‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 17 sur 126 · ISMÉNIE · texte numérisé non relu

ISMÉNIE

n est.... le digne fils des dieux ; Égisthe I II a frappé le coup le plus terrible. Non, d'Alcide jamais la valeur invincible N'a d'un exploit si rare étonné les humains.

NARBAS.

mon fils l 6 mon roi, qu'ont élevé mes mains I

ISMÉNIB .

La victime était prête, et de fleurs couronnée;

L'autel étincelait des flambeaux d'hyménée ;

Polyphonte, l'œil fixe, et d'un front inhumain,

Présentait k Mérope une odieuse main ;

Le prêtre prononçait les paroles sacrées ;

Et la reine, au milieu des femmes éplorées,

S'avançant tristement, tremblante entre mes bras,

Au lieu de l'hyménée invoquait le trépas;

Le peuple observait tout dans un profond silence.

Dans l'enceinte sacrée en ce moment s'avance

Un jeune hon^e , un héros, semblable aux immortels.

Il court; c'était Égisthe ; il s'élance aux autels ;

Il monte, il y saisit d'une maiif assurée

Pour les fêtes des dieux la hache préparée.

Les éclairs sont moins prompts ; je l'ai vu de mes yeuX;

Je l'ai vu qui frappait ce monstre audacieux.

a Meurs, tyran, disait-il ; dieux, prenez vos victimes, »

Érox, qui de son maître a servi tous les crimes,

Érox, qui dans son sang voit ce monstre nager,

Lève une main hardie, et pensé le venger.

Ëgisthe se retourne, enflanmié de furie ;

A côté de son maître il le jette sans vie.

Le tyran se relève : il blesse le héros;

De leur sang confondu j'ai vu couler les flots.

Déjà la garde accourt avec des cris de rage.

Sa mère.... Âht que l'amour inspire de courage!

Quel transport animait ses efforts et ses pas !

3a mère.... Elle s'élance au milieu des soldats.

< C'est mon fils ! arrêtez I cessez troupe inhumaine !

«C'est mon fils, déchirez sa mère et votre relue,

« Ce sein qui l'a nourri, ces flancs qui l'ont porté I »

14 DIX-HUmÈMB SIÈCLE.

A ces cris douloureux le peuple est agité ;

Uue foule d'amis, que son danger exeite,

Entre elle et ces soldats vole et se précipite.

Vous eussiez vu soudain les autels renversés;

Dans des ruisseaux de sang leurs débris dispersés j

Les enfants écrasés dans les l»vas de leurs mères ;

Les frères méconnus immolés par leurs frères :

Soldats^ prêtres, amis Tua sur Fautre expirants :

On marche, on est porté sur les ccvrps des mourants.

On veut fuir, on revient; et 1» foute pressée

D'un bout du temple à Tautre est vingt fois repoussôe.

De ces flots confondus le flux impétueux

Roule, et dérobe Ëgisthe et la reine à mes yeux.

Parmi les combattant je vole ensa&^laatéâ :

J'interroge à grands cris la foule épouvantée ;

Tout ce qu'on me répondi redouble mon horreur.

On s'écrie : «Il est mort, il tooiUa^^il est va^queurU

Je cours, je> me consume, et le peup].d mt^e^tralne»

Me jette en ce paj^s,. éplocée» ince^rtaine,

Au milieu des mourants, des moftset çUs débris.

Venez, suivez BSkes pas, joignez-voi^ à mes cris :

Venez. J'i^oore encodr si la reine est sauvée,

Si de son dign& fils la vi« est conservée,

Si le tyran n'est plus. Le trouble, la terireur,,

Tout ce désordre horrible est encor dans nivon cœur.

NARBAS.

Arbitre des humains^ divine Providience,

Achève ton ouvra^, et S9utiens Tinnocence

A nos malheurs passés masure tes bienfaits ;

ciel'! conserve Ëgisthe, et que je ipaeure en paixt

Ak ! parmi ces soldats ne vois-je point la teine?

ScÊNB VII. — BfÉROPE, ISMÉNIB, NARBAS, peuple, soldats.

{On voit dans le fond du théâtre le corps de Fûiypkon$e , cfmtert

d^une robe s<mglante^}

MËROPB.

Guerriers, prêtres, amis, citoyens de fifessène, Au nom des dieux vengeurs, peuples, écoutez-moL Je vous le jure encore, Ëgisthe est votre roi : Il a puni le crime, il a vengé son père.

Celui que vous voyez traîné sur la poussière, C'est un monstre ennemi des dieux et des humain» ' Dans le- sein de €i«^honte it ealbnça se& maixo. Cresph^ite^ moa é^oux, >Wft vj^ff^ votre mattse.

JAes deux fils sont toml)és sooa les coi;^s de ce traître.

Il ^primait Messène, il usurpait mon rang ;

n iQ*offrait une main fumante de mon sang.

Ç^ çourakt vers Égisthej qui arrive la hache à ta matii.>

Celui que yous voyer, vainqueur de Polyphonte,

C'est le fils de vos rois, e'est le sang de Grasphonte ;

C'est le mien, c'est le seul qui reste à ma douleur.

Quels^ témoins voules-vous plus certains que mon cœur?

Begatdez ce veilla^d ; c'est lui dont la prudence

4ui mains de Polyphonte arracha son enftlnce.

tes diAuz ont fait le reste.

ITARBAS.

Oui, j'atteste ces dieui^ Que c'est là votre roi qui combattait pour eux.

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