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Le taureau sauvage déteste la couleur rouge

Les chasseurs habillent de rouge le pied d’une plante et le taureau court à elle et avec grande furie la frappe de ses cornes, et lors les chasseurs le tuent. (H. 8, r.)

Tempérance.

450. — Le chameau est le plus luxurieux animal qui soit ; il fera un millier de milles pour rejoindre une chamelle, et cependant il peut vivre avec sa mère et sa sœur, sans jamais les toucher, si grande est sa tempérance. {H. 10, r.)

Fausseté.

451. — Le renard, quand il voit quelque troupe de pies ou de corneilles ou oiseaux sem-

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blables, soudain se jette à terre, avec la bouche ouverte comme mort et les oiseaux le voient tirer la langue; cette langue cache la tête. (H. 9, r.)

Mensonge.

452. — La taupe a les yeux très petits et gîte sous la terre et tant qu’elle vit elle reste cachée. Si elle vient à la lumière subitement, elle meurt, comme toute chose menteuse. (H. 9, r.)

Dauphin

453. — La nature a donné aux animaux outre la connaissance de leur commodité, celle de l’incommodité de leurs ennemis. Le dauphin, quand il rejette les tailles de ses nageoires, se place sur le dos et quand il peut atteindre le ventre du crocodile, alors, dans leur combat, il le pousse dessous, lui ouvre le ventre et ainsi le tue.

Le crocodile est terrible à celui qui fuit, et très vil à qui le chasse. (H. 26, r.)

Hippopotame .

454. — Quand il se sent malade, il cherche une épine ou à défaut un débris tranchant de roseau et frotte tant une veine qu’elle s’ouvre.

Le sang de trop étant sorti, avec le limon il bouche et ferme la plaie. Il ressemble au cheval: l’ongle fendu, la queue tordue et dents de

sanglier, le cou avec des crins, la peau ne se peut tanner, si on ne la mouille ; il se nourrit de blé ; dans les champs, il entre en arrière, afin de préparer sa sortie, même en passant l’eau, dans une fuite très rapide. Il a les yeux enfoncés, de grandes oreilles et se guide plus d’après l’ouïe que d’après la vue. ( H . 26, r .)

Le Renne .

455. — Le renne naît aux îles Scandinaves; il a la forme d’un grand cheval, sauf que le cou et les oreilles sont plus longs : il paît l’herbe tout droit, tellement ses lèvres sont longues qu’ainsi il la touche.

Il a la jambe d’un seul morceau et quand il veut dormir il s’appuie à un arbre. Les chasseurs connaissent l’endroit où il dort et scient tout l’arbuste, et quand il s’appuie pour dormir il tombe; les chasseurs, alors, le prennent, et il n’y a pas d’autre moyen, car il est d’une incroyable vélocité à la course. (H. 21, r.)

Bison.

456. — Le bison naît en Peonie, il a les crins du cheval et pour le reste ressemble au taureau, sauf que ses cornes sont placées en arrière et qu’il ne peut foncer. Il n’a d’autre salut que dans la fuite où il jette de la fiente toutes les quatre cents brasses et si on touche cette fiente, elle brûle comme du feu. (H. 21, r.)

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Biche.

457. — La biche, qui se sent mordue par l’araignée dite falonge, mange des écrevisses et se libère d’un tel venin. (H. 22, r.).

Belette.

La belette, quand elle chasse les rats, mange d’abord de la rue. ( ld .)

Sanglier.

Le sanglier soigne ses maladies en mangeant du lierre, (ld.)

Serpent.

Quand le serpent veut renouveler sa peau, il se gîte dans un vieux rocher et commençant par la tète, il change en un jour et une nuit. (II. 6, r.)

Panthère.

La panthère, même les entrailles sorties, lutte encore avec les chiens et les chasseurs. (H. 20-21.)

Paix.

458. — On dit du castor que, lorsqu’il est poursuivi, sachant que c’est pour la vertu médicinale de ses testicules, et ne pouvant pas fuir, s’arrête et pour avoir la paix avec les chasseurs, de ses dents tranchantes, coupe ses testicules et les laisse à ses ennemis. (H. 6, r.)

Crainte.

459. — Le lièvre toujours tremble et les feuilles qui tombent des arbres en automne le font frémir et parfois le mettent en fuite. {H. 10, r.)

