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EN CORRECTIONNELLE ET A LA FORCE

Je passe encor, grâce à Bridoic (1), Un carnaval sous les verrous.

Ici fallait-il que je vinsse Perdre des jours vraiment sacrés !

J'ai de la rancune de prince :

Mon bon roi, vous me le paîrez.

Dans votre beau discours de trône (2), Méchant, vous m'avez désigné.

C'est me recommander au prône ; Aussi me suis- je résigné.

Mais, triste et seul, quand j'entends rire Tout Paris en joyeux émoi, Je reprends goût à la satire :

Vous me le paîrez, mon bon roi.

Voyez, verre en main, bouche pleine.

Fous déguisés de vingt façons.

Mes amis m'oubher sans peine, Tout en répétant mes chansons.

Avec eux, ma verve en démence Eût perdu ses traits acérés ; J'aurais pu boire à la clémence :

Mon bon roi, vous me le paîrez.

Vous connaissez Lise la folle, Qui sur mes fers pleure d'ennui ; Ce soir même un bal la console :

« Bah ! dit-elle ; tant pis pour lui ! » J'allais, pour complaire à la belle.

Nous peindre heureux sous votre loi ; Serviteur ! Lise est infidèle :

Vous me le paîrez, mon bon roi.

Dans mon vieux carquois où font brèche Les coups de vos juges maudits, H me reste encore une flèche ; J'écris dessus : Pour Charles Dix.

(1) J'ai passé à Sainte-Pélagie le carnaval de 1822.

(2) Il y avait, dans le discours du trône de cette année, une phrase où tout le monde a cru voir une application à l'affaire qui m'a été faite. Quel honueur 1

dGG BERANGER. — CHAP. VI

Maigre ce mur qui me désole,

Malgré ces barreaux si serrés,

L'arc est tendu, la flèche vole : ^

Mon bon roi, vous me le paîrez.

Œuvres, III, 256,

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