Pourquoi le poids ne résiste-t-il pas en son lieu
— Il ne reste pas, faute de résistance.
— Comment se mouvra-t-il ?
— Il se mouvra à l’inverse du centre.
— Et pourquoi pas selon une autre ligne ?
— Parce que le poids qui ne rencontre pas de résistance descend en bas, par la voie la plus brève, et ce qu’il y a de plus bas, c’est le centre du monde.
— Et pourquoi ce poids tombera-t-il vite ?
— Parce qu’il ne va pas, étant animé, par des lignes diverses. ( G. A . 153, o.).
275. — La fin du monde : L’élément aqueux restant inclus parmi les rives croissantes des fleuves et la mer entre la terre accrue : et l’air environnant ayant à entourer la machine amollie de la terre: sa masse, qui se tient entre l’eau et l’élément du feu, s’immobilisera, sera réduite et privée de l’humidité nécessaire.
Les fleuves resteront sans eau, la terre ne montrera plus ses fraîches frondaisons, les champs ne s’orneront plus de plantes renaissantes, les animaux ne trouveront pas de fraîches herbes à paître, ils mourront : la nourriture manquera aux rapaces, lions, loups et autres animaux qui vivent de chasse; et les hommes, après beaucoup d’expédients, abandonneront la vie ; et la génération humaine cessera.
Ainsi, la fertile et fructueuse terre, abandon-
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née, restera aride et stérile, et par la résolution de l’humeur aqueuse (résorbée en son ventre) dans la vivace nature, on observera encore quelques symptômes jusqu’à ce que, sous l’action de l’air froid et léger, elle soit contrainte à finir par l’élément du feu. Alors sa surface se résoudra en amas de cendre et ce sera la fin de la matière terrestre. (R. 995.)
276. — Les rivages s’accroissent sans cesse vers le milieu de la mer, les écueils et promontoires sont sans cesse ruinés ; les mers intérieures découvriront un jour leur fond à l’air et
ne laisseront que le canal du plus grand fleuve s’y jette, lequel ira à l’océan et versera ses eaux avec celle de tous ses affluents. Le Pô en peu de temps desséchera l’Adriatique, de la même façon qu’il a mis à sec une grande partie de la Lombardie. (R. 954.)
277. — Sur le Déluge : D’après les deux couches de coquilles, on doit dire que la terre en s’affaissant plongea sous la mer et ainsi se forma la première couche; le déluge fit la seconde. (R. 994.)
277 bis. — Sur ce point, il y a un doute : le déluge du temps de Noë fut-il universel ou non ? Il paraît que non, d’après les raisons que nous alléguerons.
Dans la Bible nous trouvons que le déluge prédit dura quarante jours et quarante nuits, de pluie continuelle et universelle, et que cette eau s’éleva au-dessus du sommet des plus hautes montagnes. Si la pluie fut universelle, elle entoura notre terre de vagues sphériques ; et la superficie sphérique a toutes ses parties également distantes du centre de la sphère. D’où, la sphère d’eau se trouvant dans la manière de cette condition, il est impossible que l’eau se meuve au-dessus d’elle, parce que l’eau ne se meut pas dans l’eau, si elle ne descend pas. Donc si l’eau de ce déluge s’est ainsi répandue, c’est qu’elle n’avait pas de mouvement propre. Et si elle s’est répandue, par son propre mouve-
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ment, elle n’allait pas au-dessus d’elle-même. Ici, les raisons naturelles manquent, il est nécessaire, pour sortir de ce doute, de proclamer le miracle pour argument, ou de dire que cette eau fut vaporisée par la chaleur du soleil. (C. A. 155, r.)
278. — Si tu dis que les coquilles, qui aux confins d’Italie, loin des mers, à telle hauteur, se voient aujourd’hui, se trouvent là, parce que le déluge les y a laissées — je te répondrai, que si tu crois que le déluge surpassa la plus haute montagne de sept cubes — comme l’écrit celui qui le mesura! — ces coquilles qui toujours se trouvent près du lit de la mer, auraient dù rester sur la montagne et non si près de la base des monts et partout à une même hauteur, couches par couches.
Et si tu dis que ces coquilles étant habituées à se tenir près des lits marins et que croissant en telle hauteur, elles quittèrent d’elles-mêmes leur premier endroit et suivirent l’accroissement de l’eau jusqu’à sa plus grande hauteur; on répond que la coquille animale n’est pas plus véloce de mouvement que ne serait la limace hors de l’eau et quelque peu moins, parce qu’elle nenage pas, mais fait un saut, ou s’appuie, et ainsi cheminera, de trois ou quatre brasses, en un jour. Donc, de ce pas, le coquillage ne cheminera pas de la mer Adriatique jusqu’à Montferrat en Lombardie (250 milles de dis-
tance) à moins de quarante jours — comme dit celui qui tint compte de ce temps.
Et si tu dis que les eaux les portèrent par leur gonflement, confesse du moins qu’elles devaient séjourner à la cime des plus hauts monts et dans les lacs qui sont sur les montagnes comme ceux de Lario, de Corne, Majeur, de celui de Fiesole et de Pérouse et autres semblables.
