‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 71 sur 126 · Thucydide, Gu$rre du Péloponèse · texte numérisé non relu

Thucydide, Gu$rre du Péloponèse

L^ACROPOLE, LE PÀRTHÉNOII.

Le lendemain, i quatre heures et demie du matin^ nous montâmes à la citadelle : son sommet est environné de murs, moitié antiques, moitié modernes; d'autres murs circulaient autrefois autour de sa base. Bans l'espace que renferment ces murs, se trouvent d'abord les restes des Propylées et les débris du temple de la Victoire Derrière les Propylées , à gauche, yers la ville, on voit ensuite le Pandroséum * et le double temple de Neptune Ërechtée et de Minerve Polias; enfin, sur le point le plus éminent de TAcropoIis, s'élève le temple de Minerve : le reste de l'espace est obstrué par les décombres des bâtiments anciens et nouveaux, et piair les tentes, les armes et les baraques des Turcs.

Le rocher de la citadelle peut avoir à son sommet huit cents pieds de long sur quatre cents de large ; sa forme est à peu près celle d'un ovale, dont l'ellipse irait en se rétrécissant du côté du mont Hymette: on dirait un piédestal taillé tout exprès pour porter les magnifiques édifices qui le couronnaient.

Je n'entrerai point dans la description particulière de chaque monument : je renvoie le lecteur aux ouvrages que j'ai si souvent cités; et, sans répéter ici ce que chacun peut trouver ailleurs, je me contenterai de quelques réflexions générales.

La première chose qui vous frappe dans les monuments d*Athènes, c'est la belle couleur de ces monuments. Dans nos climats, sous une atmosphère chargée de fumée et de pluie, la pierre du blanc le plus pur devient bientôt noire ou verdfttre. Le ciel clair et le soleil brillant de la Grèce répandent seulement sur le marbre de Paros et du Pentelique une teinte dorée semblable à celle des épis mûrs^ ou des feuilles en automne.

La justesse, l'harmonie et la simplicité des proportions attirent ensuite votre admiration. On ne' voit point ordre sur ordre, colonne sur, colonne, dôme sur dôme. Le temple de Minerve, par exemple, est ou plutôt était un simple parallélogramme allongé, ornéd*un péristyle, d'un pronaos ou portique, et élevé sur trois marches ou degrés qui régnaient tout autour. Ce pronaos occupait à peu près le tiers de la longueur totale de l'édifice; Tintérieur du temple se divisait en deux nefs séparées par un mur, et qui ne recevaient le jour que par la porte : dans l'une on voyait la statue de Minerve, ouvrage de Phidias; dans Tautre, on gardait le trésor des Athéniens. Les colonnes du péristyle et du portique reposaient immédiatement sur les degrés du temple; elles étaient sans bases, cannelées, et d'ordre dorique; elles avaient quar&nte-deux pieds de hauteur et dix-sept et demi de tour près du sol; l'entre-colonnement était de sept pjeds quatre pouces; et

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