‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 16 sur 126 · ZAMORE · texte numérisé non relu

ZAMORE

Je demeure immobile, égaré, confondu.

Quoi donc f les v^ais chrétiens auraient tant de vertu 1

Ah 1 la loi qui t'oblige à cet effort suprême.

Je commence à le croire, est la loi d'un Dieu m6jne.

J'ai connu ramltié , la constance, la fbi ;

Mais tant de grandeur d'âme est au-dessus de moi ; Tant de vertu m'accable, et son charme m'attire. Honteux d'être vengé, je t'aime et je t'admire.

{Il se jette à ses pieds.)

ÂLZIRE.

Seigneur, en rougissant je tombe à vos genoux. Alzire, en ce moment, voudrait mourir pour vous. Entre Zamore et vous mon âme déchirée Succombe au repentir dont elle est dévorée.

Je me sens trop coupable; et mes tristes erreurs....

GDSMAN.

Tout vous est pardonné, puisque je vois vos pleurs. Pour la dernière fois approchez-vous, mon père I Vivez longtemps heureux ; qu'Âlzire vous soit chère 1 Zamore^ sois chrétien ! je suis content ; je meurs.

ALVAREZ, à Montèze.

Je vois le doigt de Dieu marqué dans nos malheurs. Mon cœur désespéré se soumet, s'abandonne Aux volontés d'un Dieu qui frappe et qui pardonne.

MÊROPE.

Gresphonte, roi deMessène, est mort assassiné. L'assassin, Polyphonte, a su depuis quinze ans tenir son crime secret, et écarter de lui tous les soupçons, en se donnant hardiment pour le vengeur de sa victime. Il s'est fait cependant un parti dansMessène, et croit enfin le moment venu de découvrir ses projets ambitieux, et de s'emparer du pouvoir. Pour y réussir plus sûrement, il prétend obliger Mérope, la veuve de Gresphonte, à lui donner sa main. Mais le fils de Mérope, Égisthe, dérobé jadis par Narbas aux meurtriers de son père, et élevé loin de Messène par son sauveur, y revient à propos pour empêcher ce mariage, et pour venger Gresphonte.

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