Et si tu dis que les coquillages sont portés par les eaux, étant vides et morts, je te demanderai où allaient les morts? Peu se retrouvaient, et dans cette montagne, on les a rencontrés tous vivants: ce qu’on reconnaissait à ce que leurs valves étaient jointes, dans une file où il n’y en avait point de morts. Un peu plus haut, on a trouvé l’endroit où étaient jetés par les eaux tous les morts avec leurs valves séparées, là où le fleuve tombait à la mer, en grande profondeur. Et si les coquilles avaient été apportées par le déluge, seraient-elles aussi placées séparément les unes des autres dans la vase et ordonnées en degrés, en étages, comme on le voit maintenant. (R. 984.)
A cela, certains répondront que telle influence astrale domine ces animaux. Cependant on ne peut mettre, en même ligne, que des animaux de même sorte et âge, et non le vieux avec le jeune et l’un avec une carapace et l’autre sans, l’un rompu et l’autre entier; et non l’un plein
de sable marin et de petits platras et grossis de coquillages agglutinés qui sont restés ouverts, et non la bouche d’un homard sans un reste de son corps ; et non les coquilles d’autres espèces liées ensemble en forme d’animal qui se meuvent par elles-mêmes. Encore on trouve le vestige de son passage sur l’écorce qu’il a déjà attaquée à la façon d’un ver sur le bois mort ; on ne trouverait là ni os ni dents de poissons, que quelques-uns, flèches et autres langues de serpent; enfin il ne rencontrerait pas tant de membres de divers animaux unis ensemble, s’ils n’avaient pas été projetés du fond des mers.
Le déluge ne les a pas apportés, parce que les corps plus lourds que l’eau ne se tiennent pas sur l’eau ; et ceux dont nous parlons ne seraient pas à une telle hauteur si déjà, à la nage sur l’eau, ils n’avaient été portés : ce qui est impossible à cause de leur poids.
Là où les vallées n’ont pas reçu les eaux salées de la mer, on ne trouve pas ces coquilles comme on le constate dans la grande vallée de l’Arno, au-dessus de Gonfolina, rocher anciennement uni avec le mont Albano, en forme de très haute chaussée qui tenait encaissé un fleuve ; de façon qu’avant qu’il se versât dans la mer qui était auprès du rocher, il formait deux grands lacs dont l’un occupait l’emplacement où aujourd’hui fleurit la cité de Florence, avec Prato, Pistoïa et Monte Albano : le reste de la chaus-
sée correspond aujourd’hui au territoire de Serravalle.
Du Val d’Arno vers Arezzo, il se forma un second lac qui versait ses eaux dans le premier, là où se voit aujourd’hui Girone ; il occupait toute la vallée, sur un espace de quarante milles de longueur. Cette vallée recevait, dans son fond, toute la terre apportée par l’eau trouble ; on la voit encore rester très haute au pied de Prato Magno, où les fleuves ne l’ont pas consommée et parmi cette terre on voit le profond lit du fleuve descendant du grand mont de Prato Magno, et dans ce lit on ne remarque aucun coquillage ni terre marine. Ce lac se réunit à celui de Pérouse.
On trouve beaucoup de coquilles là où les fleuves se versent dans la mer, bien qu’en tels endroits l’eau ne soit pas si salée à cause du courant d’eau douce qui s’y mêle.
L’indice de cela se voit à l’endroit où les Monts Apennins versent leurs fleuves dans la mer Adriatique ; ils montrent pour la plupart parmi les rochers une quantité de coquilles mêlées au sable de mer et tous les rochers creux de cet endroit sont remplis de coquillages.
L’Arno fait de même, quand il tombe du rocher de la Gonfolina dans la mer, qui depuis là, ne se trouve pas trop loin, parce qu’en ces temps elle dépassait la hauteur de San Miniato al Tedesche; et au sommet on voyait les rives
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pleines de coquilles et des huîtres dans ses mares ; les coquilles ne s’étendent pas vers le val de Nievale, car l’eau douce de l’Arno n’atteint pas jusque-là.
Les coquilles ne quittèrent pas la mer par le fait du déluge, parce que l’eau que déverse la terre y passait et qu’elle tirait la mer vers la terre, et qu’elle touchait le fond. Car l’eau qui vient de la terre a plus de cours que celle qui vient de la mer et ayant plus de force entre sous l’eau de mer, en remue le fond et entraîne toutesles choses mobiles qu’elle trouve comme les coquilles et leurs similaires ; et autant l’eau qui vient de la terre est plus troublée que celle de la mer, autant elle est plus puissante et plus lourde.
Donc je ne vois pas moyen de tirer les coquilles, dans la nature, sinon qu’elles y sont nées.
Si tu me dis : le fleuve Loire, qui passe par la France, couvre plus de ottante milles de pays, parce que le sol est très plat; et là, la mer s’élève à vingt brasses, les coquilles se trouvent en ce sol plat, distant de la mer de ottante milles, je répondrai que le flux et le reflux dans nos mers intérieures n’amènent pas autant de changement, parce qu’à Genève rien ne varie, à Venise peu, peu aussi en Afrique ; et où elle varie peu, elle occupe peu de pays. (i?. 987.)