‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 69 sur 126 · ARRIVÉE ▲ ATHÈNES PAR LA ROUTE D'ÉLEUSIS · texte numérisé non relu

ARRIVÉE ▲ ATHÈNES PAR LA ROUTE D'ÉLEUSIS

Les voyageurs qui visitent la ville de Gécrops arrivent ordinairement par le Pirée ou par la route de Négrepont. Ils perdent alors une partie du spectacle, car on n'aperçoit que la citadelle quand on vient de la mer ; et l'Ânchesme coupe la perspective quand on descend de l'Eubée. Mon étoile m'avait amené par le véritable chemin pour voir Athènes dans toute sa gloire.

La première chose qui frappa mes yeux, ce fut la citadelle éclairée du soleil levant : elle était juste en face de moi, de l'autre côté de la plaine, et semblait appuyée sur le mont Hymette, qui faisait le fond du tableau. Elle présentait, dans un assemblage confus, les chapiteaux des Propylées', les colonnes du Parthénon et du temple d'Srechthée, les embrasures d'une muraille chargée de canons, les débris gothiques des chrétiens, et les masures des musulmans.

Deux petites oolUnes, l'Anchesme et le Musée, s'élevaient au nord et au midi de l'Âcropolis. Entre ces deux collines et au pied de TAcropolis, Athènes se montrait à moi : ses toits aplatis, entremêlés de minarets, de cyprès, de ruines, de colonnes isolées ; les dômes de ses mosquées couronnés par de gros nids de cigognes, taisaient un effet agréable aux rayons du soleil. Mais si l'on reconnaissait encore Athènes à ses débris, on voyait aussi, à l'ensemble de son architecture et au caractère général des monuments, que la ville de Minerve n'était plus habitée par son peuple.

Une enceinte de montagnes, qui se termine à la mer^ forme la plaine ou le bassin d'Athènes. Du point où je voyais cette plaine au mont Pœcile, elle paraissait divisée en trois bandes ou régions, courant dans une direction parallèle du nord au midi. La première de ces régions, et la plus voisine de moi, était inculte et couveite de bruyères; la seconde offrait un terrain labouré, où l'on venait de faire la mois*son ; la troisième présentait un long bois d'oliviers qui s'étendait an peu circulairement depuis les sources de Tllissus, en passant au pied de

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