CHAPITRE 1-". — ETUDE BENSEMBLE DE L'ALLEMAGNE
dont elle venait d'hériter à l'extinction d'une branche cadette, et quelques parcelles de la Hesse supérieure. Le grand-duché comprend deux territoires , séparés par la vallée du Main à hauteur de Francfort : au nord la Hesse supérieure^ au sud le Slarkenbourg et la Hesse rhénane; il a une étendue de 7,680 kilomètres carrés et une population de 937,000 habitants.
La maison d'Oldenbourg s'établit sur le bas Weser au commencement du douzième siècle; au quinzième, elle succéda à la puissante maison de Schauenbourg dans ses possessions allemandes et danoises, et fournit bientôt des rois aux trois pays Scandinaves. Elle régne encore en Danemark. Au siècle dernier, elle porta de nouveau la couronne de Suède et ceignit la couronne impériale de Russie. En 1863, elle fournit aussi un roi à la Grèce. La branche auiée, qui depuis 1 i40 possédait sur les bords de la Hunt les comtés d'Oldenbourg et de Delmenhorstj s'éteignit en 1675; son héritage revint à la branche royale de Danemark ou de Holstein-Gluckstadt ; mais, en 1773, les deux comtés furent cédés à la branche ducale ou de Holstein-Got" torp, qui venait de monter sur le trône de Russie. L'impératrice Catherine II, stipulant au nom de son fils Paul, les céda à un cadet de la branche de Gottorp'Eutin. Ces comtés furent érigés en duché en 1777 et en grandduché en 1815 ; ce dernier comprend aujourd'hui trois tronçons fort éloignés les uns des autres : le duché d'Oldenbourg^ la principauté de Lubeck ou d'Eutin^ annexée par le recez de 1803, et la principauté de Birkenfeld dans le Hûnsriick, agrandissement dû aux traités de 1815. L'ensemble de ces territoires comprend 6,399 kilomètres carrés et 337,000 habitants.
Les grands-ducs actuels de Hecklenbourg sont les descendants des anciens rois wendes qui, soumis par Henri le Lion en 1165, ne furent pas dépossédés et entrèrent dans la hiérarchie féodale allemande. L'héritage mecklenbourgeois , tantôt divisé en plusieurs lots, tantôt reconstitué, fut l'objet de deux partages importants : 1^ celui de 1555, qui créa les deux duchés de Mecklenbourg-Soiiwerin et de Mecklenbourg-Gustrow; 2^ après l'extinction de la branche de Gustrow (1695), celui de 1701, qui étabht la division actuelle de Mecklenbourg-Schwerin^ augmenté de la plus grande partie de Gustrow, et de Mecklenbourg - Strelitz, comprenant la principauté de Ratzebourg à l'ouest et la seigneurie de Stargard à l'est. Par un accord intervenu en 1803 avec la Suède, Vile de Wismar, les villes de Poel et de Neuklosler^ cédées à la Suède par le traité de Westphalie, furent rendues au duc de Mecklenbourg-Schwerin. Les deux grands-duchés actuels ont respectivement une étendue de 13,304 et 2,930 kilomètres carrés et une population de 577,000 et 100,000 habitants. D'après d'anciens traités plusieurs fois confirmés, les HohenzoUern possèdent l'expectative de la succession des duchés mecklenbourgeois.
Les trois villes libres d(^ Lubeck, Hambourg «*t Brème sont les derniers
Ui Livré ii. — Allemagne.
représentants de l'antique Hanse teutontque, qui fut une institution essentiellement commerciale, mais qui, pendant des siècles, domina par ses flottes et par ses armées sur les mers du nord de TEurope, qui tint en tutelle
tous les pays du nord et qui disposa bien souvent des couronnes des Etats Scandinaves. Le quatorzième et le quinzième siècle furent Tépoque la plus brillante de la Hanse ; le seizième siècle vit sa décadence, conséquence du développement des marines anglaises et Scandinaves et aussi du changement des routes commerciales. Les trois Etats lianséatiques se composent des villes et de leurs banlieues, puis d'avant-ports à Tembouchure de leurs fleuves respectifs : Travemunde pour Lubeck, Guxhafen pour Hambourg, Brernfivhafen pour Brème. Leurs territoires réunis ont une étendue de 948 kilomètres carrés; elles ont une population de 674,000 habitants.
Description d'ensemble de l'AlIemag^ne et étude g^éolo- ^ique*. — Pour se faire une idée nette des principales régions naturelles de TAllemagne, il suffit de regarder une carte géologique du pays et de la rapprocher d'une carte orographique. On voit au nord Vimmense plaine d'aï" luvions de la Baltique et de la mer du Nord, puis au centre la région montaf/neuse de V Allemagne centrale comprise entre le massif de terrains ignés de la Bohême et les plateaux de transition du Rhin. Au sud, la plaine d^ allumons de la Bavière est le prolongement de la plaine suisse et forme avec cette dernière le glacis septentrional des Grandes Alpes; puis, entre les Vosges ei la Forêt-Noire, s'étend la plaine de terrains modernes du Rhin moyen.
Les principaux soulèvements qui ont dessiné le relief de ces contrées sont ceux du Thuringer-Wald et de la C6te-d*0ry qui se sont croisés au Fichtel Gebirge comme les branches d'un X. Ils se sont superposés aux terrains granitiques et schisteux du plateau bohémien qui avaient déjà* émergé et aux soulèvements antérieurs du Hûnsrûck et du Rhin. Des éruptions volcaniques sont encore venues comphquer le relief de la contrée centrale de l'Allemagne ; elles ont formé une série de groupes souvent fort considérables, Vogelsberg, Hohe-Rhôn, Thuringerwald, disposés à peu près suivant un parallèle depuis VEifel jusqu'au Mittel-Gehirge, dans la partie septentrionale du plateau de Bohême.
Les plateaux du Rhin sont formés de terrains de transition, cumbrien, silurien et dévonien ; ce sont les terrains sédimentaires les plus anciens. L& massif a été percé à peu près en son centre par le Rhin de Bingen à Borin; à l'ouest, les plateaux sont désignés sous les noms de Hûnsrûck^ d'Eifel et (ÏArdennes ; à Test, sous ceux de Taunus, de Westerwald et de Sauerland^ A la limite des plateaux émergent des sources thermales célèbres, en particulier dans le Taunus et au nord à Aix-la-ChapellCj à Spa; c'est aussi sur