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il quitta Sttittgarclty et le 1 9 il entra à Manheim, ayant pour toute ressource te manuscrit de sa tragédie de Fiesqxie. Après diverses aventures, il devînt conseiller du duc de Saxe-Weimar, et professeur d'histoire à léna (1789). Il renonça de bonne heure aux fonctions pénibles de renseignement, et vint en 1799 se fixer à Weimar, où le duc Charles-Auguste le combla de marques d'estime et d'affection, et où il jouit de la fréquentation facile et suivie de Goethe, dont il admirait de plus en plus le génie. Il mourut le 9 mai 1805, à quarante-six ans.
Outre ses tragédies au nombre de netlf, les Brigands ^ Fiesqv^f Louise Miller^ Don Carlos j Wallenstein^ 'Marie Stuart, Jeanne Darcy la Fiancée de Messiney Guillaume Telly Schiller a laissé des poésies pleines d'originalité, d'imagination et de grâce, des ouvrages historiques, Histoire de la défection des Pays-Bas^ Histoire de la guerre de Trente ans, et des articles de critique. II rédigeait VAlmch nach des Muses en commun avec Goethe son ami.
Les poésies de Schiller ont été traduites par Marmier, son Théâtre par Barante ( 1821 ), la Guerre de Trente ans par Champfeu {1S03) y et par Mailher de Chassât (1820). M, Adolphe Régnier a donné en 1859 une Vie de Schill^ et uneexcellente traduction de ses œuvres complètes^.
William Shakespeaw, né en 156â à Stratforà-sur-Avon, dans le comté de Warwick, mena d'abord une vie îrrégulière et vagabonde. Il vint en 1585 à Londres, où il se fit acteur, puis auteur dramatique. Ses premières productions paraissent dater de 1589. Il acquit bientôt une réputation inmiense, attira l'attention de la reine Elisabeth et de Jacques I**, et devint propriétaire du théâtre du Globe où il s'enrichit promptement. En 1610 il se retira dans sa vîUq natale ; 6^est là qu'il mourut en 1615.
1. Voir U abapitre de Mme de Sta61 sur SchiUery cité page 151.
Shakespeare a laissé trente-cinq pièces, qui ne forent imprimées poar la plupart qu'après sa mort^ et qui paraissent avoir subi entre les mains des copistes et dea comédiens de graves altérations.
Ses œuvres ont été traduites en français par Letournewr (1776-82), 20 vol. in-8'. Cette première traductiona M ri^ visée et réimprimée plusieurs fois^ par MM. Guizot^ B(h ranteetPichotilS2\)f par M. Francisque Michel (ISkO), -*^ M. FrançoiS'Yictor Hugo, M. Emile Montégut ont donné récemment des traductions nouvelles des œuvres de Sha^ kespeare.
Voltaire le premier fit connaître en Errance le tragiqut tn** glais ; son goût délicat est trop sensible k des défauts qui sont ceux du temps, mais il n'en reconnaît pas moins le génÎB du poète. « C'est la vérité, c'est la nature elle-même qui parle son propre langage sans aucun mélange de l'art» C'est du sublime, et Tauteur ne Ta point cherché. » Pan* dant longtemps le public français conserva contre Shakiei^peare une prévention dont il est msdntenant à peine guéri. Ducis, qui l'admirait sincèrement, corrigeait ses drames avant d'oser les risquer sur la scène française. Les poètes de l'école romantique en quête d'une forme dramatique nouvelle qu'ils pussent opposer avec éclat à la tragédie, allèrent droit k Shakespeare, et lui demandèrent non pas son génie, mais sa forma, sa liberté absolue, ses changements de scènes, ses contrastes heurtés, sa langue auda^ cieusement populaire. Considérer Shakespeare i^mime ié patron des nouveautés barbares, e'étaît prendre pïécisément le contre-^pied du rôle de ce gmnd poète. Loin d^exiLgérer la licence du théâtre an^iM, Shakespeare l'avait restreinte. Le tort des romantiques ne fut pourtant pas d'imiter Shakespeare, mais de lui ressembler trop peu. Au« jourd'hui que ces querellas sont apaisées, les amis de la poésie négligent ces questions secondaires 46 forme et de système, et admirent partout où ils la rencontrent, chez Shakespeare aussi bien que chez Corneille, Racine ou Molière, cette faculté de créer des personnages vivants qui fait
seule au théâtre les œuvres durables. Malgré des fautes de goût évidentes, des disparates choquantes, des plaisanteries grossières, des expressions emphatiques et guindées, Shakespeare possède au plus haut degré le don de sentir et d'exprimer la vie. H crée véritablement ses héros; il leur donne une vie indépendante qui n'est gênée ni par la volonté arbitraire du poète, ni même par les exigences de Faction. Une fois conçus et animés d'une existence personnelle, il les lance sans arrière-pensée à travers les événements: c'est à eux de se faire librement leur destinée. Maintes fois la fable dramatique semble plier sous le faix des caractères : les unités aristotéliques crient et se rompent. Le poète s'en soucie peu, il est trop sûr que la vérité des personnages entraînera celle de l'intrigue. La loi suprême qu'il pourra quelquefois enfreindre, mais qu'il aura du moins la gloire de proclamer, c'est « de ne point dépasser les bornes du naturel, car tout ce qui va au delà s'écarte du but de la scène, qui a été de tout temps et est encore maintenant de réfléchir la nature comme un
miroir *,
lOLTON.
John Milton, né à Londres en 1608, passa sa jeunesse dans l'étude et les voyages. Il prit une part active irla révolution de 1640, et se signala parmi les plus ardents ennemis de Charles I*'. H entra assez avant dans la faveur de Gromwell, et par une fatalité qui n'est que trop commune, dit Voltaire, ce zélé républicain fut le serviteur d'un tyran. Il fut secrétaire du Protecteur, qui employa sa plume pour justifier la mort du roi. Il avait cinquante-deux ans, quand la famille royale fut rétablie. Arrêté et emprisonné comme régicide, sauvé par le poète Davenant, et mis en liberté au bout de deux mois, mais déclaré incapable de posséder aucune charge dans le royaume» il se retira dans la solitude,