CHAPITRE II. — ALLEMAGNE CENTRALE
siennes luttant contre TAutriche; aussi la Prusse convoitait-elle depuis longtemps ce pays, qui fait maintenant partie intégrante de l'empire d'Allemagne.
Débuts de la g^uepre de Sept- Ans. — En 1756, au début de la guerre de Sept-Ans, Frédéric s'empara de Dresde, renferma l'armée saxonne dans le camp de Pirna et, après la bataille de Lobositz, la força à capituler. L'année suivante, la Saxe fut le centre de ses opérations contre les Autrichiens, les Français, l'armée des Cercles et les Russes; basé sur l'Elbe moyenne, il fit face à la Thuringe, à la Bohême et à la Silésie. Dans la première campagne de 1757, il marcha concentriquement sur Prague, en traversant l'Erz-Gebirge, les monts de la Lusace et l'Iser-Gebirge sur quatre colonnes, battit complètement les Impériaux sous les murs de cette ville (4 mai) et en commença le siège. Battu lui-même à Kolin (18 juin) parDaun, il dut abandonner la Bohême et se retirer en Lusace dans le camp de Bautzen. Dans la seconde moitié de cette même année, il fut attaqué de tous côtés : 1° sur la Saale par une armée de 25,000 Français et de 25,000 hommes des contingents de l'empire, commandée par le prince de Soubise et le duc de Saxe-Hildburghausen ; 2^ sur le Pregel par 60,000 Russes; S° en Silésie par l'armée du prince de Lorraine, forte de 80,000 hommes. Laissant le commandement du gros de ses forces au prince de Bevern, chargé de défendre la Silésie, il se porta avec un fort détachement le 15 août sur Erfurt et rejeta Soubise sur Eisenach (15 septembre) ; puis, à quelque temps de là, Soubise, informé qu'un parti autrichien était entré à Berlin, s'étant porté en avant, il le battit complètement à Rossbach (5 novembre). Pendant ces opérations, de graves événements s'étaient passés en Silésie; après avoir tenu la campagne tout l'automne, Bevern s'était laissé battre à Breslaule 22 novembre; le roi n'eut que le temps de traverser la Saxe avec ses troupes victorieuses et de rallier les débris de son armée de Silésie; malgré l'infériorité de ses forces, il battit complètement les Autrichiens à Leuthen le 5 décembre, ce qui répara tout. La bataille de Jœgendorf, gagnée à la fin d'août par les Russes sur le maréchal Lehwald, n'avait eu aucune influence fâcheuse; quoique victorieux, les Russes s'étaient empressés de repasser le Pregel et le Niémen.
Campagne d'automne de 1813. — En 1813, Napoléon occupa aussi la position centrale de la Saxe et de l'Elbe moyenne au début de la campagne d'automne, lorsqu'il eut à lutter contre les Prussiens, les Russes, les Autrichiens, les Suédois et les Anglais, qui l'attaquaient de tous côtés. Ges derniers formaient trois grandes masses, l'une en Bohême sous Schwarzenberg, la seconde en Silésie sous Blûcher, la troisième qui cou-
vrait Berlin sous Bernadotte. Elles s'ébranlèrent simultanément. Pendant que Napoléon se portait contre Bliicher et qu'Oudinot était arrêté à Grossbeeren (24 août) sur la route de Berlin, Schwarzenberg, voulant nous couper du Rhin, franchit TErz-Gebirge sur trois colonnes : 1° le long de FElbe en masquant le fort de Kœnigstein, 2° par les chaussées de Teplitz, S^ par la route de Freiberg. Dresde allait être investi et enlevé. Napoléon y courut. La bataille de Dresde (27 août) faillit tout réparer; Tennemi à son tour se voyait très compromis, car Vandamme occupait déjà les passages des montagnes ; le désastre de ce général à Kulm (30 août) vint tirer les alliés de ce mauvais pas. En Silésie, Macdonald avait été complètement battu par Bliicher sur la Katzbach (26 août).
L'empereur fit encore pendant quelque temps face de tous côtés ; il arrêta Bliicher, il rejeta à deux reprises Wittgenstein en Bohême, mais Ney fut battu par Bernadotte à Dennewiiz (5 septembre) et 60,000 Russes sous Beningsen vinrent renforcer les coalisés. Ces derniers se portèrent en deux fortes masses sur la Saale dans le but de prendre à dos Tarmée française et de Tacculer à l'Elbe. Napoléon, au heu de disputer la retraite en fugitif, eut un instant l'idée, en se basant toujours sur l'Elbe, de porter la guerre au centre de la Prusse, de paraître en conquérant à Berlin et de forcer ainsi les ennemis à la paix, en se plaçant avec 200,000 hommes dans la zone comprise entre l'Elbe et l'Oder dont il occupait tous les points fortifiés. Ce mouvement eut même un commencement d'exécution ; Régnier et Bertrand se portèrent sur Wittenberg (9 octobre), ce qui força Bernadotte à se séparer de Bliicher et à repasser sur la rive droite de l'Elbe ; mais la nouvelle de la trahison des Bavarois qui, au lieu de contenir les Autrichiens sur rinn, s'étaient joints à eux et se portaient droit au Rhin, força l'empereur à renoncer à ses vastes projets et à chercher à battre séparément les deux armées de Schwarzenberg et de Blûcher. La réunion de toutes les forces ennemies sur le champ de bataille de Leipzig (18 et 19 octobre) amena la ruine de notre armée et contraignit l'empereur à se retirer par Erfurt, Èisenach et Vacha sur HanaUj où, le 30 octobre, il trouva l'armée austrobavaroise de de Wrède en bataille; il la culbuta et repassa les ponts de Mayence. Les trop nombreuses garnisons, 150,000 hommes au moins, laissées dans les places de l'Elbe, de l'Oder et de la Vistule, furent perdues pour la France et ne servirent qu'à grossir le nombre des prisonniers abandonnés à l'ennemi.
Campag^ne de 1866. — En 1866, la Saxe et Dresde furent encore le premier objectif des Prussiens comme en 1756. Maîtres de ce pays, ils purent déboucher en Bohême par les défilés de la Lusace, de l'Iser-Gebirge et des Sudètes. De même qu'un siècle auparavant, ils opérèrent leur concentration