Chasteté.

460. — La tortue ne trompe jamais son compagnon et si l’un meurt, l’autre observe une perpétuelle chasteté et ne se pose plus jamais sur un rameau vert et ne boit plus à une onde claire. {H. 12, r.)

Avarice.

461. — Le crapaud se repaît de terre et toujours reste maigre, faute de se rassasier; et il est si craintif que cette terre même, il ne la mange pas. ( H . 6, r.)

462. — II fuit la lumière du soleil, et si par force on le retient, il se gonfle, tant que la tête disparaît en bas pour échapper à ses rayons. Ainsi fait l’ennemi de la claire et luisante vertu, qui ne peut, qu’en exaltant fortement l’âme, demeurer vive. (H. 17, r.)

Hermine.

463. — Modération réfrène tous les vices. L’hermine, avant de mourir, se vide le corps.

L’hermine ne mange qu’une seule fois par jour et avant de se laisser prendre par les chas-

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seurs veut fuir dans sa fosse pour ne pas maculer sa gentillesse. (H. 12, r.)

Catopléas.

464. — Natif d’Éthiopie, près de Négrepont le catopléas est un serpent moyen et paresseux de tous ses membres ; il a une tête si grande qu’il la porte avec peine et la laisse pendre vers la terre. Autrement il serait une peste pour l’homme, car quiconque rencontre ses yeux tombe mort. (H. 24.)

Basilic.

465. — De la province Arénaïque, pas plus long que douze doigts, il porte sur la tête une tache blanche semblable à un diadème. Comme le sifflement chasse tout serpent, par sa ressemblance de forme il ne se meut avec sinuosité, mais reste immobile. On dit d’un basilic mort du coup de lance d’un cavalier, que le venin courant sur la lance, non le cavalier mais le cheval mourut. Il gâte les blés et non seulement ceux qu’il touche, mais là où il souffle, il sèche l’herbe et brise les pierres. {H. 24.)

Belette.

466. — La belette trouvant le trou du basilic à l’odeur de son urine répandue, le tue ; l’odeur de cette urine, d’autres fois, tue la belette ellemême. (H. 7, r.)

Cruauté.

467 . — Le basilic est si cruel que lorsqu’il ne peut tuer les animaux par ses yeux venimeux, il se tourne contre les herbes et les plantes et jetant sur elles les effluves de son regard, il les fait dessécher.

Tous les serpents le fuient, la belette, par le moyen de la rue, le combat et le tue. (H. 7, r.)

Vipère.

468. — Elle a cela de particulier qu’ouvrant la bouche et l’extrémité de ses petites dents elle tue le mâle ; ensuite, en grandissant, les petits déchirent le ventre et tuent la mère. (H. 14, r.)

Boa.

469. — Ce serpent, très grand animal, quand il voit un oiseau dans l’air, exhale une haleine si puante que l’oiseau lui tombe dans la bouche.

Marcus Regulus, consul de l’armée romaine, fut assailli ainsi que son armée d’un semblable animal et presque perdu. Une machine murale le tua; il avait 125 pieds ,c’est-à-dire 64 brasses et demie, 'dépassant de la tête tous les végétaux d’une forêt. (11. 21, r.)

Ce grand serpent s’enroule aux jambes de la vache et puis reste ainsi et la tette, jusqu’à la dessécher. De cette espèce au temps de Claude, empereur, sur le mont Vatican, il en mourut un.

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II avait un enfant entier dans le corps, qu’il avait avalé. {U. 21.)

Dragon.

470. — Celui-ci lie la jambe à l’éléphant, ils tombent ensemble et tous deux meurent. En expirant, il se venge. (H. 14. v.)

Le dragon se jette sous le corps de l’éléphant, avec sa queue lui noue les jambes et avec ses ailes et ses pattes lui entoure les côtés et avec ses dents l’égorge ; l’éléphant tombe sur le dos, et le dragon crève ainsi, et avec sa mort, son ennemi se venge. ( H . 24.)

470 bis. — Les dragons vont ensemble et se complètent à la façon des hydres; la tète levée ils passent le marais et nagent où ils trouvent meilleure pâture, et, quoiqu’ils soient plusieurs, ils ne paraissent qu’un seul animal. (H. 20, r.)

Céraste.

