Le poids qui tombe obéit à une accélération constante
Et si la géométrie réduit toute surface entourée de lignes à la figure du carré et tout corps à celle du cube et si l’arithmétique fait de même avec ses racines cubiques et carrées, ces deux sciences ne peuvent se passer de la connaissance des quantités continue et discontinue ; toutefois elles ne s’occupent pas de la qualité qui est la beauté des œuvres de la nature et l’ornement du monde (LU. 17.)
208. — Quelques commentateurs blâment les anciens inventeurs de qui naquirent les grammaires et les sciences et chargent à fond contre les inventeurs d’autrefois parce que leur paresse les a empêchés de rien trouver et ils n’écrivent tant de pages que pour opposer de faux arguments à leurs maîtres.
Ils disent que la terre est hexaèdre, c’est-àdire cubique ou corps à six bases, parce qu’il n’y a pas de corps moins mouvant, ni plus stable que le cube.
Ils attribueront au feu d’être tétraèdre (pyramidal) comme étant la forme la plus mobile : et cependant le cube est plus mobile que la pyramide ; il donne son tour entier dans une même impulsion (LU. 18.)
209. — Le bon jugement naît de la bonne intelligence et la bonne intelligence de la raison, tirée elle-même des bonnes règles, filles de la bonne expérience, mère de toutes les sciences et de tous les arts. (C. A. 216, c.)
DE LÉONARD DE VINCI
210. — Quelquefois, je conclurai des effets aux causes et d’autres fois des causes aux effets, ajoutant à mes conclusions quelques vérités qui, bien que n’étant pas incluses en elles, peuvent néanmoins s’en déduire. Il ne faut pas blâmer ceux qui invoquent dans la suite méthodique du développement scientifique, les règles générales tirées d’une conclusion antérieurement établie. (C. A. 200, r.)
211. — L’autre preuve que donna Platon à ceux de Délos n’est pas géométrique, parce qu’elle procède par instrument, règle et compas, et que l’expérience nous la montre ; mais celleci est toute mentale, et par conséquent géométrique. [F. 59, e.)
212. — Le traité de la science mécanique doit précéder le traité des inventions utiles. (G. 7.)
213. — La science instrumentale ou mécanique est la plus noble et s’élève au-dessus de toute autre par son utilité. Elle explique comment tous les corps animés, ayant mouvement, font leurs opérations.
Leurs mouvements naissent de leur centre de gravité qui se trouve placé au centre des poids équivalents et de ce point part l’extension ou la rétraction, la détente ou la contractilité des muscles. (G. 7.)
214. — Je traiterai tel sujet. Mais avant tout, je ferai quelques expériences, parce que je veux présenter d’abord l’expérience. Je démontrerai
1 Q i: textes choisis de léonard de vingi
ensuite pourquoi les corps sont contraints à se
/ , i i . ^ manière. C’est la
méthode qu’on doit observer dans la recherche
des phénomènes de la nature. Il est vrai que la nature commence par le raisonnement et finit par 1 expérience, mais il nous faut procéder autrement et commencer par l’expérience, et, par elle, découvrir la loi. (E. 55.)