Stettin, abandonnées par la Suède au traité de Stockholm (1720).
Frédéric //, le Grand (1740-1786), mit avec une grande habileté son petit royaume au rang des vieilles monarchies et des grandes nationalités de l'Europe, et cela en plein système d'équihbre européen; il est le premier de sa race qui ait osé entrer en lutte avec la puissante maison de Habsbourg. A son avènement au trône, ses Etats avaient une superficie de 120,000 kilomètres carrés et une population de 2 millions et demi d'habitants ; il les agrandit considérablement : 1^ en arrachant en 1742 la Silésie et le comté de Glatz à Marie-Thérèse et en obtenant en 1763, à la suite de la guerre de Sept- Ans, la cession définitive de cette province ; 2** en réunissant la principauté d'Ostfrise (1744), dont le Brandebourg avait l'expectative éventuelle; S^ en prenant part au premier partage de la Pologne (1772), ce qai lui valut la Prusse polonaise ou royale, c'est-à-dire Vévêché de WarnU et les trois palatinats de Pomérellie, de Calm et de Marienhourg, moins Danzig et Thorn, puis les districts septentrionaux de la Grande Pologne et de la Cujavie avec Bromberg; 4° en incorporant définitivement, à l'extinction de la dvnastie comtale en 1779, la moitié du comté de Hansfeld dans le Harz.
A la mort de cet habile monarque, malgré la cession des territoires sans importance d'Héristhal à l'évèque de Liège et de Turnhout à l'Autriche, les Etats prussiens comprenaient 190,000 kilomètres carrés et plus de 5 millions et demi d'habitants ; la Prusse agrandie, sortie victorieuse d'une guerre qu'elle avait soutenue presque seule contre toute l'Europe, devient dès lors ime puissance miHtaire de premier ordre, contrebalance l'influence de TAutriche et se pose, par la création du fameux Furstenbund, en protectrice de l'Allemagne. Ce rôle, après bien des vicissitudes, elle l'a conservé depuis im siècle et l'a surtout affirmé d'une façon éclatante de nos jours.
Sous le règne de Frédéric-Guillaume II (1786-1797), neveu et successeur do Frédéric II, l'abdication du dernier margrave franconien amena l'incorporation à la monarchie prussienne des principautés de Culmbach-Baireuth (3t d'Ânspach (1792), suivie bientôt en 1796 et 1798 de l'usurpation des domaines voisins et du territoire de Nuremberg. Le deuxième partage de la Pologne en 1798 valut à la Prusse, contre l'abandon à la Russie de la petite principauté de Tauroggen en Samogitie, les villes de Danzig et de Thorn, la Cujavie, la Graqdç Pologne, dos parties de la Hasovie etdeU