471. — Il a quatre petites cornes mobiles; quand il veut manger, il se cache tout entier sous les feuilles et ne laisse passer que ses cornes: et comme elles remuent, les oiseaux les prennent pour de petits vers qui s’agitent ; soudain si les oiseaux se baissent pour les saisir, le céraste se déroule en cercle et les dévore. {H. 24.)

Am/esibène.

472. — Il a deux têtes: l'une à la place normale, l’autre à la queue comme s’il ne suffisait pas que le venin gîtât en un seul lieu. (H. 24.)

Iaculo.

473. — Il se tient sur les plantes et se lance comme un dard, atteint le fauve et le tue. (AT. 24).

L’aspic.

474. — Il n’y a pas de remède à ses morsures si on ne coupe la partie mordue. Ce pestiférant animal a telle affection pour sa compagne qu’il l’accompagne toujours et que si par disgrâce l’un d’eux meurt, l’autre avec une incroyable vélocité suit l’assassin ; et si attentif et empressé à la vengeance, qu’il surmonte toute difficulté. Il cherche à atteindre son ennemi et parcourt le plus vaste espace : on ne peut le lasser.

Il a les yeux enfoncés, de grandes oreilles et se dirige plus par l’ouïe que par la vue. (H. 24. 2.)

Ichneumon .

475. — Ce mortel ennemi de l’aspic naît en Egypte, et quand il voit près de lui un aspic il court à la fange du Nil, s’y roule et puis se sèche au soleil, et de nouveau se couvre de fange et de nouveau aussi se sèche ; une fois

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après l’autre, il se fait trois ou quatre vestes à la similitude d’une cuirasse. Ensuite il assaille l’aspic et vaillamment se lance dans la bouche et perce l’estomac et les entrailles et enfin le tue. (. U . 25.)

Crocodile.

476. — Ce fils du Nil a quatre pieds ; redoutable sur l’eau comme sur terre, il est le seul animal qui n’ait pas de langue et qui morde en remuant la mâchoire supérieure. Il atteint 40 pieds, griffu, armé de cuir, propre à tout coup, il se tient sur la terre et passe la nuit dans l’eau. Il se nourrit de poisson, s’endormant sur la rive du Nil, la bouche ouverte, et l’oiseau dit trochilo, très petit de taille, fond dans sa bouche et entre ses dents et va y becqueter la nourriture qui est restée, et comme, picotant avec une volupté exquise, l’invitant à ouvrir sa gueule toute grande et à ainsi s’endormir. (H. 25.)

Comme on l’a vu pour l’ichneumon, le trochilo s’élance dans la gueule, perfore l’estomac et le ventre et finalement tue son adversaire. (H. 17 ,r.)

Hypocrisie.

477. — Le crocodile attaque l’homme et soudain le tue. Après qu’il est mort avec une voix lamentable et beaucoup de larmes il le pleure, et sa lamentation finie, cruellement il le dévore.

Ainsi fait l’hypocrite qui pour la même cause emplit ses yeux de larmes avec un cœur de tigre et se réjouit intérieurement du mal d’autrui avec un visage plein de pitié. (H. 17, r.)

Vertu.

478. — La salamandre dans le feu perfectionne sa carapace. Comme la vertu, elle n’a rien de passif et ne prend souci d’autre nourriture que du feu, où elle rénove son écorce. (AT.12, r.)

Caméléon.

479. — Le caméléon vit d’air et se concilie tous les oiseaux, et pour être plus en sécurité vole au-dessus du nuage, dans une zone si subtile que les oiseaux qui l’ont suivi ne peuvent s’y soutenir.

A cette hauteur ne va que celui à qui le ciel a permis, comme vole le caméléon.

Le caméléon prend toujours la couleur de la chose où il se pose. Parfois il se confond avec le feuillage et ainsi les éléphants le dévorent. (H. 27, r.)

Chenille.

479 bis. — La chenille, grâce à son habile façon de tisser, avec admirable artifice et subtill abeur, sa nouvelle habitation, en sort ensuite avec de belles ailes de couleur par lesquelles elle monte vers le ciel. (H. 17, r.)

Araignée.

480. — L’araignée accouche de l'artificieuse et magistrale toile qui lui garde, |par bénéfice, la proie qu’elle a prise. (H. 17, r.)

Tarentule.

481. — La morsure de la tarentule maintient l'homme dans la disposition d’esprit où il se trouvait quand il fut mordu. (H. 18, r.)

Justice,

482. — On peut assimiler la vertu de justice au roi des abeilles qui ordonne et dispose tout avec raison ; les unes sont chargées d'aller aux fleurs, les autres de travailler, d’autres encore à combattre les guêpes, d’autres à enlever les ordures, d’autres à former le cortège du roi. Vieux et sans ailes, on le porte, et si l’une manque à son office, elle est punie sans rémission. (H. 8, r.)

Cigale.

483. — Son chant fait taire le hibou ; elle meurt dans l’huile et renaît dans le vinaigre ; elle chante par les ardentes chaleurs. (H. 14, r.)

Scorpion.

484. — La salive crachée à jeun sur le scorpion le tue, à la similitude de l’abstinence de gueule qui ôte la vie et tue les malades, car de

cette gueule nous dépendons ; elle est âpre la voie delà vertu. (H. 14, r.)

Papillon.

485. — Là où il y a plus de lumière, il est plus aveugle, et plus il regarde le soleil, plus il s’effare. Pour le vice qui ne peut supporter la vertu. ( H . 14, r.)

Prudence.

486. — La fourmi, par son instinct propre, prévoit l’été par le printemps, tuant les semences recueillies pour qu’elles ne germent pas : et elle se nourrit d’elles au temps venu. (H. 8, r.)

Duc et Civette.

487. — Ils châtient ceux qui les outragent, en les privant de la vie : ainsi la nature l’a ordonné puisqu’ils se mangent. {U. 19, 20, r.)

V OLUCB AIRE

Amour de la vertu.

488. — L’alouette est un oiseau dont on dit que porté auprès d’un malade, si l’infirme doit mourir, l’oiseau vole de côté, se tient à l’opposé et jamais ne le regarde ; et si le malade doit en réchapper, l’oiseau jamais ne le quitte de vue afin de lui enlever toute la maladie.

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Ainsi, l’amour de vertu ne considère pas chose vile ni triste et demeure toujours avec l’honnête et le bien, et toujours, en son cœur gentil, garde l’exemple des oiseaux dans les vertes forêts, perchant sur les rameaux fleuris.

Cet amour parait mieux dans l’adversité que dans la prospérité, comme la lumière qui resplendit d’autant plus qu’elle se trouve dans un lieu sombre. (H. 5, r.)

L’allégresse.

489. — Elle est représentée par le coq, qui se régale de la plus petite chose et chante, avec des mouvements variés et joyeux. {H. 11.)

La tristesse.

490. — Elle s’assimile au corbeau qui, quand il voit ses fils être blancs, se livre à une grande douleur et s’abandonne à des cris désolés et ne s’apaise que s’il voit quelque peu de plumes noires. [H. 11, r.).

Magnanimité .

491. — Le faucon, par son vol altier et dédaigneux, veut l’emporter sur tous les autres oiseaux de proie et voudrait être le seul : on l’a vu parfois attaquer l’aigle, roi des oiseaux. (H. 11, r.)

Faucon.

492. — Le faucon ne prend que les gros oiseaux et préfère mourir que de manger une chair qui sent mauvais. {H. 17, v.)

L'envie.

493. — On lit du milan que, lorsqu’il voit ses fils dans le nid devenir trop gras, il les frappe de coups de bec et les tient sans manger. {H. 52, r.)

493 bis. — Le vautour est tant porté sur la gueule qu’il fera mille milliers pour manger d’une charogne: et pour cela il suit les armées. (H. Il, r.)

L’aigle.

494. — Quand l’aigle est vieux, il vole si haut qu’il brûle ses plumes et la nature consent à ce qu’il retrouve la jeunesse en tombant dans une eau peu profonde.

Si ses petits ne peuvent soutenir la vue du soleil, il ne les nourrit pas. Aucun oiseau qui veut vivre ne s’approche de son nid ; tous les animaux le craignent, mais il ne leur nuit pas et leur laisse quelque chose de sa proie. ( H . 12, r.)

Ibis.

495. — L’ibis ressemble à la cigogne; et quand il se sent malade, il emplit d’eau son gosier et avec son bec se donne un clistère. (H. 26, r.)

Corbeau.

496. — Le corbeau, quand il a tué le caméléon, se purge avec du laurier. ( H . 17, r.)

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Ingratitude.

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